Aurea@AureaLibe
Plus le temps passe, plus je deviens identitaire. Je ne raisonne plus en termes de nation, mais en termes de civilisation.
L’Occident est ma civilisation. Celle que je défends.
C’est pourquoi j’ai de plus en plus de mal avec les « souverainistes ». Ceux-ci raisonnent encore en termes d’État-nation.
Or, les États occidentaux ne font partie que d’un seul et même empire : le bloc occidental.
Au fil des siècles, cet Empire s’est étendu, remodelé, et son centre de gravité s’est déplacé. Il y a eu Rome, puis Constantinople, et maintenant Washington, la capitale de l’Empire.
UE, USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande : nous appartenons tous au même Empire. Nous partageons la même culture, un passé commun, des valeurs partagées, et un avenir lié.
Je vois régulièrement dans le camp souverainiste une haine des États-Unis, une haine de l’Occident, jusqu’à en arriver à soutenir les BRICS dans chaque conflit géopolitique. Comme si l’Américain était notre ennemi, alors qu'ils sont en réalité nos héritiers.
Leur pays a été fondé sur des idéaux de liberté (valeurs occidentales) et sur le christianisme (religion occidentale).
Il est vrai que, comme tout empire, les États-Unis veillent à ce que leurs provinces restent sous domination et qu’aucun dissident interne ne conteste leur leadership. Mais mis à part ça, ils incarnent ce qu’il y a de meilleur dans notre civilisation.
Ils sont tournés vers l’avenir et l’entrepreneuriat : spatial, robotique, IA, biotech, semi-conducteurs, énergie…
Grâce à Internet et aux nouvelles technologies, ils révolutionnent le monde à une vitesse jamais égalée, façonnant nos sociétés modernes comme Rome apportait son génie créatif dans les provinces de l’Empire, mais à une toute autre échelle.
Ils restent le principal aimant mondial pour les cerveaux qualifiés, et c’est aussi le seul pays occidental qui investit massivement dans les technologies de rupture, dominant largement en informatique quantique, et en réacteurs nucléaires de nouvelle génération.
Les GAFAM, xAI, SpaceX, Hollywood, la musique, les réseaux sociaux, et consorts, sont les nouvelles légions culturelles et technologiques de l’Occident. Sans eux, l’Occident perdrait définitivement la course face à la Chine.
Donc, quand je vois des souverainistes soutenir des pays en dehors de la civilisation occidentale, j’ai réellement du mal à comprendre. Beaucoup de souverainistes européens et français tombent dans un anti-américanisme réflexe qui frise l'irrationalité.
Voir les USA comme un "ennemi" alors qu'ils portent une grande partie du fardeau militaire (via l'OTAN) et technologique de l'Occident est contre-productif.
L’Occident est attaqué de toute part et lutte pour son hégémonie, et donc pour la survie de notre civilisation. Nous avons des ennemis extérieurs qui aimeraient nous dominer. La Chine n’a jamais caché qu’elle voit l’hégémonie occidentale comme une humiliation historique à effacer, l’Iran rêve ouvertement de la fin de l’Occident, et bien d’autres encore.
Mais surtout, nous avons des ennemis intérieurs qui haïssent leur propre civilisation et voudraient la voir s’effondrer : wokisme, déconstruction des récits nationaux, politiques migratoires ultra-ouvertes, discours anti-blancs dans certains milieux militants, décroissants, anticapitalistes… la liste est longue.
En souhaitant la victoire du camp anti-occidental sur l’Occident, les souverainistes deviennent les idiots utiles de ceux qui affaiblissent nos nations.
Ils parlent tout le temps du « déclin » de l’Occident. Ils en fantasment même, par exemple sur le sujet de la « dédollarisation du monde » ou sur le modèle chinois. Pourtant, le déclin de l’Occident n’est pas inévitable. Il domine encore en PIB par habitant et en innovation.
Puis surtout, ils ont oublié qu’un empire a besoin d’être fort pour prospérer. Les États-Unis ont besoin de rester forts pour que nous vivions en paix. Nous avons besoin qu’ils soient forts pour vivre en paix.
L’Europe dépense très peu en R&D militaire de pointe. Notre dépendance technologique et militaire américaine est quasi totale. Sans parapluie américain, l’Europe serait incapable de se défendre seule face à une coalition anti-occidentale.
Si demain le camp anti-occidental prenait sa revanche, vous croyez vraiment qu’ils seraient des enfants de chœur avec nous ?
Non. Au contraire. Beaucoup de pays du Sud ne connaissent que le rapport de force. Si nous nous affaiblissons, ils nous écraseront.
Avec le temps, malgré mon attachement à la France, ma méfiance envers l’UE et mon souhait de voir mon pays redevenir fort, je suis arrivé à cette évidence : je suis français, chrétien, européen et occidental.
Ces identités s’inscrivent dans une civilisation plus large que je partage aussi bien avec un Américain qu’avec un Polonais. Bien plus qu’avec un Iranien ou un Syrien.
C’est cet Occident que je défends.