

Inouss 🎙️
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@InoussEnParle
Kassa bia Kassa! Toute parole est parole. Qui veut parler doit parler clair et vrai. Podcast disponible partout. #InoussEnParle #PressingCitoyen



Dans le courant de notre vie. Dans les bureaux climatisés du Plateau, on manie le milliard comme on manie le piment au marché : avec une générosité qui fait pleurer les yeux. 1 700 milliards de Francs CFA. Un chiffre qui a l'épaisseur d'une encyclopédie mais la consistance d'une fumée de maïs grillé ou de banane braisée. Le milliard est une statistique pour ceux qui dorment sous les ventres ronronnants des splits ; pour les autres, c'est juste le prix du silence que l'on achète à crédit. On nous vend l'« Émergence » comme un produit de luxe dans une vitrine scellée, mais quand on appuie sur l'interrupteur à Djorobité, c'est le néant qui nous répond. Le réseau est une vieille carcasse que l'on repeint chaque année avec des prêts du FMI, alors que le moteur, lui, s'étouffe sous la poussière des promesses non tenues. On a branché des villages, on a fait briller les cartes géographiques, mais on a oublié que le courant est un fleuve capricieux : si le lit (le réseau) est percé, l'eau n'arrive jamais à la soif du client. On nous dit que le soleil nous appartient, mais on nous facture même son absence. La Côte d'Ivoire est ce géant qui porte l'Afrique de l'ouest sur ses épaules mais qui ne peut éclairer le berceau de ses propres enfants. Les sources officielles brandissent des taux de couverture comme des médailles de guerre : passer de 33 à 95%. Mais la couverture n'est pas la lumière. C'est un linceul jeté sur la réalité technique. Dire qu'en 2026, après quinze ans de "plans d'urgence", le diagnostic est toujours le même — "il faut renouveler les équipements" — c'est avouer que le temps politique n'est pas celui de l'ingénieur. C'est une insulte à la patience des mères qui voient le contenu de leur petit congélateur — tout leur capital — fondre dans la tiédeur d'une après-midi sans jus. On a construit des châteaux (les centrales, les barrages de Soubré ou de Singrobo) sans se soucier des canalisations qui mènent à la cuisine. Produire plus ne sert à rien si le transformateur du quartier explose dès que trois fers à repasser s'allument en même temps. Le gouvernement est surendetté, non seulement financièrement, mais moralement. En répétant les mêmes excuses en 2014, 2021 et 2026, il transforme la panne technique en faillite de la parole. La vérité, crue comme une ampoule nue, c'est que la Côte d'Ivoire a voulu courir le marathon de la croissance avec les poumons d'un asthmatique. On a privilégié l'éclat des grands ouvrages pour satisfaire les bailleurs de fonds, négligeant la petite maintenance, celle qui ne fait pas de photos dans les journaux mais qui empêche la ville de sombrer dans le noir à 19h. Le problème n'est pas tant le manque d'investissement que son allocation. Investir dans une centrale solaire ou thermique est "visible" et gratifiant. Changer 500 transformateurs enterrés dans les rues d'Abidjan est coûteux, complexe socialement et invisible pour l'électeur... jusqu'à ce que tout disjoncte. En tous cas, maintenant, on est au courant. Si tu as compris c'est bien. Si tu n'as pas compris aussi c'est bien. #KassaBiaKassa #InoussEnParle

