Coach Jimanel LWIGULIRA@l_jimanel
😭 Depuis janvier 2026, j'ai audité 754 entreprises congolaises dans 17 provinces.
Le résultat est difficile à accepter : près de 90 % ne disposent pas d’une véritable fonction RH.
Elles possèdent parfois un employé portant le titre de « RH », un bureau marqué « Administration du personnel » ou un responsable chargé de signer quelques documents. Mais dans les faits, la fonction stratégique n’existe pas.
Dans plusieurs entreprises auditées, le prétendu responsable RH se limite à :
— ramasser des listes de présence qu’il ne maîtrise même pas ;
— transmettre des dossiers entre les bureaux ;
— rédiger péniblement quelques correspondances ;
— répondre aux convocations de la CNSS, de l’INPP, de l’Inspection du travail, de la DGI ou d’autres administrations ;
— exécuter mécaniquement les instructions du DG ou du PDG.
Ce n’est pas de la gestion des Ressources Humaines. C’est du secrétariat administratif mal structuré.
Posez pourtant quelques questions élémentaires :
Quel est votre ratio de masse salariale sur le chiffre d’affaires ?
Quelle est la contribution du capital humain à l’EBITDA ?
Disposez-vous d’une architecture des emplois, d’une politique de rémunération, de bandes salariales et d’un mécanisme d’équité interne ?
Quel est votre :
→ taux de rotation ?
→ coût d’embauche ?
→ délai moyen de recrutement ?
→ taux d’absentéisme ?
→ productivité par employé ?
Avez-vous un (e) :
→ cartographie des compétences,
→ plan de succession,
→ plan de relève,
→ matrice des postes critiques,
→ dispositif d’évaluation de la performance ou
→ véritable tableau de bord social ?
Dans la majorité des cas : silence total.
Et pendant que la fonction RH reste faible, les travailleurs congolais paient directement le prix :
→ salaires arbitraires,
→ promotions fondées sur la proximité,
→ absence de classification professionnelle,
→ contrats incohérents,
→ compétences ignorées et carrières bloquées.
Le deuxième scandale concerne le recrutement.
Je l’affirme sur la base des dossiers étudiés : plusieurs entreprises ne recrutent pas réellement.
Elles publient des offres vagues pour construire une apparence de transparence, alors que le poste est déjà réservé à un frère, un ami, une recommandation ou une personne imposée par la direction.
Des centaines de candidats envoient leurs dossiers. Aucun n’est sérieusement évalué. L’offre n’était pas un recrutement : c’était une mise en scène.
Le troisième problème est la faiblesse des responsables RH face aux directions générales. Certains acceptent que des postes accessibles aux compétences nationales soient automatiquement confiés à des expatriés, sans plan de transfert de compétences ni préparation d’une relève congolaise.
Même l’anglais est parfois utilisé comme filtre automatique, sans analyse du poste.
Une compétence linguistique peut être exigée lorsqu’elle est objectivement nécessaire.
Mais elle ne doit pas devenir un instrument d’exclusion destiné à masquer un recrutement déjà orienté.
Nous avons déjà commencé à accompagner certaines entreprises et à renforcer les compétences de plusieurs professionnels RH. Une série de formations spécialisées sera prochainement lancée.
J’ai également engagé un travail de concertation institutionnelle afin de contribuer à la mise en place d’un cadre plus rigoureux pour professionnaliser, responsabiliser et réguler ce secteur.
La RDC n’a pas seulement besoin de responsables RH portant un titre. Elle a besoin de véritables partenaires d’affaires capables de défendre la performance de l’entreprise, la conformité sociale et la dignité du travailleur.
Professionnels RH, dirigeants et travailleurs : est-ce que ce diagnostic est faux, exagéré ou simplement dérangeant parce qu’il touche une réalité que beaucoup préfèrent cacher ?
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↳ Si tu me découvres, je suis Jimanel LWIGULIRA.
Coach et Consultant RH.
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