
26 MARS 1991 – 26 MARS 2026
Le 26 mars n’est pas qu’une date.
Le 26 mars n’est pas un souvenir figé dans les livres d’histoire ou dans les narratifs de nostalgiques de luttes glorieuses.
Le 26 mars est une victoire du Peuple malien sur la dictature.
Le 26 mars est un serment.
Le 26 mars est la preuve éclatante qu’aucun peuple ne peut être durablement maintenu dans la peur lorsque sa jeunesse se lève et lorsque sa conscience se réveille.
Le 26 mars 1991, le Mali a écrit l’une des plus grandes et belles pages de son histoire.
Par le courage de sa jeunesse, par l’engagement des élèves et étudiants, des travailleurs, des démocrates et de tous les patriotes, notre peuple a arraché au prix du sang la liberté, le pluralisme politique, la vie associative, la liberté de la presse, la liberté d’opinion, la liberté syndicale et l’espérance d’une justice indépendante.
Voilà ce que signifie le 26 mars.
Voilà ce qu’il représente.
Voilà pourquoi il dérange encore.
Car un peuple qui se souvient du 26 mars est un peuple qui refuse la résignation.
Un peuple qui se souvient du 26 mars est un peuple qui sait que les libertés ne se mendient pas : elles se conquièrent et elles se défendent.
Or, en ce 26 mars 2026, que voyons-nous ?
Nous voyons l’Association des élèves et étudiants dissoute.
Nous voyons des associations fragilisées.
Nous voyons les partis et associations politiques dissous.
Nous voyons les activités politiques interdites.
Nous voyons des responsables politiques emprisonnés, d’autres exilés.
Nous voyons des élections sans cesse repoussées, comme si la souveraineté du peuple pouvait attendre indéfiniment.
Nous voyons une presse qui s’autocensure, tandis que des journalistes sont poursuivis, inquiétés ou condamnés.
Nous voyons la liberté d’opinion rétrécir sous le poids de poursuites contestables.
Nous voyons des syndicalistes traqués pour avoir exercé des droits légitimes.
Nous voyons les manifestations interdites.
Nous voyons, enfin, la peur chercher à s’installer dans les esprits.
Alors la question se pose : que reste-t-il du 26 mars ?
Je vous le dis avec force :
il reste l’essentiel.
Il reste la mémoire.
Il reste la conscience.
Il reste le refus de courber l’échine.
Il reste la détermination de celles et ceux qui savent que l’histoire ne recule jamais définitivement.
Qu’on se le dise clairement : le 26 mars ne mourra pas.
On peut dissoudre des organisations.
On peut suspendre des libertés.
On peut mobiliser les mercenaires des réseaux sociaux.
On peut salarier les propagandistes et les folliculaires.
Mais on n’efface pas une conquête historique.
Et surtout, on n’assassine pas un idéal.
Le 26 mars n’est pas un cadeau accordé par la générosité d’un pouvoir.
Le 26 mars est une conquête populaire.
Une conquête arrachée au prix de dures luttes.
Une conquête scellée par le sacrifice de nombreuses victimes.
Une conquête sanctifiée par le sang des martyrs.
C’est pourquoi nous n’avons pas le droit de nous taire.
Nous n’avons pas le droit d’oublier.
Nous n’avons pas le droit d’abandonner cet héritage.
Face à la peur, nous opposerons le courage.
Face au renoncement, nous opposerons la constance.
Face aux atteintes aux libertés, nous opposerons la résistance civique et morale.
À la jeunesse malienne, je m’adresse avec gravité et avec confiance :
Impliquez-vous. Organisez-vous.
N’acceptez ni l’indifférence, ni la fatalité, ni la confiscation de votre avenir.
Car personne ne fera le Mali à votre place.
Personne ne défendra votre dignité à votre place.
Personne ne consolidera la démocratie à votre place.
Nous sommes là. Avec vous.
Nous resterons debout.
Et nous tiendrons bon.
Gloire aux Martyrs !
Honneur à la jeunesse combattante !
Vive la liberté !
Vive la démocratie !
Vive le 26 Mars !



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