Dans le courant de notre vie. Dans les bureaux climatisés du Plateau, on manie le milliard comme on manie le piment au marché : avec une générosité qui fait pleurer les yeux. 1 700 milliards de Francs CFA. Un chiffre qui a l'épaisseur d'une encyclopédie mais la consistance d'une fumée de maïs grillé ou de banane braisée. Le milliard est une statistique pour ceux qui dorment sous les ventres ronronnants des splits ; pour les autres, c'est juste le prix du silence que l'on achète à crédit. On nous vend l'« Émergence » comme un produit de luxe dans une vitrine scellée, mais quand on appuie sur l'interrupteur à Djorobité, c'est le néant qui nous répond. Le réseau est une vieille carcasse que l'on repeint chaque année avec des prêts du FMI, alors que le moteur, lui, s'étouffe sous la poussière des promesses non tenues. On a branché des villages, on a fait briller les cartes géographiques, mais on a oublié que le courant est un fleuve capricieux : si le lit (le réseau) est percé, l'eau n'arrive jamais à la soif du client. On nous dit que le soleil nous appartient, mais on nous facture même son absence. La Côte d'Ivoire est ce géant qui porte l'Afrique de l'ouest sur ses épaules mais qui ne peut éclairer le berceau de ses propres enfants. Les sources officielles brandissent des taux de couverture comme des médailles de guerre : passer de 33 à 95%. Mais la couverture n'est pas la lumière. C'est un linceul jeté sur la réalité technique. Dire qu'en 2026, après quinze ans de "plans d'urgence", le diagnostic est toujours le même — "il faut renouveler les équipements" — c'est avouer que le temps politique n'est pas celui de l'ingénieur. C'est une insulte à la patience des mères qui voient le contenu de leur petit congélateur — tout leur capital — fondre dans la tiédeur d'une après-midi sans jus. On a construit des châteaux (les centrales, les barrages de Soubré ou de Singrobo) sans se soucier des canalisations qui mènent à la cuisine. Produire plus ne sert à rien si le transformateur du quartier explose dès que trois fers à repasser s'allument en même temps. Le gouvernement est surendetté, non seulement financièrement, mais moralement. En répétant les mêmes excuses en 2014, 2021 et 2026, il transforme la panne technique en faillite de la parole. La vérité, crue comme une ampoule nue, c'est que la Côte d'Ivoire a voulu courir le marathon de la croissance avec les poumons d'un asthmatique. On a privilégié l'éclat des grands ouvrages pour satisfaire les bailleurs de fonds, négligeant la petite maintenance, celle qui ne fait pas de photos dans les journaux mais qui empêche la ville de sombrer dans le noir à 19h. Le problème n'est pas tant le manque d'investissement que son allocation. Investir dans une centrale solaire ou thermique est "visible" et gratifiant. Changer 500 transformateurs enterrés dans les rues d'Abidjan est coûteux, complexe socialement et invisible pour l'électeur... jusqu'à ce que tout disjoncte. En tous cas, maintenant, on est au courant. Si tu as compris c'est bien. Si tu n'as pas compris aussi c'est bien. #KassaBiaKassa #InoussEnParle








