
Adieu à Mohand Aït Ahmed
Ce jeudi 26 mars 2026 à 11 h, un Kabyle, grand homme de culture, Mohand Aït Ahmed, est inhumé au cimetière de Bondy.
Il faut rappeler qu’en 1973-1974, il avait monté une troupe théâtrale à la cité universitaire de Ben Aknoun pour jouer la pièce Mohamed, prends ta valise de Kateb Yacine, qu’il avait traduite en kabyle.
Parmi les comédiens figuraient Sakina, sa future épouse, Ioualalène, Zenia, Saïd Yacine, Salah Oudahar et, dans le rôle principal, le très grand Moumouh Loukad. Que ceux dont j’ai oublié le nom m’en excusent.
Une fois la troupe prête, c’était Mohand Aït Ahmed lui-même qui contactait les directeurs de salles en Kabylie pour organiser la programmation. Je faisais partie des déplacements de sa troupe pour animer une première partie musicale avec le groupe Imazighen Imoula. Celui-ci était composé de cinq membres : feu Dr Ali Ouabadi, Dr Mezdad, Dr Si Ahmed Abderrahmane et Dr Akli Cherigui.
Mohand avait réussi l’exploit de convaincre Mustapha Kateb, directeur au ministère de la Culture, de représenter l’Algérie au Festival international du théâtre universitaire de Carthage, où il obtint le deuxième prix. En vérité, il méritait le premier prix, mais le fait d’avoir joué la pièce en langue kabyle l’en avait empêché, de l’aveu même du ministre de la Culture, Taleb Ahmed, qui l’avait reçu à son retour de Tunis.
Le théâtre kabyle brillerait de mille feux sur les scènes internationales s’il bénéficiait du soutien d’un État que seule une Kabylie indépendante sera en mesure de lui fournir.
Avec Mohand Aït Ahmed qui s’en va, c’est un pan de notre histoire culturelle qui refait momentanément surface.
Chapeau, l’artiste !
Mes sincères condoléances à Sakina et à sa famille.

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