
L’Occident ne fut pas la seule civilisation à pratiquer l’esclavage. La traite arabo-musulmane a fait, elle aussi, un nombre immense de victimes, et pourtant elle est beaucoup moins médiatisée. Aucune résolution de l’ONU à ce sujet, alors que c’est la troisième sur la traite transatlantique. Et puis, il faut aussi rappeler le rôle des Africains eux-mêmes dans ces traites. Comme l’écrit Marie-Claude Mosimann-Barbier dans une tribune très intéressante publiée sur le site du Figaro : si les acheteurs étaient européens, les vendeurs étaient africains. Pourquoi seuls les premiers devraient-ils se repentir ? Toutes les sociétés, toutes les civilisations, ont pratiqué l’esclavage. Mais ce sont les sociétés occidentales chrétiennes qui l’ont aboli et souvent imposé son abolition aux sociétés musulmanes. En 1930, le grand écrivain Joseph Kessel part enquêter sur l’un des derniers marchés aux esclaves du monde. À l’époque, l’Iran vient tout juste d’abolir l’esclavage, et celui-ci se pratique encore dans la Corne de l’Afrique, en Éthiopie et au Yémen. On a même vu rouvrir des marchés aux esclaves en Libye il y a une dizaine d’années. Là encore, on nous expliquera sans doute que c’est la faute des Européens. L’Occident, c’est sa grandeur et sa faiblesse, est la seule civilisation qui se repent de ses fautes. Nous sommes les seuls à entretenir sans relâche la mémoire de nos crimes. Les pays du Sud global le savent très bien, et ils en profitent. Cette résolution ne dit rien de l’histoire, mais elle dit tout du présent, un monde où l’occident est devenu minoritaire. A force d’être le seul à battre sa coulpe, il offre au reste du monde le confort de l’innocence





















