


Pascal Boustingorry 🇨🇭
7.2K posts

@boustingorry






Je vais prendre le temps de répondre sérieusement parce que ce tweet est un excellent résumé de pourquoi le débat économique tourne en rond en France. C'est un raisonnement qui a l'air logique, qui sonne juste intuitivement, et qui est faux. Et comprendre pourquoi il est faux c'est comprendre 80% de l'économie. L'argument repose sur un axiome : "seul le travail crée la richesse." Ça vient de Marx, qui l'a lui-même hérité de Ricardo et Smith (ironie du pseudo). C'est la théorie de la valeur-travail. Et c'est le socle de tout le raisonnement. Si cet axiome est vrai, alors oui, logiquement, le capitaliste "vole" le travailleur. Si cet axiome est faux, tout l'édifice s'effondre. Spoiler : il est faux. Et on le sait depuis 1871. Premier problème : la valeur ne vient pas du travail, elle vient de l'utilité. Si je passe 10 000 heures à peindre un tableau que personne ne veut acheter, j'ai travaillé, mais j'ai créé zéro richesse. Si je trouve un diamant par terre en 2 secondes, j'ai créé énormément de valeur sans presque aucun travail. La valeur d'un bien est déterminée par ce que quelqu'un est prêt à payer pour l'obtenir, pas par le temps qu'il a fallu pour le produire. C'est la révolution marginaliste de 1871 (Jevons, Menger, Walras), et aucun économiste sérieux dans le monde ne la conteste aujourd'hui. Deuxième problème : "le capital ne fait que multiplier la productivité du travail." C'est présenté comme si c'était anodin. Mais multiplier la productivité du travail c'est littéralement la chose la plus importante de l'histoire économique humaine. Un ouvrier avec une pelle déplace 1 tonne de terre par jour. Le même ouvrier avec une pelleteuse en déplace 500. La différence c'est quoi ? Le capital. Quelqu'un a investi de l'argent pour concevoir, fabriquer et mettre à disposition cette pelleteuse. Sans ce capital, l'ouvrier est toujours à la pelle. La pelleteuse n'est pas tombée du ciel. Elle existe parce que quelqu'un a renoncé à consommer son argent aujourd'hui pour l'investir dans un outil productif. Ce sacrifice s'appelle l'épargne, et sa mise en oeuvre productive s'appelle le capital. Et c'est ça qui transforme une heure de travail humain en quelque chose de 500 fois plus productif. Troisième problème : "il y a toujours un travailleur pour actionner la machine." Oui. Et il y a toujours quelqu'un qui a conçu la machine, quelqu'un qui a financé sa fabrication, quelqu'un qui a identifié le besoin du marché, quelqu'un qui a organisé la production, quelqu'un qui a trouvé les clients, quelqu'un qui a pris le risque que tout ça foire. Le travailleur qui actionne la machine est un maillon indispensable de la chaîne. Mais il n'est pas le seul maillon. Et dire que seul son maillon compte c'est nier l'existence de tous les autres. Quatrième problème : "le milliardaire s'accapare les fruits d'un travail qu'il n'a pas réalisé." Le milliardaire n'a pas réalisé le travail manuel. Mais il a réalisé autre chose : l'allocation du capital. C'est-à-dire décider où investir les ressources pour qu'elles produisent le maximum de valeur. Et c'est un travail extraordinairement difficile et rare. Si c'était facile, tout le monde serait milliardaire. Pour chaque Elon Musk qui réussit, il y a 10 000 entrepreneurs qui ont tout perdu. Le milliardaire qui reste milliardaire c'est celui qui alloue le capital mieux que les autres, c'est-à-dire celui qui prédit mieux que les autres ce dont la société a besoin. Quand il se trompe, il perd tout. Quand le salarié se trompe, il touche quand même son salaire. Et c'est ça la réalité que cet axiome de départ masque. Le capitaliste ne "prend" pas au travailleur. Le capitaliste fournit au travailleur les outils sans lesquels son travail ne vaudrait presque rien. L'ouvrier à la pelleteuse est 500 fois plus productif qu'à la pelle. Le "profit" du capitaliste c'est une fraction de ces 499 unités de productivité supplémentaire qu'il a rendues possibles en fournissant la pelleteuse. Sans lui, l'ouvrier a toujours sa pelle et sa tonne de terre par jour. La vraie question c'est pas "est-ce que le milliardaire mérite sa fortune." C'est "est-ce que le système qui produit des milliardaires produit aussi une amélioration des conditions de vie de tout le monde." Et la réponse, factuelle, empirique, répliquée sur 200 ans de données dans tous les pays du monde, c'est oui. Et un dernier mot pour les plus jeunes qui lisent ça. Je sais que le marxisme est séduisant quand t'as 18 ans. J'y suis passé aussi. L'idée que le monde se divise en exploiteurs et exploités, c'est simple, c'est beau, ça donne un sens, ça désigne un ennemi. C'est confortable intellectuellement. Et quand t'as jamais eu de thune, quand tu vois des gens riches et que tu comprends pas comment ils le sont devenus, c'est tentant de conclure qu'ils ont forcément volé quelqu'un. Mais la réalité est plus complexe et plus intéressante que ça. Et le meilleur service que vous pouvez vous rendre c'est de lire les deux camps. Lisez Marx, oui. Mais lisez aussi Hayek, Bastiat, Mises, Friedman, Sowell. Lisez les marginalistes. Lisez l'histoire économique réelle des pays qui ont essayé le socialisme. Pas les versions romancées, les faits. Confrontez les théories au réel. Et faites-vous votre propre avis avec toutes les cartes en main, pas avec la moitié du jeu. On passe presque tous par une phase où on croit que le système est contre nous. Et puis un jour tu te mets à créer, à entreprendre, à prendre des risques, et tu comprends. Le capital c'est pas ton ennemi, c'est l'outil qui te manque. Et le capitalisme c'est le seul système qui te laisse aller le chercher.




