il Principino đŸ«Ą

6.2K posts

il Principino đŸ«Ą banner
il Principino đŸ«Ą

il Principino đŸ«Ą

@Helios_MC

"Sadness is caused by intelligence, the more you understand certain things, the more you wish you didn't understand them." — Charles Bukowski.

Se unió Aralık 2012
398 Siguiendo100 Seguidores
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
Je vais essayer d’écrire ces mots sans tomber dans l’émotion. Quand on a lancĂ© Finneko avec Cyril, Martin et ma femme, je n’imaginais pas une seule seconde qu’on atteindrait aussi vite ce niveau d’écoute et de crĂ©dibilitĂ©. Au dĂ©but, comme avec tous les projets, nous avons eu nos moments de doutes et de galĂšres. À titre personnel, j’étais dans une pĂ©riode trĂšs problĂ©matique et Finneko ressemblait clairement Ă  un all-in. Aujourd’hui, ce all-in a payĂ© et nous avons construit une incroyable communautĂ©. Une communautĂ© qui nous fait confiance, et Ă  qui on essaie de rendre au centuple Ă  tous les niveaux. Surtout, j’ai retrouvĂ© quelque chose que j’avais perdu depuis longtemps : le plaisir, la libertĂ©, et surtout l’envie. GrĂące Ă  Finneko, j’ai Ă©galement rencontrĂ© des personnes incroyables, et l’une d’elles m’a fait une proposition que je ne pouvais pas refuser. Ainsi, je vous annonce que je rejoins Christophe Barraud @C_Barraud en tant qu'Ă©conomiste au sein de Lior Global Partners Ă  Monaco pour prendre part activement Ă  l’équipe de recherche et de gestion, et contribuer Ă  l’analyse des dynamiques macro et Ă  la construction des stratĂ©gies d’investissement. C’est un rĂȘve de gosse qui se rĂ©alise, et je vous le dois en grande partie. Surtout, je ne remercierai jamais assez toute l’équipe et @NCheron_bourse pour cette rencontre. CĂŽtĂ© Finneko, je reste pleinement impliquĂ© pour dĂ©velopper le projet et le reprĂ©senter. On ne fait que commencer 😉 Croyez en vous et ne lĂąchez jamais rien, c'est la vraie leçon de vie de mes 10 derniĂšres annĂ©es, et Dieu sait que j'en avais besoin.
Finneko tweet media
Français
80
12
474
16.7K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Aujourd’hui, on a une situation assez dĂ©routante. Les marchĂ©s amĂ©ricains sont proches de leurs plus hauts alors que le moral des consommateurs est au plus bas. Il y a un vrai dĂ©calage entre ce que vivent les gens et ce que price le marchĂ©. 🧐 Si on regarde le graphique, on compare deux choses trĂšs diffĂ©rentes. D’un cĂŽtĂ©, le S&P 500, qui reprĂ©sente la valorisation des grandes entreprises amĂ©ricaines et une projection des profits futurs. De l’autre, le consumer sentiment, qui mesure le ressenti des mĂ©nages Ă  un instant donnĂ©, donc leur perception de l’économie, de leur pouvoir d’achat et de leur situation financiĂšre. Il n’y a pas vraiment de corrĂ©lation long terme entre les deux. Le marchĂ© suit une trajectoire haussiĂšre assez rĂ©guliĂšre, portĂ©e par la croissance Ă©conomique, l’innovation, l’inflation et les gains de productivitĂ©. À l’inverse, le sentiment des consommateurs est extrĂȘmement volatil et Ă©volue en fonction des cycles, des crises, de l’inflation, du chĂŽmage ou encore du climat politique. 📚 Historiquement, les moments oĂč le sentiment des consommateurs est trĂšs bas correspondent souvent Ă  des pĂ©riodes de stress Ă©conomique (crises, rĂ©cessions, inflation Ă©levĂ©e) mais ce ne sont pas forcĂ©ment les pires moments pour investir, bien au contraire. TrĂšs souvent, ces phases coĂŻncident avec des points bas ou des phases de reprise du marchĂ©. Aujourd’hui, ce qui interpelle vraiment, c’est l’ampleur du dĂ©calage. Le marchĂ© est haut, tirĂ© par certaines thĂ©matiques trĂšs fortes alors que le moral des mĂ©nages est trĂšs dĂ©gradĂ©. Il y a plusieurs forces structurelles derriĂšre ce phĂ©nomĂšne. 1⃣ D’abord, il y a un effet richesse trĂšs asymĂ©trique. Les mĂ©nages les plus aisĂ©s, qui dĂ©tiennent la majoritĂ© des actifs financiers, bĂ©nĂ©ficient directement de la hausse des marchĂ©s. Ils consomment, investissent, et soutiennent une partie de l’économie. À l’inverse, les classes moyennes et modestes subissent davantage l’inflation, la hausse des taux, le coĂ»t de la vie. Du coup, le sentiment moyen est mauvais mais la consommation globale tient encore. 2⃣ Ensuite, il y a un sujet de concentration du marchĂ©. Le S&P 500 ne reflĂšte pas parfaitement l’économie rĂ©elle dans son ensemble car il est largement tirĂ© par quelques grandes entreprises qui bĂ©nĂ©ficient de dynamiques trĂšs spĂ©cifiques autour de l’IA. Ces entreprises captent une part disproportionnĂ©e de la performance du marchĂ©, ce qui donne une impression de soliditĂ© globale, alors que le reste de l’économie est parfois plus fragile. 3⃣ Enfin, il y a tout le narratif autour de l’IA et de la productivitĂ©. Les investisseurs ne regardent pas uniquement la situation actuelle et anticipent les transformations Ă  venir. L’idĂ©e dominante aujourd’hui est que l’IA pourrait gĂ©nĂ©rer des gains de productivitĂ© massifs, amĂ©liorer les marges des entreprises et soutenir la croissance sur plusieurs annĂ©es. Ce narratif suffit Ă  justifier des valorisations Ă©levĂ©es mĂȘme dans un environnement macro qui reste incertain. đŸ€” Est-ce que ce dĂ©calage est un problĂšme ? La rĂ©ponse est Ă  nuancer. Ce type de divergence peut durer longtemps mais il faut comprendre ce que ça implique. On est dans un environnement oĂč la macro est fragile avec une perception nĂ©gative, des tensions sur le pouvoir d’achat, des incertitudes politiques, mais oĂč la micro, c’est-Ă -dire les entreprises, reste solide, portĂ©e par l’innovation et certaines dynamiques sectorielles. ⚠ Le risque, en revanche, se situe dans la transmission. Si le sentiment des consommateurs finit par impacter rĂ©ellement l’économie, via une baisse de la consommation, une montĂ©e du chĂŽmage ou une pression sur les marges des entreprises, alors les anticipations de profits devront ĂȘtre rĂ©visĂ©es Ă  la baisse. C'est Ă  ce moment-lĂ  que le marchĂ© n’aura plus le choix que de se rĂ©aligner avec la rĂ©alitĂ© Ă©conomique. ✅ En pratique, pour un investisseur, il y a deux erreurs Ă  Ă©viter. La premiĂšre est de penser qu'un sentiment bas signifie que le marchĂ© va baisser, et l’histoire montre mĂȘme souvent l’inverse. La deuxiĂšme est d’ignorer complĂštement ce type de divergence car plus l’écart entre perception et rĂ©alitĂ© de marchĂ© est important, plus le systĂšme devient instable. Pas forcĂ©ment demain mais potentiellement Ă  moyen terme. Le vrai enjeu est de comprendre quand et pourquoi ces deux rĂ©alitĂ©s finissent par se reconnecter.
Finneko tweet media
Français
16
24
199
27.3K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Avec l’audition de Kevin Warsh aujourd’hui, nous arrivons potentiellement au moment oĂč le marchĂ© commencera Ă  re-pricer ce que sera la politique monĂ©taire amĂ©ricaine pour les prochaines annĂ©es. đŸ€” Depuis des annĂ©es, la banque centrale a Ă©largi son champ d’action, en intĂ©grant des sujets comme la stabilitĂ© financiĂšre, le climat ou encore certaines dimensions sociales. Warsh, lui, pousse pour une vision beaucoup plus stricte avec une Fed recentrĂ©e sur sa mission de base, Ă  savoir inflation et emploi. Cela veut dire une institution potentiellement moins interventionniste, moins flexible et surtout plus lisible dans la thĂ©orie sauf que cette vision arrive dans un contexte politique explosif. 🧐 D’un cĂŽtĂ©, Warsh insiste sur l’indĂ©pendance de la Fed qui est le pilier de sa crĂ©dibilitĂ© depuis des dĂ©cennies. De l’autre, la pression politique, notamment de la Maison-Blanche est trĂšs clairement orientĂ©e vers une baisse des taux. Le marchĂ© commence Ă  tendre l’oreille parce que l’indĂ©pendance d’une banque centrale est ce qui ancre les anticipations d’inflation et donc toute la courbe des taux. Si les investisseurs commencent Ă  douter de cette indĂ©pendance, mĂȘme lĂ©gĂšrement, on peut trĂšs vite voir une rĂ©action sur les taux longs, avec une prime de risque qui remonte. En clair, mĂȘme si les taux courts baissent, les taux longs peuvent monter. C’est un scĂ©nario que le marchĂ© n’aime pas du tout. 📚 Comme dĂ©jĂ  dit, ce qui rend le profil de Warsh encore plus intĂ©ressant reste son positionnement Ă©conomique. Historiquement, il est plutĂŽt classĂ© dans le camp hawkish, quelqu’un de vigilant sur l’inflation et critique des politiques monĂ©taires trop accommodantes, notamment aprĂšs la crise de 2008. Mais rĂ©cemment, son discours a Ă©voluĂ© en laissant entendre que des baisses de taux pourraient ĂȘtre justifiĂ©es, en particulier dans un monde oĂč certaines forces structurelles, comme la technologie ou l’IA, exercent une pression dĂ©sinflationniste. Ce type de profil, dans un environnement dĂ©jĂ  incertain, a tendance Ă  gĂ©nĂ©rer de la volatilitĂ© parce que le marchĂ© dĂ©teste ne pas savoir oĂč est la fonction de rĂ©action de la banque centrale. 📈 En parallĂšle, il y a un jeu d’équilibriste qui se met en place. Warsh doit convaincre les marchĂ©s qu’il restera crĂ©dible sur l’inflation, tout en Ă©vitant un affrontement frontal avec le pouvoir politique qui, lui, a tout intĂ©rĂȘt Ă  voir les taux baisser rapidement. S’il penche trop du cĂŽtĂ© politique, il perd la confiance des investisseurs. S’il reste trop orthodoxe, il risque de se retrouver en conflit avec la Maison-Blanche. Cette tension est immĂ©diatement pricĂ©e par les marchĂ©s parce qu’elle conditionne la trajectoire des taux, du dollar et des actifs risquĂ©s. đŸ€·â€â™‚ïž Le marchĂ© est face Ă  un dilemme assez classique mais rarement aussi visible. À court terme, l’idĂ©e d’un prĂ©sident de la Fed potentiellement plus ouvert Ă  des baisses de taux peut soutenir les actifs risquĂ©s, mais Ă  moyen terme, si cette orientation est perçue comme politiquement influencĂ©e ou mal calibrĂ©e, on peut avoir une dĂ©gradation de la crĂ©dibilitĂ© de la Fed, et donc une remontĂ©e des taux longs, une pression sur le dollar, et des conditions financiĂšres qui se resserrent malgrĂ© tout. C’est le genre de configuration oĂč le marchĂ© peut se tromper de combat au dĂ©part avant de rĂ©ajuster violemment. En dĂ©but d’annĂ©e, je parlais d’incertitudes gĂ©opolitique, budgĂ©taire (avec les droits de douane et autres) et monĂ©taire qui pourraient apporter de la volatilitĂ© en ce premier semestre. Il serait temps de voir, enfin, un volet s’éclaircir.
Finneko tweet media
Français
7
22
109
11K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Ce fut un weekend bien problĂ©matique entre l’Iran et Trump. đŸ€” Je ne vais pas revenir sur les faits ni sur l’analyse gĂ©opolitique mais je reste effarĂ© par ceux qui estiment que tout rentra dans l’ordre rapidement sur ce volet. Cependant, pour les marchĂ©s, c’est une autre histoire. đŸ€·â€â™‚ïž Mon avis global et les secteurs visĂ©s n’ont pas changĂ© malgrĂ© tout. Les indicateurs Ă  surveiller restent toujours les mĂȘmes : passage interdit de l’EURUSD sous 1.15, du baril au dessus des 100$, du 10 ans amĂ©ricain sous 4% (car pricing d’un risque rĂ©cessif) et du S&P500 sous le Trump Put Ă  6500 points. 📈 Nous sommes dans un range 6500-7000 points sur le S&P500 depuis septembre. Nous l’avons cassĂ© par le bas en mars puis rĂ©intĂ©grĂ© suite Ă  un majestueux TACO. Aujourd’hui, nous l’avons cassĂ© par le haut et sommes en train de le retester. Si rĂ©intĂ©gration, nous aviserons, tout simplement. ✅ Au-delĂ  d’un marchĂ© largement guidĂ© par les narratifs et le flux d’actualitĂ©s, l’enjeu pour vous est surtout de traduire chaque information en lecture macro. C’est ce filtre qui permet de distinguer ce qui relĂšve du simple bruit de marchĂ© de ce qui a rĂ©ellement un impact. Cela reste toujours un environnement pour les traders.
Finneko tweet media
Finneko@finneko_prgrm

