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Everyday I learn of some new way that little girls are tortured for men’s pleasure. Sick fucking world.
Paulette Kimuntu Kim@KimKimuntu

J’aimerais parler du gavage des filles en #Mauritanie. On appelle cette pratique “leblouh”. Et contrairement à ce que beaucoup veulent faire croire, ce n’est pas une vieille pratique du passé. Ça existe encore. Aujourd’hui. Dans notre pays. Il s’agit d’un gavage forcé de filles, de très jeunes filles, dans le but de les faire grossir rapidement afin qu’elles deviennent “mariables”. Concrètement, des fillettes peuvent être contraintes de boire des litres de lait chaque jour, d’ingérer des quantités énormes de couscous, de millet, de beurre ou d’huile, parfois jusqu’à atteindre 14 000 à 16 000 calories quotidiennes, soit plusieurs fois les besoins normaux pour une enfant. Quand les filles refusent de manger ou n’arrivent plus à avaler, elles subissent des violences physiques terrifiantes. La technique (plutôt torture) appelée “Azayar” consiste à coincer leurs orteils entre des bâtons, infligeant une douleur INTENSE pour les forcer à continuer à avaler. Et parfois quand certaines vomissent, on les oblige à réavaler leur propre vomi. Imaginez une enfant en larmes, le corps tordu de souffrance, forcée chaque jour à subir cela… Pourquoi cette pratique existe-t-elle ? À l’origine, dans les sociétés nomades sahariennes, un corps féminin volumineux n’était pas seulement valorisé, il était utilisé comme preuve de richesse et de prestige, réduisant les corps féminins à des marqueurs de statut. Au fil du temps, l’obésité est devenue le critère de beauté officiel ! seule une femme corpulente est considérée belle et “mariable” selon les attentes de la société… Mais ce n’est pas qu’une question d’apparence… le “leblouh” entretient le statut inférieur des filles en Mauritanie. Il est directement lié aux mariages précoces ! selon l’UNICEF, plus d’un tiers des filles sont mariées avant 18 ans et près d’un quart avant 15 ans….. Il faut aussi dire clairement une chose : le “leblouh” n’a pas disparu. Il a reculé dans certains milieux urbains, oui. Mais il existe encore, notamment dans des zones rurales. et il s’est même modernisé…. Des filles et femmes sont désormais contraintes de prendre des médicaments à base de corticoïdes, des stimulateurs de l’appétit ou des hormones de croissance, pour atteindre plus rapidement le corps “désiré”, car la pression familiale et sociale continue d’exiger qu’elles grossissent. Et surtout, il n’existe toujours pas de loi spécifique en Mauritanie qui interdise explicitement cette pratique. Elle n’est pas clairement nommée ni criminalisée… Mes pensées vont à ma grand-mère, dont les jambes portent encore les marques du “Azayar”. Et je pense à toutes ces filles qui ont perdu la vie à cause de cette horrifique pratique, ainsi qu’à celles qui ont survécu, portants leurs blessures chaque jour…. @frauleinmei

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