Le 8 mars, ils se lèvent tôt. Ils repassent leurs discours comme on repasse un boubou de cérémonie — bien amidonné, bien propre, bien creux. Les ministres ajustent leurs cravates. Les présidents cherchent leurs mots dans le dictionnaire du donneur de leçons. "Les femmes sont l'avenir de l'Afrique." Applaudissements. Photo. Retour au bureau. Retour à l'ordre des choses. Ce jour-là, l'Afrique offre des pagnes aux femmes — les mêmes femmes qu'elle écrase 364 jours sur 365. Faites le calcul. D'un côté : des constitutions qui proclament l'égalité, des quotas de genre dans les assemblées nationales, des journées internationales, des discours de première dame, des programmes de "leadership féminin" financés par des ONG blanches qui ont leurs propres problèmes chez elles. De l'autre côté : la directrice des ressources humaines qui dit à la jeune diplômée — vingt-deux ans, mention très bien, trois langues, deux stages — "Tu sais, le patron aime les filles souriantes." Et le sourire qu'elle veut dire n'est pas celui qu'on apprend dans les écoles de commerce. Parlons-en du stage. Parlons de ce couloir entre la salle d'attente et le bureau du chef, ce couloir qui dure dix mètres et qui peut durer toute une vie. La fille qui attend depuis deux heures, son CV dans les mains — trois pages, toute sa vie dedans. Le chef qui la regarde entrer comme on inspecte une marchandise. Il dit : "Tu es dynamique. J'aime les gens dynamiques." Et dans ce mot — dynamique — il y a un sous-titre que tout le monde lit mais que personne ne transcrit. Elle sait. Elle a toujours su. Sa mère l'a prévenue. Sa grande sœur a payé le prix. Sa cousine a refusé et cherche encore du travail — trois ans après. Alors certaines plient. Non pas par faiblesse — que les imbéciles comprennent ça une bonne fois — mais parce que le système a construit des murs si hauts que même les plus solides finissent par chercher une porte, même quand la porte est une honte. Ce n'est pas leur échec. C'est le vôtre. C'est le nôtre. Lui, pendant ce temps, a signé le discours à 9h. À 10h, il a convoqué sa stagiaire. À 11h, il était à la conférence sur l'autonomisation des femmes. Il a bien parlé. Il a reçu des applaudissements. Une femme journaliste l'a interviewé. Il a dit : "Mes filles sont ma fierté." Mes filles. Ma femme. Ses femmes. Le possessif qui dit tout. L'homme qui célèbre le 8 mars d'une main et vole l'avenir de l'autre, souriant dans les deux sens du couloir. L'Afrique ne manque pas de femmes brillantes. Elle manque de systèmes honnêtes. Chaque femme qui a dû vendre un morceau d'elle-même pour entrer dans un bureau qui lui appartenait par droit, par mérite, par intelligence — c'est une amputation collective. C'est un continent qui se mutile lui-même et ensuite se demande pourquoi il boite. Vous dites que la femme africaine est forte. Oui. Malgré vous. En dépit de vous. Autour de vos obstacles. Sous vos regards. Avec vos mains dans ses poches. Sa force n'est pas une excuse pour votre lâcheté. Le vrai 8 mars n'est pas dans un hôtel à cinq étoiles avec des buffets et des panels. Il est dans le bureau de la DRH qui dit non au chef pour la première fois. Il est dans la loi qu'on applique vraiment — pas celle qu'on vote pour les bailleurs de fonds. Il est dans l'homme qui comprend que son privilège n'est pas une naissance mais un vol, et qui rembourse. Il arrive quand les femmes n'ont plus besoin d'un 8 mars pour qu'on les regarde comme des êtres humains. En attendant ce jour-là : aux filles qui ont plié — vous n'avez pas failli, le système a failli. Aux hommes qui célèbrent aujourd'hui — la honte ne se lave pas avec des pagnes brodés. À l'Afrique entière — tu ne seras jamais ce que tu prétends être tant que la moitié de toi doit se déshabiller pour avoir le droit d'exister. Le 8 mars n'est pas une fête. C'est un procès. Et l'accusé, c'est nous. Si tu as compris c'est bien. Si tu n'as pas compris aussi c'est bien. #InoussEnParle #KassaBiaKassa







🚨🔴CYBERALERT, 🇨🇮CÔTE D'IVOIRE🔴 | Air Côte d'Ivoire serait victime d'une cyberattaque venant du groupe cybercriminel "INC RANSOM"... 👇🏾 Le groupe cybercriminel Inc Ransom a affiché tôt ce matin, sur son fameux site du darweb aussi appelé mur de la honte ou encore ses "prises de guerre cyber", la compagnie aérienne Air Côte d'Ivoire de la République de la Côte d'Ivoire. A date, pas d'échantillons de données / captures d'écran donnés par le groupe cybercriminel, mais il y a un compte à rebours fixé à 4 jours avant la diffusion des données personnelles de la compagnie aérienne. Le groupe cybercriminel annonce détenir 208Go de données sensibles incluant : 👉🏾 des contrats 👉🏾 des données confidentielles 👉🏾 des données financières 👉🏾 des données de passagers 👉🏾 des données des employés 👉🏾 des données sur les incidents. Cela laisse à penser que la cyberattaque est récente et que de potentielles négociations peuvent être en cours entre le groupe cybercriminel et la compagnie. La rançon demandée n'a pas été annoncée. Pour rappel, ce groupe de cybercriminels à l'origine de quelques cyberattaques dans le monde de type ransomware. Plus de 670 au total. C'est un ransomgang très connu dans le paysage de la cybercriminalité. Je rappelle que c'est pas la première fois que des cybercriminels attaquent la Côte d'Ivoire. Cette nouvelle cyberattaque, si confirmée, aurait de nouvelles répercussions dans le pays et au delà. Bon courage aux équipes internes et externes pour la gestion de la crise. Je vous ferai bien entendu un point s'il y a du nouveau dans les prochains jours. Cybèrement vôtre, SaxX ¯\_(ツ)_/¯