🚹 Je vois certains comptes Twitter s'indigner de ce rally sur les marchĂ©s, et je peux les comprendre car ça peut paraĂźtre contre-intuitif Ă  premiĂšre vue. En rĂ©alitĂ©, le marchĂ© price un scĂ©nario, et surtout une trajectoire. 🏩 Le point de dĂ©part de mon raisonnement fut la confĂ©rence de presse de Powell qui a mis en lumiĂšre la rĂ©silience de la consommation des mĂ©nages amĂ©ricains, soutenue par l'effet de richesse, notamment dans les services. MĂȘme si l'AmĂ©rique "d'en bas" rencontre des difficultĂ©s, l'Ă©conomie amĂ©ricaine ne montre pas de signes d'inquiĂ©tude majeure Ă  court terme concernant sa croissance. Le marchĂ© de l'emploi se normalise compensant les licenciements par les embauches. L'incertitude principale rĂ©side finalement dans l'inflation dont l'Ă©volution dĂ©pendra de la durĂ©e du conflit actuel. Du coup, le point clĂ© de mon raisonnement Ă©tait que le marchĂ© ne trade pas le conflit en lui-mĂȘme mais sa durĂ©e et ses consĂ©quences macro. đŸ€” Dans mon scĂ©nario, il y avait une hypothĂšse centrale : une fin de conflit/apaisement prochainement qui permettrait d’éviter un vrai scĂ©nario stagflationniste ou rĂ©cessionniste aux yeux du marchĂ©. Si ça se confirme, alors ce qu’on vit aujourd’hui sera perçu rĂ©trospectivement comme un simple trou d’air. Dans ce cas, les flux vont se repositionner assez logiquement sur les matiĂšres premiĂšres liĂ©es Ă  la croissance, les mĂ©taux prĂ©cieux (en couverture gĂ©opolitique), les Ă©mergents, l'IA/robotique, et une partie des financiĂšres et des actifs rĂ©els. 1⃣ Pourquoi ces poches-lĂ  ? Parce que derriĂšre, il y a un enchaĂźnement macro assez cohĂ©rent. D’abord, la question du dollar. À court terme, il sert de refuge, donc il tient, mais si le stress retombe, il y a un vrai risque de retournement du DXY. Un dollar qui baisse est mĂ©caniquement favorable aux matiĂšres premiĂšres et aux Ă©mergents. Ajoutez Ă  cela une gĂ©opolitique qui reste instable structurellement, et on a un cocktail qui soutient les mĂ©taux prĂ©cieux et certaines commoditĂ©s stratĂ©giques. 2⃣ Ensuite, le deuxiĂšme pilier de mon scĂ©nario est l’IA. MĂȘme dans un environnement un peu dĂ©gradĂ©, l’IA reste le moteur principal de la croissance amĂ©ricaine. Les entreprises peuvent couper ailleurs, licencier, optimiser leurs coĂ»ts mais elles ne vont pas couper les investissements dans l’IA. Les CAPEX sont “protĂ©gĂ©s” sur ce segment (pour l'instant), et le marchĂ© le comprend trĂšs bien. C’est pour ça que les valeurs liĂ©es Ă  l’IA, aux semi-conducteurs, Ă  la robotique ou mĂȘme aux drones restent structurellement payĂ©s. đŸ’” CĂŽtĂ© Fed, ça donne aussi quelque chose d’assez subtil. Si le marchĂ© du travail commence Ă  montrer des signes de faiblesse, mais sans effondrement, la Fed ne va pas forcĂ©ment arrĂȘter son cycle mais plutĂŽt le dĂ©caler. On reste dans une logique de dĂ©tente monĂ©taire mais plus lente. Ce n’est pas un pivot brutal mais un ajustement et les marchĂ©s actions peuvent trĂšs bien vivre avec. 3⃣ Le troisiĂšme point, plus politique, est l’idĂ©e que certaines dynamiques Ă©lectorales pourraient rebattre les cartes aux États-Unis. Sans rentrer trop dans le dĂ©tail, le marchĂ© commence aussi Ă  intĂ©grer des scĂ©narios politiques qui peuvent influencer la rĂ©gulation, la fiscalitĂ© et donc les flux sectoriels. C’est quelque chose qui va monter en puissance dans les prochains mois. đŸ€·â€â™‚ïž Maintenant, lĂ  oĂč il faut ĂȘtre trĂšs clair, c’est que le marchĂ© n’est pas rationnel au sens oĂč il aurait raison, il est cohĂ©rent avec le scĂ©nario qu’il price. Aujourd’hui, il price un scĂ©nario optimiste qui reste conditionnel, qui tient tant que certaines variables ne dĂ©rapent pas. Si le conflit s’enlise, si le pĂ©trole explose durablement, si l’inflation repart, si les taux longs remontent violemment, alors tout ce narratif peut se retourner trĂšs vite. C’est pour celĂ  qu’il ne faut pas tomber dans l’euphorie actuelle. Le marchĂ© est en train de profiter d’une fenĂȘtre et monte parce qu’il peut monter, pas parce que tout va bien. ⚠ Mon scĂ©nario est en train d’ĂȘtre validĂ© mais il faut le comprendre pour ce qu’il est. C'est un pari du marchĂ© sur un monde oĂč les risques restent contrĂŽlĂ©s. Tant que ce pari tient, on peut continuer Ă  voir de la performance mais le jour oĂč il est remis en question, l’ajustement peut ĂȘtre brutal, trĂšs brutal. Les prochaines vraies donnĂ©es macro, les rĂ©sultats d’entreprise, les signaux sur l’inflation, les taux, l’énergie vont dĂ©cider si on prolonge ce rally ou si on revient Ă  la rĂ©alitĂ©.

