
L’essentiel du malheur français des deux derniers siècles tient dans cette carte. Au lieu de voir sa population multipliée par entre 6 et 10 comme les autres pays européens, la France n’a fait que 2,5x. Pour comprendre ce que c’était d’être Français au 18e siècle, il faut s’imaginer une France contemporaine de 250 millions d’habitants. Cela ne nous donnerait que la densité du Royaume-Uni, avec 3 fois plus de terres arables. Rien d’exagéré ou d’impossible. Notre relation au monde serait légèrement différente. Bien sûr que nous avons la gueule de bois. La Grande Bretagne grâce à ses colonies a même fait 40x. Pour nous cela aurait voulu dire 900 millions de descendants de Français. Ce qui n’est pas délirant. Notre modeste population québécoise a été multipliée par 100. Le but de ce rappel n’est pas d’entretenir la nostalgie mais de remettre sur le devant de la scène un enjeu clé : la fécondité s’effondre massivement, cela va rebattre au 21e siècle les cartes de la puissance et de la prospérité tout autant qu’elles le furent au 19e siècle. Nous avons été les plus grands perdants à l’échelle mondiale de cette précédente transition démographique. Essayons de ne pas l’être ce coup-ci.



























