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🔴🇫🇷⚽️ La situation continue de se tendre, des vélibs brulent et des hordes de jeunes courent dans les rues. Les forces de l'ordre sont dépassées. (images @LucAuffret)








Le pouvoir éclaire et il m’a changé. Oui, en exerçant le pouvoir, j’ai muri, j’ai appris, j’ai acquis une force. La force d'agir !

Gabriel Attal en meeting: "la promesse française, c'est l'élévation"

🇫🇷 Attal 2026 / Macron 2017 : le copier-coller de la novlangue centriste Par @BPartisans I. Le lexique de l'espoir vide C'est le stock de mots le plus frappant, et le plus interchangeable. Macron 2017 construisait tout son récit autour de l'espoir, de l'avenir, du mouvement, du progressisme, de la réforme. Le linguiste Damon Mayaffre notait que ses discours étaient « plein d'un vide » : ils cultivaient « la dynamique plus qu'ils ne travaillaient les thématiques » et s'appuyaient sur « les modalités de la politique », rassemblement, mise en mouvement, plus que sur le programme lui-même. Attal 2026 reproduit le même dispositif à l'identique. Au meeting du 30 mai, il s'est présenté comme le candidat de « l'espoir », de « l'avenir » et de « l'optimisme ». Son entourage avait annoncé que son discours exposerait « une vision positive de l'avenir », en « contrepied » du « déclinisme » et du « marasme ambiants ». Le procédé : définir sa candidature non pas par ce qu'elle est, mais par ce à quoi elle s'oppose (le pessimisme, le déclin, la nostalgie). L'identité politique se réduit à une posture émotionnelle. --- II. L'ennemi rhétorique : les « deux extrêmes » C'est le pilier structurant des deux campagnes, totalement identique dans sa logique. Macron en 2017 construisait son identité en miroir des deux « populismes », Mélenchon et Le Pen, présentés comme symétriques et également dangereux pour la République. Attal reprend exactement le même cadrage en 2026 : « Mes adversaires, ce sont les marchands de haine, les apôtres du déclin, les artisans de la nostalgie », visant « La France insoumise et le Rassemblement national ». Dans un entretien, il développe même une théorie de la « tenaille » : Mélenchon et le RN se nourriraient mutuellement, chacun légitimant l'autre. Phrase vide paradigmatique : « marchands de haine », « apôtres du déclin », formules frappantes qui désignent sans décrire, et permettent d'esquiver tout débat programmatique avec ces formations. --- III. Le « ni droite ni gauche » rebaptisé Le « ni de gauche, ni de droite » était le mantra de Macron en 2017, posture d'outsider qu'il cultivait comme une vertu. Attal reformule l'exercice avec des variantes sémantiques légèrement différentes mais structurellement identiques. À Arras en septembre 2025, il déclarait : « Ce besoin de changement profond, je l'assume et je le dis clairement, c'est ni contre quelque chose ni contre quelqu'un. » Même logique de dépolitisation par double négation. --- IV. Le « changement » sans contenu Macron se revendiquait incessamment du « changement », de la « réforme », de la « nouveauté », de « méthodes nouvelles », du « renouveau », du « nouveau contrat », de la « refondation », de la « renaissance » — voire de la « révolution ». Attal mobilise le même registre : son livre s'intitule "En homme libre" et y expose « sa vision d'un changement profond ». Il prône une « nouvelle République ». Son mouvement jeunesse s'appelle « Jeunes en marche ». Il évoque « un système qu'il faut changer » pour « faire vivre la promesse française, éternelle, celle de la Révolution, qui abolit les privilèges ». Ironie structurelle : c'est un ancien Premier ministre d'un président sortant qui promet le « changement profond ». Le changement est présenté comme rupture avec un ordre dont il est lui-même issu. --- V. La promesse générationnelle : le truc éternel Les deux candidats jouent la carte de la jeunesse et de l'avenir des enfants, formule creuse par excellence car indémontrable et indiscutable. Macron en 2017 incarnait physiquement la jeunesse (39 ans, « le plus jeune président »). Attal reprend en 2026 la même promesse dans les mêmes termes : « faire en sorte que chaque Français ait la certitude que la prochaine génération vivra mieux que la sienne ». Phrase vide paradigmatique : toute la gauche, toute la droite, tout le centre depuis De Gaulle ont promis que « nos enfants vivront mieux ». C'est l'équivalent politique de promettre le soleil. --- VI. La « promesse française » comme horizon flou Attal invoque « la promesse française, éternelle, celle de la Révolution » formule grandiose qui ne dit rien de concret mais sonne juste en salle. Macron en 2017 usait de la même rhétorique républicaine abstraite, convoquant Jaurès, Clemenceau, la Résistance, pour habiller d'histoire un programme peu précis. Le procédé commun : l'ancrage dans une « France éternelle » permet de paraître transcender le clivage droite/gauche en se réclamant d'une tradition nationale indivise. --- VII. Le recyclage programmatique assumé Le programme d'Attal reprend explicitement « la promesse de campagne d'Emmanuel Macron en 2017, jamais réalisée » sur le système universel de retraites, un euro cotisé ouvre les mêmes droits. Autrement dit : la continuité est si forte que le candidat Attal recycle les promesses non tenues du candidat Macron, sans ironie visible. --- Pour conclure Le philosophe Marcel Gauchet avait diagnostiqué le macronisme comme « plein d'un vide ». Mayaffre ajoutait qu'il « exhibait plus le leader que l'idée ». Le discours attalien est une version 2.0 du même logiciel : même architecture rhétorique (espoir contre pessimisme, changement contre immobilisme, centre contre les deux extrêmes), même évitement des marqueurs idéologiques, même substitution de l'émotion à la substance. La différence, si elle existe, est de degré : Macron en 2017 bénéficiait du privilège de l'inédit. Attal, lui, récite le manuel avec les résultats du quinquennat précédent dans le dos, ce qui confère à ses formules un coefficient de vide supplémentaire. (Image fabriqué avec l’IA à partir de l'affiche de campagne originale de mini moi, pardon, de Gabriel Attal)







