Jean-François Le Drian@JF_LE_DRIAN
Aujourd’hui, il ne fait guère de doute que le massacre de Maïdan fut bien une opération sous faux drapeau.
Des recherches universitaires approfondies, ainsi que les conclusions du verdict du procès du massacre de Maïdan rendu par le tribunal du district de Sviatoshyn à Kiev en octobre 2023, ont établi avec un degré élevé de certitude que les tirs du 20 février 2014 ont constitué une opération sous faux drapeau.
Cette opération fut déterminante dans le renversement du président Viktor Yanoukovytch, élu démocratiquement en 2010.
L’analyse exhaustive de Katchanovski, fondée sur des vidéos synchronisées, des expertises balistiques et médicales, des trajectoires de balles, des témoignages de centaines de témoins (dont la majorité des blessés parmi les manifestants) et les confessions de snipers autoproclamés de Maïdan (y compris d’ex-militaires géorgiens), démontre que la plupart des tirs mortels contre les manifestants et les policiers provenaient de bâtiments contrôlés par les opposants (notamment l’Hôtel Ukraina et le Conservatoire de musique).
Le verdict du procès, d’environ un million de mots, confirme explicitement que de nombreux manifestants et policiers ont été tués ou blessés depuis ces positions contrôlées par Maïdan, sans aucune preuve d’ordres émanant du gouvernement Yanoukovytch ni d’implication russe.
Bien que ces conclusions se heurtent encore au récit médiatique dominant — le récit officiel ukrainien continuant souvent d’attribuer l’ensemble des tirs aux forces gouvernementales —, le corpus empirique accumulé (vidéos, analyses forensiques, témoignages judiciaires et éléments du verdict ukrainien lui-même) rend de plus en plus difficile leur réfutation factuelle sérieuse.
L’enregistrement téléphonique entre Victoria Nuland et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt, dans lequel ils discutent ouvertement de la composition du futur gouvernement, illustre par ailleurs l’implication d’acteurs extérieurs dans la transition politique.
Finalement, l’origine de la guerre en Ukraine réside principalement dans cette opération sous faux drapeau.
Sans elle, qui a fait échouer un accord de sortie de crise déjà négocié et accepté par Yanoukovytch, le président élu serait resté en place, l’Ukraine aurait vraisemblablement conservé une posture de neutralité, et les germes du conflit armé de 2022 n’auraient pas été semés.
Cette manipulation initiale a transformé des protestations en un changement de régime forcé, initiant une chaîne d’événements menant à l’escalade militaire.
L'opération Maïdan sous faux drapeau a bel et bien posé les fondations de la tragédie actuelle.
Les dirigeants occidentaux qui, en connaissance de cause, ne l’ont pas dénoncée portent une lourde responsabilité dans cette guerre.
Enfin, considérer que la rupture n’est pas consommée entre les habitants du Donbass et ceux de l’Ukraine de l’Ouest relève de l’aveuglement ou de la mauvaise foi.
epoche.fr/2025/12/26/eur…