JEANNOT
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Cette reconnaissance tardive et cosmétique de l’agression ne lave rien. Elle n’efface ni les silences, ni les complicités. Pendant que le pays saignait, occupation, massacres, pillages méthodiques de nos ressources, certaines voix qui prétendent guider les consciences ont choisi de se taire. Pire, dialoguer, relativiser, parfois même épouser les éléments de langage de l’agresseur. On a fabriqué un récit commode, celui d’une prétendue traque des swahiliphones, une fable instrumentalisée pour brouiller la responsabilité première. Pourtant, lorsque ces mêmes swahiliphones tombaient sous les balles, lorsque des villages étaient vidés, lorsque des familles fuyaient les exactions, le silence s’est imposé, lourd, persistant, indéfendable. Ce silence restera comme une trace. L’histoire retiendra aux côtés de qui s’est tenue la plus grande Église du pays lorsque la Nation était agressée, lorsque son intégrité était piétinée, lorsque sa survie même était menacée. Elle retiendra qui a dénoncé sans trembler et qui a calculé. Les fidèles que nous sommes n’oublieront pas non plus. La foi ne dispense pas de la vérité. Elle l’exige. Oui, l’Église survivra. Oui, le Congo survivra. Mais les cicatrices morales, elles, traversent les générations.