🔴 Le programme "massif" d'Edouard Philippe ⤵️ valeursactuelles.com/clubvaleurs/po…

🔴💸 ALERTE : Louis Boyard, LFI, lâche une bombe, il est atteint d’une maladie incurable extrêmement grave : "Je suis un révolutionnaire marxiste." (Surmulot)

@BrivaelFr Il n’est pas si inutile en fait , il sert parfaitement de mauvais exemple


@BrivaelFr Toi tu n'as pas du lire les programmes de SES au lycée sinon tu te rendrais compte que tu racontes n'importe quoi 🤣


@BrivaelFr Comment peut-on dire des bêtises pareilles en 2026, alors que cet argumentaire de "les nazis étaient de gauche" a été debunké des dizaines de fois...



@BrivaelFr La gâteau ne peut pas grandir indéfiniment avec un nombre fini de ressources, avec une écologie cohérente, et visiblement avec un respect de l'humain et du droit international que ça vous plaise ou pas, il va un jour falloir faire autrement


@BrivaelFr "une fonction qui vaut zéro à ses deux extrémités a un maximum entre les deux" Piketty fait une erreur-système.

C'est #QuotaClimat qui a dénoncé mon intervention sur CNEWS à l'ARCOM... qui finance l'association. 🔴UN SCANDALE D'ÉTAT

Exactement. Et c'est un point essentiel : il ne faut jamais blâmer quelqu'un qui a échoué. Jamais. L'échec fait partie du processus. C'est même le signal que tu as essayé, ce que 95% des gens ne font jamais. Et la data le confirme : la majorité des entrepreneurs qui finissent par réussir ne sont pas ceux qui ont réussi du premier coup. Ce sont ceux qui ont échoué, compris pourquoi, et réessayé. Souvent plusieurs fois. Et ton point sur le choix personnel est important. Parfois "l'échec" c'est juste un choix de priorité. Préserver sa famille, sa santé, sa stabilité. C'est pas un échec, c'est de l'intelligence. Et ça n'enlève rien à ce qui vient après. Parce que le truc le plus sous-estimé dans l'entrepreneuriat c'est que la vie est un jeu infini. Tant que t'es vivant, tu peux rejouer. T'as échoué à 25 ans, tu peux réessayer à 30. Tu as fait une pause de 5 ans pour ta famille, tu peux revenir à 40. Il y a pas de date limite. Il y a pas de "trop tard". Le seul game over c'est d'arrêter définitivement de jouer. Et c'est pour ça que la culture de la stigmatisation de l'échec en France est si toxique. Aux US, un mec qui a planté une boîte c'est quelqu'un qui a de l'expérience. En France c'est quelqu'un qui a "raté". Ce rapport culturel à l'échec empêche des milliers de gens de réessayer. Et c'est un gâchis énorme.
