𝙇𝙚𝙗𝙤𝙪 𝙉𝙙𝙤𝙮𝙚 🐑🇸🇳⭐️⭐️@PapeDudu_ndoye
1/3 ✍ Thread juridique. Argument par argument.
La CAF vient d'envoyer sa décision motivée à la FSF. Ce qu'elle contient va humilier la CAF et le Maroc devant le monde entier à Lausanne.
Le 17 mars 2026, le jury d'appel de la CAF retire le titre de champion d'Afrique au Sénégal. 3-0 sur tapis vert. Deux mois après la finale.
Pendant des semaines, la CAF a été incapable de fournir la moindre motivation écrite.
La décision motivée vient d'être envoyée à la FSF.
Ce qu'elle révèle est accablant. Pas pour le Sénégal.
Commençons par la révélation centrale. Celle qui change tout.
Pour justifier le forfait, le jury s'est fondé sur trois rapports : celui de l'arbitre Jean-Jacques Ndala, celui du commissaire de match, et celui du coordonnateur de la finale, M. Lemkecher.
Le document dit textuellement :
"Vue : le rapport du coordinateur de la finale, le Sénégal est déclaré forfait pour abandon de terrain."
La décision repose sur le rapport du coordonnateur. Pas sur celui de l'arbitre.
Et que dit l'arbitre, lui, dans son rapport ?
Il mentionne une "interruption temporaire du match d'environ 12 minutes".
Il ne qualifie pas l'action d'abandon définitif.
L'homme qui était sur le terrain, qui avait autorité sur les faits, qui a ordonné la reprise du jeu, qui a sifflé la fin du match — lui ne parle que d'une interruption temporaire.
Le jury l'a ignoré au profit d'un coordonnateur administratif.
Or l'article 32 du règlement de la CAF est sans ambiguïté :
▸ Les faits des rapports officiels sont présumés exacts. ▸ En cas de divergence, le rapport de l'arbitre fait autorité.
Le jury d'appel a donc violé un article fondamental de son propre règlement.
Il a choisi le rapport d'un coordonnateur plutôt que celui de l'arbitre — alors même que ses propres textes lui interdisent de faire ce choix.
Et il y a plus. L'article 82 du règlement s'inscrit dans un chapitre intitulé "retraits."
Ce mot a un sens juridique précis : il implique un caractère définitif.
L'avocat spécialiste Roger Iragi Magayane le souligne : il existe une "différence ontologique entre une obstruction temporaire et un abandon définitif."
L'interruption de 12 minutes reconnue par l'arbitre lui-même n'est pas un retrait. Ce ne sont pas les mêmes mots. Ce ne sont pas les mêmes conséquences juridiques.
Et l'article 83 renforce encore cette lecture.
L'article 83 sanctionne une équipe absente au coup d'envoi ou dans les 15 minutes qui suivent.
Selon la loi 8 de l'IFAB : le coup d'envoi intervient au début de chaque période ou après un but. Les deux mi-temps étaient jouées. L'incident s'est produit sur un penalty non tiré.
Pas de coup d'envoi au sens réglementaire. L'article 83 est inapplicable.
Or l'article 84 — celui qui permet le forfait — ne peut s'appliquer que si les articles 82 ET 83 sont violés simultanément. Les deux. Ensemble. C'est cumulatif.
Le jury n'a visé que le 82. La base légale du forfait n'existe pas.
Maintenant la preuve que même la CAF savait que l'arbitre n'avait pas constaté d'abandon.
Le président de la commission des arbitres de la CAF, Olivier Safari, a reconnu que des consignes avaient été données à l'arbitre : ne pas sanctionner les joueurs sénégalais à leur retour, pour "préserver la tenue du match."
La CAF a donc officiellement ordonné à l'arbitre de laisser le match reprendre.
Puis elle a sanctionné le Sénégal pour avoir repris ce même match.
Elle s'est contredite elle-même. Par écrit. Devant témoins.
Et à la fin du match, ce même arbitre qu'elle a écarté dans sa décision a fait quelque chose de très révélateur.
Il a retrouvé Sadio Mané sur la pelouse. Il lui a serré la main. Il lui a tari d'éloges a son egard du fait qu'il avait réussi à faire revenir ses coéquipiers.
Il l'a remercié d'avoir permis que le match aille à son terme.
On ne remercie pas le joueur d'une équipe qui vient d'abandonner un match.
Sadio Mané a sauvé la finale ce soir-là. Et la CAF l'a condamné pour ça.