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On prend souvent 1929 et 2008 comme preuves que le capitalisme est un système défaillant. C'est l'argument le plus répandu et le plus mal compris du débat économique. On déroule.
La crise de 1929. Oui, le krach boursier initial c'est le marché. Les bulles spéculatives existent. Personne ne le nie. Le marché corrige, parfois violemment. Ça fait partie du cycle économique.
Mais ce qui a transformé un krach boursier en Grande Dépression de 10 ans, c'est pas le capitalisme. C'est l'intervention de l'Etat.
Le Smoot-Hawley Tariff Act de 1930 : le Congrès américain augmente les droits de douane sur 20 000 produits importés. Résultat : guerre commerciale mondiale. Le commerce international s'effondre de 65% entre 1929 et 1934. Une récession qui aurait duré 18 mois devient une dépression de 10 ans. Merci le protectionnisme.
La Federal Reserve contracte la masse monétaire de 30% entre 1929 et 1933. Au lieu d'injecter de la liquidité dans un système bancaire en crise, elle fait exactement l'inverse. Milton Friedman et Anna Schwartz l'ont documenté dans A Monetary History of the United States (1963). La Fed a transformé une crise en catastrophe.
Roosevelt lance le New Deal en 1933. La NRA fixe les prix et les salaires dans l'industrie. Résultat : la Cour Suprême la déclare inconstitutionnelle en 1935 parce que c'est du contrôle étatique de l'économie. Le chômage reste au-dessus de 14% jusqu'en 1940. Le New Deal n'a pas résolu la crise. La guerre l'a fait.
1929 n'est pas la preuve que le capitalisme a échoué. C'est la preuve que quand l'Etat répond à une crise de marché par du protectionnisme, de la contraction monétaire et du contrôle des prix, il transforme une correction en catastrophe.
La crise de 2008. Même schéma. Oui, les banques ont pris des risques excessifs. Oui, les subprimes étaient une bulle. Mais pourquoi cette bulle a existé ?
Le Community Reinvestment Act (1977, renforcé en 1995) pousse les banques à prêter à des ménages non solvables pour des raisons politiques. Fannie Mae et Freddie Mac, les deux agences para-étatiques, garantissent ces prêts pourris. Les banques n'ont plus d'incitation à vérifier la solvabilité parce que le risque est transféré à l'Etat. C'est pas le marché libre qui a créé les subprimes. C'est l'Etat qui a subventionné le risque.
La Fed de Greenspan maintient les taux artificiellement bas pendant des années après le krach de 2001. L'argent pas cher inonde le marché immobilier. La bulle gonfle. Ce sont des taux fixés par une banque centrale, pas par le marché.
Et après le krach ? Le système capitaliste se corrige. Les banques pourries font faillite. Les prix immobiliers reviennent à la réalité. Le marché américain repart dès 2010. Le S&P 500 a été multiplié par 5 depuis son point bas de 2009. L'économie américaine a créé 25 millions d'emplois entre 2010 et 2020.
Pendant ce temps, les économies les plus régulées, l'Europe du Sud, le Japon, n'ont toujours pas retrouvé leur niveau d'avant-crise 15 ans plus tard.
Le vrai bilan :
Après 1929, les pays qui ont libéralisé en premier (Etats-Unis post-guerre, Allemagne de l'Ouest avec Erhard) sont ceux qui ont rebondi le plus vite. Les pays qui ont doublé la dose étatique (URSS, autarcie fasciste) ont produit des catastrophes.
Après 2008, les Etats-Unis (marché flexible, destruction créatrice, recapitalisation rapide) rebondissent en 2 ans. L'Europe (rigidité du marché du travail, sauvetage permanent, austérité mal calibrée) met 10 ans.
Les crises ne sont pas la preuve que le capitalisme ne marche pas. Elles sont la preuve qu'il se corrige. Et chaque fois que l'Etat essaie d'empêcher la correction, il prolonge la douleur.
Le capitalisme a des cycles. C'est son seul défaut. Le socialisme n'a pas de cycles. Parce qu'il ne remonte jamais.