Français
6
15
101
18.3K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Nouveau point sur le Portefeuille Finneko qui creuse encore plus l'Ă©cart avec le MSCI World (+8.5% de spread et 13% de performance sur 2026). 📈 Au programme, pas mal de mouvements mais Ă©galement notre plan pour la suite des Ă©vĂšnements. finnekoprgrm.substack.com/p/cette-cereal

Finneko tweet media
Français
2
6
39
8.5K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
DĂ©jĂ  que certaines personnes ici haĂŻssent ce rally au plus haut point, alors imaginez si le sujet de la stagflation n'arrive plus sur la table đŸ€­
Finneko tweet media
Finneko@finneko_prgrm

🚹 Tout le monde parle de stagflation aux États-Unis avec ce qui se passe en Iran. Je pense que c’est un raccourci un peu rapide et surtout pas le bon prisme pour lire la situation actuelle. âžĄïž Un choc gĂ©opolitique au Moyen-Orient peut faire monter les prix de l’énergie, et donc pousser l’inflation Ă  la hausse, mais ça ne suffit pas Ă  parler de stagflation. La stagflation est un cocktail beaucoup plus toxique avec inflation Ă©levĂ©e, croissance qui ralentit fortement et choc d’offre durable. Mais aujourd’hui, la croissance amĂ©ricaine reste solide. 📊 Le sujet devient vraiment intĂ©ressant sur la lecture de l’inflation elle-mĂȘme. Il faut absolument distinguer l’inflation headline de l’inflation plus collante, celle qui intĂ©resse vraiment la Fed. Dans cette inflation collante, il y a deux gros blocs : les services et les loyers. 📈 Sur les services, le diagnostic est assez clair sur les derniers PMI et ça reste sticky parce que ça dĂ©pend des salaires. Tant que le marchĂ© du travail tient, avec un chĂŽmage bas et une certaine pression salariale, cette partie de l’inflation a du mal Ă  redescendre rapidement. Sur les loyers, on commence Ă  voir une dĂ©crue dans les donnĂ©es rĂ©elles (notamment sur les nouveaux baux), ce qui est plutĂŽt dĂ©sinflationniste. Mais le problĂšme est le dĂ©calage de transmission vers les indices d’inflation officiels. Le CPI intĂšgre les loyers avec beaucoup de retard. MĂȘme si la rĂ©alitĂ© du marchĂ© immobilier se calme, l’inflation mesurĂ©e peut rester Ă©levĂ©e pendant plusieurs mois. đŸ€” C’est pour tout cela que je suis moins catĂ©gorique que le consensus sur le scĂ©nario de stagflation. Aujourd’hui, on a plutĂŽt une Ă©conomie qui reste solide avec une inflation qui peut remonter ponctuellement via l’énergie, mais une dynamique sous-jacente qui n’est pas complĂštement hors de contrĂŽle. DerriĂšre ça, il y a un autre facteur qu’on sous-estime souvent : la productivitĂ©. Les gains liĂ©s Ă  la tech, et en particulier Ă  l’IA, commencent Ă  jouer un rĂŽle. La diffusion de la productivitĂ© dans l’économie prend du temps mais ça contribue quand mĂȘme Ă  soutenir la croissance sans gĂ©nĂ©rer immĂ©diatement autant d’inflation qu’avant. đŸ€·â€â™‚ïž Dans ce contexte, mon scĂ©nario de base reste toujour le mĂȘme : 3% is the new 2% pour la Fed. Officiellement, la cible reste 2%, et ils ne peuvent pas dire autre chose, mais dans les faits, il y a dĂ©jĂ  une forme de tolĂ©rance implicite Ă  une inflation un peu plus Ă©levĂ©e, tant que la croissance tient et que le marchĂ© du travail ne se dĂ©grade pas. Le problĂšme est que cet Ă©quilibre est fragile car si les anticipations d’inflation commencent Ă  se dĂ©sancrer, la Fed sera obligĂ©e de redevenir beaucoup plus agressive et le scĂ©nario peut vite basculer. 🏩 C’est aussi pour ça que la vraie variable clĂ© aujourd’hui, ce n’est pas tant l’inflation en elle-mĂȘme que le coĂ»t du capital. Toute la dynamique actuelle, notamment autour de l’IA, repose sur des investissements massifs. Je l'ai dĂ©jĂ  dit mais ces investissements sont extrĂȘmement sensibles aux taux d’intĂ©rĂȘt. Tant que les taux restent Ă©levĂ©s, le financement devient plus coĂ»teux, les projets sont plus sĂ©lectifs et les valorisations peuvent ĂȘtre mises sous pression. La grande thĂ©matique structurelle reste intacte mais son rythme dĂ©pend directement des conditions monĂ©taires. ⚠ Pour moi, le vrai risque est un scĂ©nario oĂč l’inflation repart lĂ©gĂšrement Ă  la hausse, la croissance tient, et la Fed se retrouve coincĂ©e, obligĂ©e de maintenir des taux Ă©levĂ©s plus longtemps que prĂ©vu. RĂ©ponse dans les prochains trimestres et Ă  condition que le conflit ne s'Ă©ternise plus, mais ceci est un autre sujet.

