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L’arcus au sud de Toulouse 📷patlanen31


🚨 Pendant que tout le monde regarde le prix du baril ou la guerre en Iran pour expliquer la hausse de l’essence, il faut rester conscient que la majeure partie de ce que vous payez à la pompe n’a que peu de choses à voir avec le pétrole. 💸 Prenons un litre d’essence autour de 1,80€. Premièrement, le pétrole brut ne représente qu’une petite partie du prix final, environ 30 % du prix à la pompe. Le reste est constitué de raffinage, de transport, de marges de distribution et surtout de fiscalité. En France, 60% du prix du carburant correspond directement à des taxes. La principale est la TICPE, la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques, qui représente environ 68 centimes par litre. À cela s’ajoute la TVA de 20%, qui s’applique non seulement au carburant lui-même mais aussi à la taxe elle-même. Oui oui, on paie une taxe sur une taxe. Au total, sur un litre à 1,80€, environ 1€ part directement dans les caisses de l’État. 💰 Le carburant est l’une des recettes fiscales les plus importantes du pays. La TICPE rapporte à elle seule entre 35 et 40 milliards d’euros par an. Pour donner un ordre de grandeur, c’est plus que l’impôt sur les sociétés certaines années. Cela signifie que chaque baisse significative du prix du carburant décidée par l’État crée immédiatement un trou budgétaire de plusieurs milliards. 🧐 Beaucoup de gens regardent uniquement le prix du baril et se demandent pourquoi l’essence reste chère quand le pétrole baisse. La raison est que le pétrole brut ne représente qu’une minorité du prix final. Même si le baril chutait fortement, le prix à la pompe resterait élevé parce que la fiscalité, elle, ne bouge pas. La TICPE est une taxe fixe par litre et ne dépend pas du prix du pétrole. Donc quand le baril baisse, la part fiscale devient encore plus dominante dans le prix du litre. 1️⃣ Face à tout cela, plusieurs solutions existent. La première serait de mettre en place une taxe flottante. Lorsque le baril monte, l’État baisse temporairement la TICPE pour amortir le choc. Lorsque le baril baisse, il remonte la taxe. L’objectif serait de stabiliser le prix à la pompe et d’éviter les pics de tension sociale. Par contre, cela rendrait les recettes fiscales beaucoup plus instables pour l’État. 2️⃣ Une autre option serait de supprimer la TVA appliquée sur la TICPE. Supprimer ce mécanisme ferait baisser le prix du litre d’une dizaine de centimes environ. Là encore, cela représenterait plusieurs milliards d’euros de recettes fiscales en moins. 3️⃣ Il existe aussi une approche différente, qui consiste à ne pas toucher au prix du carburant mais à compenser certains ménages. C’est ce que font de plus en plus de gouvernements via des chèques carburant, des aides ciblées pour les travailleurs qui utilisent leur voiture, des dispositifs spécifiques pour les zones rurales. Baisser le prix pour tout le monde coûte extrêmement cher alors que cibler les aides coûte moins et permet de protéger les ménages les plus exposés. 4️⃣ Certains économistes proposent de repenser complètement la logique de taxation. Plutôt que de taxer chaque litre de carburant, on pourrait taxer l’usage de la route via une taxe au kilomètre parcouru. Cela permettrait de faire payer davantage ceux qui roulent beaucoup plutôt que ceux qui consomment simplement du carburant. Par contre, c’est un sujet explosif et très difficile à mettre en place. 🤷♂️ Le souci est que le carburant est à la fois une ressource fiscale majeure pour l’État et un outil utilisé pour orienter les comportements dans la transition énergétique. Tant que ces deux objectifs existeront, les gouvernements auront très peu d’incitation à réduire fortement la fiscalité sur l’essence. À moins de comprendre qu’il faille surtout réduire les dépenses ailleurs comme on le dit depuis des années…













