Flo.F retweetledi

J’ai vécu quatre années à Dubaï, de 2011 à 2015, parti y exercer ce que je considérais alors comme le métier de mes rêves : steward chez Emirates.
Dès mon inscription au registre des Français de l’étranger auprès du consulat, le décor était planté. Selon notre adresse de résidence, nous étions rattachés à un « chef d’îlot », interlocuteur désigné en cas de dégradation de la situation géopolitique. Le message, limpide : si le vent tournait, un rapatriement vers la France pourrait être organisé. À l’époque, la plupart des pays européens appliquaient ce dispositif. Nous savions, sans illusion, qu’en cas de conflit, Dubaï se viderait brutalement d’une grande partie de sa population expatriée. Mais qu’en serait-il des autres migrants, notamment ceux venus d’Asie ? Auraient-ils, eux aussi, droit à cette mansuétude protectrice ou seraient-ils laissés à la discrétion du chaos ?
Aujourd’hui, mes pensées vont à celles et ceux que je connais et qui vivent encore là-bas, dont beaucoup travaillent toujours dans l’aérien. Un ami arrivé en même temps que moi m’a envoyé des vidéos : la panique y est palpable, et parfaitement compréhensible.
Je suis, en revanche, bien moins enclin à l’indulgence envers certains influenceurs français qui, après avoir passé des années à conspuer la France avec une constance presque doctrinale, en appellent soudain à son secours. Ils l’obtiendront, naturellement : la République ne renie pas ses enfants, même les plus ingrats. Mais il faut reconnaître qu’il y a quelque chose d’assez cocasse, pour ne pas dire d’un cynisme involontaire, à solliciter la protection d’un pays que l’on s’est appliqué à dénigrer avec tant d’ardeur.
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