Français
3
6
74
10.6K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Pour Elon Musk, si l’IA dĂ©truit des emplois, il suffirait de distribuer un revenu universel Ă©levĂ© financĂ© par l’État, et comme les robots produiront en abondance, il n’y aurait mĂȘme pas d’inflation. La promesse me semble bien fragile voire utopique. âžĄïž Si l’IA et la robotique deviennent capables de produire une grande partie des biens et services Ă  moindre coĂ»t, on entre dans une logique profondĂ©ment dĂ©sinflationniste. C’est ce qu’on a observĂ© avec certaines phases de mondialisation ou d’innovation technologique avec plus d’offre, des coĂ»ts qui baissent, et donc une pression Ă  la baisse sur les prix. Dans ce monde, l’idĂ©e d’un revenu universel n’est pas absurde non plus. Si le travail ne distribue plus suffisamment de revenus, il faut bien maintenir la demande, sinon toute la machine Ă©conomique se grippe. đŸ€” Le problĂšme est que ce raisonnement suppose un monde parfaitement fluide alors que dans la rĂ©alitĂ©, l’inflation n’est jamais uniquement une question d’offre. C’est toujours un Ă©quilibre entre l’offre et la demande et surtout entre des offres qui ne s’ajustent pas toutes Ă  la mĂȘme vitesse. Injecter massivement du pouvoir d’achat via des chĂšques publics stimule immĂ©diatement la demande mais en face, toute l’économie ne devient pas instantanĂ©ment automatisĂ©e. Certains secteurs comme le logement, la santĂ©, l’éducation, l’énergie restent contraints et rigides. Donc mĂȘme si on a une abondance sur certains biens, on peut avoir des tensions fortes sur d’autres. C’est lĂ  que l’inflation rĂ©apparaĂźt mais de maniĂšre plus ciblĂ©e. 💰 La question de la rĂ©partition est aussi un point sous-estimĂ©. L’IA ne va pas crĂ©er une richesse diffuse et homogĂšne. Elle va, au moins dans un premier temps, concentrer Ă©normĂ©ment de valeur entre les mains de ceux qui possĂšdent le capital technologique comme les grandes entreprises, les dĂ©tenteurs de donnĂ©es et d’infrastructures. Si l’État intervient ensuite pour redistribuer cette richesse via un revenu universel, tu te retrouves avec une Ă©conomie oĂč la production est concentrĂ©e et la demande redistribuĂ©e. Ce dĂ©sĂ©quilibre peut crĂ©er du pouvoir de fixation des prix du cĂŽtĂ© des producteurs. Donc mĂȘme avec une production abondante, on n’élimine pas mĂ©caniquement le risque d’inflation. 💾 Le financement est un autre angle mort. Quand on parle de chĂšques de l’État, on parle soit de dĂ©ficit public, soit de crĂ©ation monĂ©taire, soit d’une fiscalitĂ© trĂšs lourde sur le capital. Aucun de ces leviers n’est neutre car tant que l’offre suit, les injections passent bien, mais dĂšs que l’offre est contrainte, la masse monĂ©taire finit par se traduire en inflation. Penser que la productivitĂ© liĂ©e Ă  l’IA va systĂ©matiquement absorber toute crĂ©ation monĂ©taire, c’est vivre dans le monde Oui-Oui. ⚠ Le vrai sujet reste le modĂšle de sociĂ©tĂ©. Aujourd’hui, notre Ă©quilibre repose sur quelque chose de trĂšs simple : le travail structure tout, il donne un revenu mais aussi un statut, une utilitĂ© sociale, une identitĂ©. Remplacer cela par un revenu universel, mĂȘme gĂ©nĂ©reux, rĂšgle une Ă©quation financiĂšre tout en crĂ©ant un vide sociĂ©tal. Une sociĂ©tĂ© oĂč une part significative de la population est durablement sortie du systĂšme productif pose des questions de stabilitĂ©. 🧐 Autre chose : si la production est concentrĂ©e entre quelques acteurs technologiques et que les revenus sont distribuĂ©s par l’État, on crĂ©e une double dĂ©pendance au capital et Ă  la dĂ©cision politique. C’est un changement majeur dans la maniĂšre dont une sociĂ©tĂ© fonctionne. On ne passe pas simplement Ă  une Ă©conomie avec plus d’IA. On est en train de basculer vers un systĂšme oĂč la crĂ©ation de richesse dĂ©pend de moins en moins du travail humain, et de plus en plus du capital technologique. Dans ce monde-lĂ , la question n’est plus seulement « comment gagner sa vie » mais « qui possĂšde quoi » et c’est clairement ça qui devrait vous poser problĂšme.
Finneko tweet media
Français
49
24
152
23.3K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 DĂ©jĂ  le 9Ăšme Ă©pisode de "Whatever It Takes" ! đŸŽ™ïž Pas une journĂ©e sans croire Ă  une crise du systĂšme financier Ă  cause du Private Credit. Du coup, avec @Osbrah, on a dĂ©cidĂ© de traiter le sujet pour vous dire comment on voit la suite ! Explications 👇 youtu.be/arvL8Yq_5lw
YouTube video
YouTube
Français
1
11
45
20K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 L’Administration Trump a pris contact avec des constructeurs automobiles comme General Motors et Ford pour voir s’ils pourraient contribuer Ă  la production d’équipements militaires. Cette info dit beaucoup plus sur le monde dans lequel on est en train d’entrer. 🧐 On ne parle pas d’un virage brutal oĂč Ford se mettrait Ă  produire des missiles demain matin. L’idĂ©e est d’utiliser des capacitĂ©s existantes (usines, ingĂ©nieurs, etc) pour produire plus vite certains composants militaires, que ce soit des vĂ©hicules, des piĂšces, de la logistique ou mĂȘme des Ă©lĂ©ments liĂ©s aux drones et aux systĂšmes modernes. Cette info rĂ©vĂšle un problĂšme beaucoup plus profond qui est que la base industrielle de dĂ©fense actuelle n’est pas dimensionnĂ©e pour un conflit long ou simultanĂ© sur plusieurs fronts. đŸ‡ș🇾 Si les États-Unis, premiĂšre puissance militaire mondiale, commencent Ă  solliciter leur industrie civile, c’est qu’ils considĂšrent que leurs stocks et leurs capacitĂ©s de production sont insuffisants face au contexte actuel. Entre l’Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et la rivalitĂ© avec la Chine, on sort clairement d’un monde de paix relative pour entrer dans un environnement oĂč la contrainte gĂ©opolitique redevient structurante. On commence Ă  voir les prĂ©mices d’une forme de lĂ©gĂšre Ă©conomie de guerre. 📚 Ce schĂ©ma est d’ailleurs trĂšs classique dans l’histoire. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Detroit Ă©tait devenue une machine Ă  produire des tanks et des avions. Aujourd’hui, la logique est plus diffuse et technologique mais le mĂ©canisme est le mĂȘme et ce qui change est la nature des biens produits. On ne parle plus seulement d’acier et de blindĂ©s mais aussi de semi-conducteurs, de batteries, de logiciels, de systĂšmes embarquĂ©s. La frontiĂšre entre industrie civile et militaire devient de plus en plus floue. đŸ€” On est en train de passer d’un monde dominĂ© par la globalisation et l’optimisation des coĂ»ts Ă  un monde dominĂ© par la souverainetĂ© industrielle et la sĂ©curitĂ© nationale. ConcrĂštement, ça veut dire plus de dĂ©penses publiques, plus de relocalisation, plus de duplication des chaĂźnes de production, et donc potentiellement plus d’inflation structurelle. Les politiques budgĂ©taires deviennent expansionnistes finalement. đŸ‡ȘđŸ‡ș Le problĂšme est exactement le mĂȘme en Europe mais la diffĂ©rence reste la vitesse et la culture politique. LĂ  oĂč les États-Unis peuvent avancer rapidement et de maniĂšre centralisĂ©e, l’Europe reste fragmentĂ©e avec des sensibilitĂ©s trĂšs diffĂ©rentes selon les pays. Mobiliser des acteurs civils sur des sujets liĂ©s Ă  la dĂ©fense est politiquement plus dĂ©licat mais sur le fond, la logique Ă©conomique est la mĂȘme. ✅ Pour un investisseur, la vraie lecture est de comprendre que la gĂ©opolitique redevient une variable centrale dans la formation des prix de marchĂ©. On l’a dĂ©jĂ  dit Ă  plusieurs reprises mais on est dans un environnement oĂč les cycles Ă©conomiques vont ĂȘtre de plus en plus influencĂ©s par des dĂ©cisions politiques, des contraintes stratĂ©giques et des logiques de souverainetĂ©. L’ùre de 2012-2021 a bien touchĂ© Ă  sa fin.
Finneko tweet media
Français
13
21
115
8.5K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
1ïžâƒŁ Vous savez qui a l’ascendant sur l’autre. 2ïžâƒŁ Vous savez qu’il a eu chaud aux fesses et qu’il a clairement TACO. Pas mal pour un prĂ©sident amĂ©ricain đŸ€­
Finneko tweet media
Français
5
5
71
7.2K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Je vois certains comptes Twitter s'indigner de ce rally sur les marchĂ©s, et je peux les comprendre car ça peut paraĂźtre contre-intuitif Ă  premiĂšre vue. En rĂ©alitĂ©, le marchĂ© price un scĂ©nario, et surtout une trajectoire. 🏩 Le point de dĂ©part de mon raisonnement fut la confĂ©rence de presse de Powell qui a mis en lumiĂšre la rĂ©silience de la consommation des mĂ©nages amĂ©ricains, soutenue par l'effet de richesse, notamment dans les services. MĂȘme si l'AmĂ©rique "d'en bas" rencontre des difficultĂ©s, l'Ă©conomie amĂ©ricaine ne montre pas de signes d'inquiĂ©tude majeure Ă  court terme concernant sa croissance. Le marchĂ© de l'emploi se normalise compensant les licenciements par les embauches. L'incertitude principale rĂ©side finalement dans l'inflation dont l'Ă©volution dĂ©pendra de la durĂ©e du conflit actuel. Du coup, le point clĂ© de mon raisonnement Ă©tait que le marchĂ© ne trade pas le conflit en lui-mĂȘme mais sa durĂ©e et ses consĂ©quences macro. đŸ€” Dans mon scĂ©nario, il y avait une hypothĂšse centrale : une fin de conflit/apaisement prochainement qui permettrait d’éviter un vrai scĂ©nario stagflationniste ou rĂ©cessionniste aux yeux du marchĂ©. Si ça se confirme, alors ce qu’on vit aujourd’hui sera perçu rĂ©trospectivement comme un simple trou d’air. Dans ce cas, les flux vont se repositionner assez logiquement sur les matiĂšres premiĂšres liĂ©es Ă  la croissance, les mĂ©taux prĂ©cieux (en couverture gĂ©opolitique), les Ă©mergents, l'IA/robotique, et une partie des financiĂšres et des actifs rĂ©els. 1⃣ Pourquoi ces poches-lĂ  ? Parce que derriĂšre, il y a un enchaĂźnement macro assez cohĂ©rent. D’abord, la question du dollar. À court terme, il sert de refuge, donc il tient, mais si le stress retombe, il y a un vrai risque de retournement du DXY. Un dollar qui baisse est mĂ©caniquement favorable aux matiĂšres premiĂšres et aux Ă©mergents. Ajoutez Ă  cela une gĂ©opolitique qui reste instable structurellement, et on a un cocktail qui soutient les mĂ©taux prĂ©cieux et certaines commoditĂ©s stratĂ©giques. 2⃣ Ensuite, le deuxiĂšme pilier de mon scĂ©nario est l’IA. MĂȘme dans un environnement un peu dĂ©gradĂ©, l’IA reste le moteur principal de la croissance amĂ©ricaine. Les entreprises peuvent couper ailleurs, licencier, optimiser leurs coĂ»ts mais elles ne vont pas couper les investissements dans l’IA. Les CAPEX sont “protĂ©gĂ©s” sur ce segment (pour l'instant), et le marchĂ© le comprend trĂšs bien. C’est pour ça que les valeurs liĂ©es Ă  l’IA, aux semi-conducteurs, Ă  la robotique ou mĂȘme aux drones restent structurellement payĂ©s. đŸ’” CĂŽtĂ© Fed, ça donne aussi quelque chose d’assez subtil. Si le marchĂ© du travail commence Ă  montrer des signes de faiblesse, mais sans effondrement, la Fed ne va pas forcĂ©ment arrĂȘter son cycle mais plutĂŽt le dĂ©caler. On reste dans une logique de dĂ©tente monĂ©taire mais plus lente. Ce n’est pas un pivot brutal mais un ajustement et les marchĂ©s actions peuvent trĂšs bien vivre avec. 3⃣ Le troisiĂšme point, plus politique, est l’idĂ©e que certaines dynamiques Ă©lectorales pourraient rebattre les cartes aux États-Unis. Sans rentrer trop dans le dĂ©tail, le marchĂ© commence aussi Ă  intĂ©grer des scĂ©narios politiques qui peuvent influencer la rĂ©gulation, la fiscalitĂ© et donc les flux sectoriels. C’est quelque chose qui va monter en puissance dans les prochains mois. đŸ€·â€â™‚ïž Maintenant, lĂ  oĂč il faut ĂȘtre trĂšs clair, c’est que le marchĂ© n’est pas rationnel au sens oĂč il aurait raison, il est cohĂ©rent avec le scĂ©nario qu’il price. Aujourd’hui, il price un scĂ©nario optimiste qui reste conditionnel, qui tient tant que certaines variables ne dĂ©rapent pas. Si le conflit s’enlise, si le pĂ©trole explose durablement, si l’inflation repart, si les taux longs remontent violemment, alors tout ce narratif peut se retourner trĂšs vite. C’est pour celĂ  qu’il ne faut pas tomber dans l’euphorie actuelle. Le marchĂ© est en train de profiter d’une fenĂȘtre et monte parce qu’il peut monter, pas parce que tout va bien. ⚠ Mon scĂ©nario est en train d’ĂȘtre validĂ© mais il faut le comprendre pour ce qu’il est. C'est un pari du marchĂ© sur un monde oĂč les risques restent contrĂŽlĂ©s. Tant que ce pari tient, on peut continuer Ă  voir de la performance mais le jour oĂč il est remis en question, l’ajustement peut ĂȘtre brutal, trĂšs brutal. Les prochaines vraies donnĂ©es macro, les rĂ©sultats d’entreprise, les signaux sur l’inflation, les taux, l’énergie vont dĂ©cider si on prolonge ce rally ou si on revient Ă  la rĂ©alitĂ©.
Finneko tweet media
Finneko@finneko_prgrm

🚹 Tout le monde parle de stagflation aux États-Unis avec ce qui se passe en Iran. Je pense que c’est un raccourci un peu rapide et surtout pas le bon prisme pour lire la situation actuelle. âžĄïž Un choc gĂ©opolitique au Moyen-Orient peut faire monter les prix de l’énergie, et donc pousser l’inflation Ă  la hausse, mais ça ne suffit pas Ă  parler de stagflation. La stagflation est un cocktail beaucoup plus toxique avec inflation Ă©levĂ©e, croissance qui ralentit fortement et choc d’offre durable. Mais aujourd’hui, la croissance amĂ©ricaine reste solide. 📊 Le sujet devient vraiment intĂ©ressant sur la lecture de l’inflation elle-mĂȘme. Il faut absolument distinguer l’inflation headline de l’inflation plus collante, celle qui intĂ©resse vraiment la Fed. Dans cette inflation collante, il y a deux gros blocs : les services et les loyers. 📈 Sur les services, le diagnostic est assez clair sur les derniers PMI et ça reste sticky parce que ça dĂ©pend des salaires. Tant que le marchĂ© du travail tient, avec un chĂŽmage bas et une certaine pression salariale, cette partie de l’inflation a du mal Ă  redescendre rapidement. Sur les loyers, on commence Ă  voir une dĂ©crue dans les donnĂ©es rĂ©elles (notamment sur les nouveaux baux), ce qui est plutĂŽt dĂ©sinflationniste. Mais le problĂšme est le dĂ©calage de transmission vers les indices d’inflation officiels. Le CPI intĂšgre les loyers avec beaucoup de retard. MĂȘme si la rĂ©alitĂ© du marchĂ© immobilier se calme, l’inflation mesurĂ©e peut rester Ă©levĂ©e pendant plusieurs mois. đŸ€” C’est pour tout cela que je suis moins catĂ©gorique que le consensus sur le scĂ©nario de stagflation. Aujourd’hui, on a plutĂŽt une Ă©conomie qui reste solide avec une inflation qui peut remonter ponctuellement via l’énergie, mais une dynamique sous-jacente qui n’est pas complĂštement hors de contrĂŽle. DerriĂšre ça, il y a un autre facteur qu’on sous-estime souvent : la productivitĂ©. Les gains liĂ©s Ă  la tech, et en particulier Ă  l’IA, commencent Ă  jouer un rĂŽle. La diffusion de la productivitĂ© dans l’économie prend du temps mais ça contribue quand mĂȘme Ă  soutenir la croissance sans gĂ©nĂ©rer immĂ©diatement autant d’inflation qu’avant. đŸ€·â€â™‚ïž Dans ce contexte, mon scĂ©nario de base reste toujour le mĂȘme : 3% is the new 2% pour la Fed. Officiellement, la cible reste 2%, et ils ne peuvent pas dire autre chose, mais dans les faits, il y a dĂ©jĂ  une forme de tolĂ©rance implicite Ă  une inflation un peu plus Ă©levĂ©e, tant que la croissance tient et que le marchĂ© du travail ne se dĂ©grade pas. Le problĂšme est que cet Ă©quilibre est fragile car si les anticipations d’inflation commencent Ă  se dĂ©sancrer, la Fed sera obligĂ©e de redevenir beaucoup plus agressive et le scĂ©nario peut vite basculer. 🏩 C’est aussi pour ça que la vraie variable clĂ© aujourd’hui, ce n’est pas tant l’inflation en elle-mĂȘme que le coĂ»t du capital. Toute la dynamique actuelle, notamment autour de l’IA, repose sur des investissements massifs. Je l'ai dĂ©jĂ  dit mais ces investissements sont extrĂȘmement sensibles aux taux d’intĂ©rĂȘt. Tant que les taux restent Ă©levĂ©s, le financement devient plus coĂ»teux, les projets sont plus sĂ©lectifs et les valorisations peuvent ĂȘtre mises sous pression. La grande thĂ©matique structurelle reste intacte mais son rythme dĂ©pend directement des conditions monĂ©taires. ⚠ Pour moi, le vrai risque est un scĂ©nario oĂč l’inflation repart lĂ©gĂšrement Ă  la hausse, la croissance tient, et la Fed se retrouve coincĂ©e, obligĂ©e de maintenir des taux Ă©levĂ©s plus longtemps que prĂ©vu. RĂ©ponse dans les prochains trimestres et Ă  condition que le conflit ne s'Ă©ternise plus, mais ceci est un autre sujet.

Français
16
15
186
45.9K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 C'est un sujet que nous suivons depuis prĂšs d'un an chez Finneko. Hier, deux infos sur le Private Credit tombent quasiment en mĂȘme temps, et mises bout Ă  bout, elles racontent une histoire beaucoup plus importante que ce qu’on pourrait croire au premier regard. 🧐 D’un cĂŽtĂ©, la Fed commence Ă  interroger les banques sur leur exposition au crĂ©dit privĂ©. De l’autre, des acteurs comme JPMorgan et S&P Global travaillent Ă  crĂ©er des instruments dĂ©rivĂ©s pour shorter ce mĂȘme marchĂ©. Ces produits incluront des boites de Private credit mais Ă©galement des assureurs, des banques rĂ©gionales et des sociĂ©tĂ©s de cartes de crĂ©dit. Alors que le patron des banques amĂ©ricaines cherche Ă  mesurer le risque, le marchĂ© cherche Ă  le vendre. đŸ€” Quand la Fed interroge les banques, ce n’est pas parce qu’elle pense que le crĂ©dit privĂ© va s’effondrer demain matin mais plutĂŽt parce qu’elle cherche Ă  comprendre les canaux de contagion. Le vrai sujet n’est pas le crĂ©dit privĂ© en lui-mĂȘme mais son interconnexion avec le reste du systĂšme. Les banques ne portent plus directement le risque comme avant 2008 mais elles financent les fonds, leur fournissent des lignes de crĂ©dit, structurent les opĂ©rations. Elles sont surtout devenues des facilitateurs du risque plutĂŽt que ses porteurs directs. Ce n’est pas forcĂ©ment le dĂ©but d’une crise mais c’est toujours le signe que le systĂšme commence Ă  se tendre. âžĄïž En parallĂšle, le marchĂ© fait quelque chose de tout aussi rĂ©vĂ©lateur. La crĂ©ation d’indices type CDS pour shorter le crĂ©dit privĂ© change complĂštement la donne. Jusqu’ici, il Ă©tait trĂšs difficile de parier contre ce marchĂ© car les positions Ă©taient illiquides, peu standardisĂ©es et rĂ©servĂ©es Ă  des acteurs spĂ©cialisĂ©s. En crĂ©ant des instruments de ce type, on ouvre la porte Ă  la couverture mais aussi Ă  la spĂ©culation. đŸ€·â€â™‚ïž Je peux me tromper et je l'ai dĂ©jĂ  dit Ă  plusieurs reprises mais la suite ne ressemble pas nĂ©cessairement Ă  un scĂ©nario type 2008. Powell a dit fin mars qu’il ne voyait pas, Ă  ce stade, de menace systĂ©mique large. Le systĂšme bancaire est mieux capitalisĂ©, le levier est moins concentrĂ©, et le crĂ©dit privĂ© reste en grande partie en dehors du cƓur du systĂšme, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de douleur. Simplement, elle sera probablement plus diffuse, plus lente, et plus difficile Ă  lire. 📉 Le scĂ©nario le plus probable est celui d’une purge progressive avec un repricing lent, des investisseurs qui deviennent plus sĂ©lectifs, des levĂ©es de fonds qui ralentissent, et des spreads qui s’écartent. Ensuite on aurait une vraie segmentation du marchĂ© oĂč les acteurs les plus solides, bien financĂ©s, avec des portefeuilles de qualitĂ©, vont tenir et mĂȘme profiter de la situation. À l’inverse, les structures plus fragiles, plus exposĂ©es au retail ou avec des actifs de moindre qualitĂ©, vont entrer en zone de turbulence. ⚠ D'ailleurs, c’est dans cette phase que peut apparaĂźtre une forme de capitulation mais elle sera probablement localisĂ©e. Certains fonds devront limiter les retraits, accepter des dĂ©cotes, voire restructurer leurs portefeuilles. Les BDCs les plus exposĂ©es pourraient ĂȘtre sous pression. Surtout, les assureurs, qui sont parmi les plus gros porteurs de private credit, deviendront un point de surveillance clĂ© car ils concentrent du risque. 🏩 Aurons-nous un sauvetage type 2008 ou 2023 ? Ça me paraĂźt peu probable Ă  ce stade parce que le risque est moins directement dans les banques, parce qu’il est plus diffus et fragmentĂ©, et parce qu’il est politiquement plus difficile de justifier un sauvetage d’acteurs privĂ©s non bancaires. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’intervention mais je pense qu'elle sera plus indirecte. Les prochains mois devraient rĂ©server quelques surprises.
Finneko tweet media
Finneko@finneko_prgrm

🚹 Ce qui se passe actuellement entre le S&P 500 et le marchĂ© du private credit raconte quelque chose de beaucoup plus profond que ce que la plupart des investisseurs perçoivent encore. 👉 Le graphique est trĂšs parlant : alors que le S&P continue de grimper sur fond de rĂ©cit « soft landing + IA = marchĂ© imbattable », les gĂ©ants du crĂ©dit privĂ© dĂ©crochent les uns aprĂšs les autres depuis plusieurs mois. đŸ€” Pas un simple repli technique, mais une vraie divergence structurelle, un signal qui dans l’histoire des marchĂ©s a rarement Ă©tĂ© anodin. GĂ©nĂ©ralement, quand une divergence s’installe entre actions et crĂ©dit, ce n’est pas une question d’opinion : le crĂ©dit a souvent raison avant les actions. Pourquoi ? Parce que le crĂ©dit voit passer la rĂ©alitĂ© avant qu’elle n’apparaisse dans les prix. Les BDC et fonds de private credit financent l’économie rĂ©elle : PME, mid-market, LBO sponsorisĂ©s. Elles sont donc en premiĂšre ligne pour sentir l’usure financiĂšre quand le cycle tourne. ⚠ Et aujourd’hui, le message est clair : les dĂ©fauts arrivent. Les entreprises financĂ©es Ă  taux variable, avec du levier Ă©levĂ© signĂ© entre 2021 et 2022 dans des conditions euphoriques, se font maintenant rattraper par une rĂ©alitĂ© brutale : refinancements plus chers, pression sur la trĂ©sorerie, ralentissement de la demande. đŸ™…đŸ»â€â™‚ïž RĂ©sultat ? MontĂ©e progressive des dĂ©gradations de crĂ©dit, provisions en hausse, pression sur les NAV, et surtout rĂ©duction de la liquiditĂ© sur un marchĂ© qui en manque par dĂ©finition. C’est exactement ce que pricent aujourd’hui les $BXSL, $ARCC ou $OBDC : non pas un accident isolĂ©, mais le dĂ©but d’un cycle de dĂ©fauts. 📉 Encore une fois, on n’est pas sur un scĂ©nario Lehman 2.0. Le private credit est beaucoup plus diversifiĂ©, mieux collatĂ©ralisĂ© et institutionnalisĂ© qu’en 2008. Mais il entre dans sa premiĂšre vraie rĂ©cession de son histoire, aprĂšs avoir grandi trop vite parce que les banques se sont retirĂ©es. Et comme souvent, les excĂšs ne se paient pas tout de suite : ils se paient Ă  retardement. C’est exactement ce qu’on voit dans la divergence entre crĂ©dit et actions : le S&P price la narration, le crĂ©dit price la rĂ©alitĂ©. 😏 C’est aussi probablement pour ça que Powell prĂ©pare l’arrĂȘt du QT. Pas pour des raisons acadĂ©miques, mais parce que quelque chose commence Ă  casser dans les canaux du financement rĂ©el. La FED ne communique jamais sur le stress du crĂ©dit privĂ©, mais elle voit les tensions de liquiditĂ© avant tout le monde. Elle voit aussi le blocage progressif du refinancement dans le mid-market amĂ©ricain, les pressions sur les banques rĂ©gionales dĂ©jĂ  affaiblies par l’immobilier commercial, et le marchĂ© du repo qui commence Ă  tendre. Dans ces conditions, continuer Ă  drainer la liquiditĂ© via le QT reviendrait Ă  prendre le risque d’un accident financier pur et dur. RĂ©sultat : pivot discret. Pas un pivot dovish, pas non plus un sauvetage officiel, mais un mouvement dĂ©fensif pour Ă©viter une contagion du crĂ©dit au marchĂ© global. ❌ Est-ce inquiĂ©tant ? Oui, parce que c’est un signal avancĂ© que le marchĂ© actions refuse encore de voir. Est-ce le chaos ? Non. C’est simplement la normalisation d’un excĂšs, un ajustement de cycle qui prendra des mois, pas des jours. Ce que ça raconte surtout, c’est que la complaisance actuelle sur le S&P, alimentĂ©e par l’IA et par la concentration des gains, ignore un message central : le coĂ»t du capital continue de mordre dans l’économie rĂ©elle, et ce n’est que le dĂ©but. Au fond, ce graphe pose une question simple : qui croire – le narratif ou le crĂ©dit ? L’histoire des marchĂ©s a sa rĂ©ponse : toujours commencer par Ă©couter le crĂ©dit.

Français
9
20
167
24.2K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Tout le monde parle de stagflation aux États-Unis avec ce qui se passe en Iran. Je pense que c’est un raccourci un peu rapide et surtout pas le bon prisme pour lire la situation actuelle. âžĄïž Un choc gĂ©opolitique au Moyen-Orient peut faire monter les prix de l’énergie, et donc pousser l’inflation Ă  la hausse, mais ça ne suffit pas Ă  parler de stagflation. La stagflation est un cocktail beaucoup plus toxique avec inflation Ă©levĂ©e, croissance qui ralentit fortement et choc d’offre durable. Mais aujourd’hui, la croissance amĂ©ricaine reste solide. 📊 Le sujet devient vraiment intĂ©ressant sur la lecture de l’inflation elle-mĂȘme. Il faut absolument distinguer l’inflation headline de l’inflation plus collante, celle qui intĂ©resse vraiment la Fed. Dans cette inflation collante, il y a deux gros blocs : les services et les loyers. 📈 Sur les services, le diagnostic est assez clair sur les derniers PMI et ça reste sticky parce que ça dĂ©pend des salaires. Tant que le marchĂ© du travail tient, avec un chĂŽmage bas et une certaine pression salariale, cette partie de l’inflation a du mal Ă  redescendre rapidement. Sur les loyers, on commence Ă  voir une dĂ©crue dans les donnĂ©es rĂ©elles (notamment sur les nouveaux baux), ce qui est plutĂŽt dĂ©sinflationniste. Mais le problĂšme est le dĂ©calage de transmission vers les indices d’inflation officiels. Le CPI intĂšgre les loyers avec beaucoup de retard. MĂȘme si la rĂ©alitĂ© du marchĂ© immobilier se calme, l’inflation mesurĂ©e peut rester Ă©levĂ©e pendant plusieurs mois. đŸ€” C’est pour tout cela que je suis moins catĂ©gorique que le consensus sur le scĂ©nario de stagflation. Aujourd’hui, on a plutĂŽt une Ă©conomie qui reste solide avec une inflation qui peut remonter ponctuellement via l’énergie, mais une dynamique sous-jacente qui n’est pas complĂštement hors de contrĂŽle. DerriĂšre ça, il y a un autre facteur qu’on sous-estime souvent : la productivitĂ©. Les gains liĂ©s Ă  la tech, et en particulier Ă  l’IA, commencent Ă  jouer un rĂŽle. La diffusion de la productivitĂ© dans l’économie prend du temps mais ça contribue quand mĂȘme Ă  soutenir la croissance sans gĂ©nĂ©rer immĂ©diatement autant d’inflation qu’avant. đŸ€·â€â™‚ïž Dans ce contexte, mon scĂ©nario de base reste toujour le mĂȘme : 3% is the new 2% pour la Fed. Officiellement, la cible reste 2%, et ils ne peuvent pas dire autre chose, mais dans les faits, il y a dĂ©jĂ  une forme de tolĂ©rance implicite Ă  une inflation un peu plus Ă©levĂ©e, tant que la croissance tient et que le marchĂ© du travail ne se dĂ©grade pas. Le problĂšme est que cet Ă©quilibre est fragile car si les anticipations d’inflation commencent Ă  se dĂ©sancrer, la Fed sera obligĂ©e de redevenir beaucoup plus agressive et le scĂ©nario peut vite basculer. 🏩 C’est aussi pour ça que la vraie variable clĂ© aujourd’hui, ce n’est pas tant l’inflation en elle-mĂȘme que le coĂ»t du capital. Toute la dynamique actuelle, notamment autour de l’IA, repose sur des investissements massifs. Je l'ai dĂ©jĂ  dit mais ces investissements sont extrĂȘmement sensibles aux taux d’intĂ©rĂȘt. Tant que les taux restent Ă©levĂ©s, le financement devient plus coĂ»teux, les projets sont plus sĂ©lectifs et les valorisations peuvent ĂȘtre mises sous pression. La grande thĂ©matique structurelle reste intacte mais son rythme dĂ©pend directement des conditions monĂ©taires. ⚠ Pour moi, le vrai risque est un scĂ©nario oĂč l’inflation repart lĂ©gĂšrement Ă  la hausse, la croissance tient, et la Fed se retrouve coincĂ©e, obligĂ©e de maintenir des taux Ă©levĂ©s plus longtemps que prĂ©vu. RĂ©ponse dans les prochains trimestres et Ă  condition que le conflit ne s'Ă©ternise plus, mais ceci est un autre sujet.
Finneko tweet media
Finneko@finneko_prgrm

🚹 Alors que la guerre en Iran continue de dĂ©grader l’économie mondiale, les derniers chiffres ISM viennent de tomber aux États-Unis. Je les trouve extrĂȘmement intĂ©ressantes car derriĂšre des apparences plutĂŽt solides, ils envoient un message beaucoup moins rassurant pour les marchĂ©s. 🧐 Si on s’arrĂȘte au headline, difficile d’y voir un problĂšme immĂ©diat. Le secteur des services ressort Ă  54.0 et l’industriel Ă  52.7. Les deux restent au-dessus de 50, donc en zone d’expansion. En clair, l’économie amĂ©ricaine continue de tourner et le scĂ©nario de rĂ©cession brutale semble encore loin car la demande tient, en particulier dans les services oĂč les nouvelles commandes explosent Ă  60.6. Mais le vrai signal n’est pas dans le chiffre principal. 1ïžâƒŁ D’une part, l’inflation. Les composantes prix payĂ©s repartent trĂšs fortement Ă  la hausse, Ă  70.7 dans les services et surtout 78.3 dans l’industrie. Ce sont des niveaux historiquement Ă©levĂ©s qui traduisent une hausse marquĂ©e des coĂ»ts pour les entreprises. Avec les tensions gĂ©opolitiques autour de l’Iran, le marchĂ© commence Ă  intĂ©grer un choc Ă©nergĂ©tique et des perturbations de la chaĂźne logistique. On n’est pas face Ă  une inflation tirĂ©e par la demande mais Ă  une inflation de coĂ»t. C’est toujours la plus problĂ©matique parce qu’elle comprime les marges sans forcĂ©ment s’accompagner d’une croissance forte. 2ïžâƒŁ D’autre part, l’emploi. Le sous-indice emploi chute Ă  45.2 dans les services et reste en contraction Ă  48.7 dans l’industrie. Cela signifie que les entreprises continuent de produire et de rĂ©pondre Ă  la demande mais qu’elles commencent Ă  rĂ©duire leurs embauches, voire Ă  couper. MĂȘme si les États-Unis voient un boom de leurs gains de productivitĂ©, on est typiquement face Ă  un signal avancĂ© de ralentissement. Les entreprises anticipent une dĂ©gradation Ă  venir mĂȘme si elle n’est pas encore visible dans l’activitĂ©. ⚠ Ainsi, on obtient une configuration trĂšs particuliĂšre : une Ă©conomie qui tient encore, une demande qui reste solide, mais une inflation qui repart et un marchĂ© du travail qui se fragilise. On s’approche d’une forme de stagflation soft, un environnement de plus en plus inconfortable. Le marchĂ© est en train de pricer un choc externe avec la hausse des prix de l’énergie, des tensions logistiques et une incertitude accrue sur les chaĂźnes d’approvisionnement. Tout cela alimente l’inflation sans soutenir la croissance, le pire cocktail Ă  gĂ©rer pour les banques centrales. đŸ€” Pour la Fed, la situation devient dĂ©licate. Jusqu’ici, on nous vendait un soft landing avec une inflation en baisse et des baisses de taux Ă  venir, scĂ©nario auquel nous n’avons jamais cru, surtout pour le premier point. Avec des prix qui repartent Ă  la hausse et une activitĂ© qui tient encore, il devient difficile de justifier un assouplissement rapide. La Fed risque de devoir rester restrictive plus longtemps que prĂ©vu. Ce simple changement de trajectoire est suffisant pour modifier profondĂ©ment l’équilibre des marchĂ©s. 📊 CĂŽtĂ© marchĂ©, les actions peuvent encore tenir Ă  court terme parce que la croissance est toujours lĂ  mais la remontĂ©e des coĂ»ts et le maintien de taux Ă©levĂ©s pĂšseront sur les marges et les valorisations. Sur les obligations, le message est Ă©galement compliquĂ© : une inflation qui remonte limite le potentiel de baisse des taux longs mais les matiĂšres premiĂšres et l’énergie ressortent comme les grandes gagnantes de ce type d’environnement. Historiquement, le terrain qui s’offre Ă  nous est de loin le plus dĂ©favorable pour les marchĂ©s.

Français
13
12
100
52.4K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Deux semaines de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, et les marchĂ©s respirent. Le pĂ©trole dĂ©croche et les indices repartent. Sur le papier, ça ressemble Ă  un dĂ©but de dĂ©sescalade mais la rĂ©alitĂ© est beaucoup plus subtile voire plus fragile. đŸ€” Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce cessez-le-feu n’est pas un accord de paix mais une pause. Une pause tactique, presque technique, qui permet aux deux camps de reprendre la main sans perdre la face. D’ailleurs, le fait que chacun revendique une victoire est dĂ©jĂ  un signal en soi. Quand tout le monde gagne en gĂ©opolitique, c’est gĂ©nĂ©ralement que rien n’est rĂ©ellement rĂ©glĂ©. Les sujets de fond restent entiĂšrement ouverts comme le nuclĂ©aire iranien, les sanctions, le rĂŽle des alliĂ©s rĂ©gionaux, et aucun d’entre eux n’a Ă©tĂ© traitĂ© en profondeur dans ce laps de temps. đŸ‡źđŸ‡· Le vrai cƓur du sujet reste toujours le dĂ©troit d’Ormuz. C’est ça que le marchĂ© regarde, et c’est ce qui explique la rĂ©action quasi immĂ©diate sur le pĂ©trole. La simple menace de blocage suffit Ă  faire exploser les prix, et sa rĂ©ouverture suffit Ă  les faire chuter. Ce cessez-le-feu est donc avant tout un deal Ă©nergĂ©tique dĂ©guisĂ© en accord gĂ©opolitique. Les États-Unis ont besoin de stabilitĂ© sur les prix de l’énergie, notamment dans un contexte politique et inflationniste tendu, et l’Iran a besoin de relĂącher la pression sans entrer dans une confrontation directe trop coĂ»teuse. 📈 Le cessez-le-feu ne rĂ©sout rien mais rĂ©duit la probabilitĂ© du pire scĂ©nario : fermeture durable d’Ormuz, choc pĂ©trolier global et escalade militaire incontrĂŽlable. Pour un marchĂ©, ça suffit car ce qui est pricĂ© n’est pas la paix mais la baisse du risque extrĂȘme. MĂ©caniquement, le pĂ©trole baisse, les anticipations d’inflation se dĂ©tendent, les taux se stabilisent et les actifs risquĂ©s reprennent un peu d’air. Un classique “relief rally”. ⚠ Par contre, il faut faire attention parce que derriĂšre cette rĂ©action positive, la structure reste extrĂȘmement fragile. Rien n’empĂȘche un incident, une provocation, un proxy qui dĂ©rape, de remettre de la tension en quelques heures. Dans ce type de configuration, les mouvements sont violents. On peut trĂšs bien avoir un pĂ©trole qui fait -10% sur une annonce puis +15% sur une autre. On reste dans un marchĂ© dominĂ© par les headlines, pas par les fondamentaux. đŸ€·â€â™‚ïž C’est pour ça qu’il est difficile d’imaginer une reprise durable, au sens d’un bull market propre, linĂ©aire, portĂ© par de la visibilitĂ©. Pour que ça arrive, il faut un minimum de stabilitĂ© macro et gĂ©opolitique. Sans visibilitĂ©, les investisseurs restent prudents. Certes ils participent Ă  la hausse mais sans conviction forte. 🧐 Le scĂ©nario le plus probable est donc un marchĂ© en tendance haussiĂšre fragile. Des phases de rally quand la tension baisse puis des phases de stress dĂšs qu’un Ă©vĂ©nement remet du risque sur la table. Ce n’est pas un marchĂ© confortable pour du buy & hold agressif mais c’est un marchĂ© trĂšs tradable. Il faut accepter que la volatilitĂ© fasse partie du jeu, et surtout comprendre que le vĂ©ritable baromĂštre reste le pĂ©trole. Tant que le pĂ©trole reste contenu, le marchĂ© peut tenir. Le jour oĂč il repart violemment Ă  la hausse, tout se reprice trĂšs vite derriĂšre avec inflation, taux, etc. Au passage, joyeux TACO a tous đŸ€­đŸŒź
Finneko tweet media
Français
23
29
188
23.6K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Alors que la guerre en Iran continue de dĂ©grader l’économie mondiale, les derniers chiffres ISM viennent de tomber aux États-Unis. Je les trouve extrĂȘmement intĂ©ressantes car derriĂšre des apparences plutĂŽt solides, ils envoient un message beaucoup moins rassurant pour les marchĂ©s. 🧐 Si on s’arrĂȘte au headline, difficile d’y voir un problĂšme immĂ©diat. Le secteur des services ressort Ă  54.0 et l’industriel Ă  52.7. Les deux restent au-dessus de 50, donc en zone d’expansion. En clair, l’économie amĂ©ricaine continue de tourner et le scĂ©nario de rĂ©cession brutale semble encore loin car la demande tient, en particulier dans les services oĂč les nouvelles commandes explosent Ă  60.6. Mais le vrai signal n’est pas dans le chiffre principal. 1ïžâƒŁ D’une part, l’inflation. Les composantes prix payĂ©s repartent trĂšs fortement Ă  la hausse, Ă  70.7 dans les services et surtout 78.3 dans l’industrie. Ce sont des niveaux historiquement Ă©levĂ©s qui traduisent une hausse marquĂ©e des coĂ»ts pour les entreprises. Avec les tensions gĂ©opolitiques autour de l’Iran, le marchĂ© commence Ă  intĂ©grer un choc Ă©nergĂ©tique et des perturbations de la chaĂźne logistique. On n’est pas face Ă  une inflation tirĂ©e par la demande mais Ă  une inflation de coĂ»t. C’est toujours la plus problĂ©matique parce qu’elle comprime les marges sans forcĂ©ment s’accompagner d’une croissance forte. 2ïžâƒŁ D’autre part, l’emploi. Le sous-indice emploi chute Ă  45.2 dans les services et reste en contraction Ă  48.7 dans l’industrie. Cela signifie que les entreprises continuent de produire et de rĂ©pondre Ă  la demande mais qu’elles commencent Ă  rĂ©duire leurs embauches, voire Ă  couper. MĂȘme si les États-Unis voient un boom de leurs gains de productivitĂ©, on est typiquement face Ă  un signal avancĂ© de ralentissement. Les entreprises anticipent une dĂ©gradation Ă  venir mĂȘme si elle n’est pas encore visible dans l’activitĂ©. ⚠ Ainsi, on obtient une configuration trĂšs particuliĂšre : une Ă©conomie qui tient encore, une demande qui reste solide, mais une inflation qui repart et un marchĂ© du travail qui se fragilise. On s’approche d’une forme de stagflation soft, un environnement de plus en plus inconfortable. Le marchĂ© est en train de pricer un choc externe avec la hausse des prix de l’énergie, des tensions logistiques et une incertitude accrue sur les chaĂźnes d’approvisionnement. Tout cela alimente l’inflation sans soutenir la croissance, le pire cocktail Ă  gĂ©rer pour les banques centrales. đŸ€” Pour la Fed, la situation devient dĂ©licate. Jusqu’ici, on nous vendait un soft landing avec une inflation en baisse et des baisses de taux Ă  venir, scĂ©nario auquel nous n’avons jamais cru, surtout pour le premier point. Avec des prix qui repartent Ă  la hausse et une activitĂ© qui tient encore, il devient difficile de justifier un assouplissement rapide. La Fed risque de devoir rester restrictive plus longtemps que prĂ©vu. Ce simple changement de trajectoire est suffisant pour modifier profondĂ©ment l’équilibre des marchĂ©s. 📊 CĂŽtĂ© marchĂ©, les actions peuvent encore tenir Ă  court terme parce que la croissance est toujours lĂ  mais la remontĂ©e des coĂ»ts et le maintien de taux Ă©levĂ©s pĂšseront sur les marges et les valorisations. Sur les obligations, le message est Ă©galement compliquĂ© : une inflation qui remonte limite le potentiel de baisse des taux longs mais les matiĂšres premiĂšres et l’énergie ressortent comme les grandes gagnantes de ce type d’environnement. Historiquement, le terrain qui s’offre Ă  nous est de loin le plus dĂ©favorable pour les marchĂ©s.
Finneko tweet media
Français
9
18
138
30.5K
il Principino đŸ«Ą retuiteado
Finneko
Finneko@finneko_prgrm·
🚹 Selon Axios, les mĂ©diateurs iraniens feraient un dernier effort pour un cessez-le-feu de 45 jours. đŸ€” Toujours une info de ce type en dĂ©but de semaine. Toujours le mĂȘme « mĂ©dia neutre ». Toujours « des sources proches du dossier » qui valideraient une info que mĂȘme Reuters ne peut vĂ©rifier. En attendant, les marchĂ©s US, en pleine complaisance, continuent d’y croire et sont attendus dans le vert. En attendant de voir la suite, les autoritĂ©s financiĂšres amĂ©ricaines, Ă  l’image de la SEC, semblent encore en vacances.
Finneko tweet media
Français
20
8
103
14.6K