François Schaller@fschaller1
Suisse-UE – Immigration européenne et baisse de la productivité
Handelszeitung, 25 mars 2026 (libre accès) – Article invité de Reiner Eichenberger, économiste, Université de Fribourg, directeur de recherche au CREMA (Zurich). Extrait traduit, parenthèses ajoutées.
(LIRE AUSSI L'INTERVIEW DANS L'AGEFI D'AUJOURD'HUI)
« Le 13 mars dernier, le Conseil fédéral a publié son message au Parlement sur les accords avec l'UE (à ratifier en votation en 2027 ou 2028). Le document compte 1 086 pages, et de nombreux points s’avèrent problématiques.
« Le Conseil fédéral considère ces accords cadres comme essentiel au maintien et à la stabilisation des accords bilatéraux I. Il affirme que, selon de nombreuses études, ces accords ont contribué au développement économique positif de la Suisse après le passage au nouveau millénaire (p. 1019).
« C'est vrai dans une certaine mesure, mais c'est un piège : l'élément de loin le plus important des accords bilatéraux I est la libre circulation des personnes, complètement en vigueur depuis mi-2007. Depuis lors, le développement de la Suisse semble positif, du moins si l'on se base sur le produit intérieur brut (PIB) total.
« Mais cela reflète la forte croissance démographique qui, à 1,02 % par an entre 2007 et 2023, était plus de 18 fois supérieure à celle de l'Allemagne.
« En revanche, le produit intérieur brut par habitant – indicateur bien plus pertinent du niveau de vie moyen du citoyen – n'a progressé que de 0,64 % par an entre 2007 et 2023, un taux légèrement inférieur à celui de l'Allemagne, pourtant en difficulté, où il a atteint 0,67 %.
« De plus, les chiffres suisses sont faussés par un effet de « dopage » lié aux salariés frontaliers. Ces derniers sont comptabilisés dans le PIB en fonction de leur production, mais pas dans le recensement de la population.
« La croissance du PIB par habitant, sans ce dopage – l'indicateur le plus pertinent du niveau de vie moyen des résidents – a été très faible pour la Suisse depuis 2007 : à peine 0,39 % par an.
« Ce résultat place la Suisse (nettement) derrière la zone euro, pourtant en crise, et qui a enregistré un taux de croissance de 0,57 %. » (…)
« Le Conseil fédéral se montre particulièrement enthousiaste quant aux résultats de l’étude qu’il a commandée à Ecoplan (p. 1020).
« Il affirme que l’étude démontre que, sans les Accords bilatéraux I (fin de la libre circulation essentiellement), le produit intérieur réel (PIB) en 2045 serait inférieur de 4,9 % à ce qu’il serait avec l’accord.
Or, il omet de préciser que la baisse serait presque entièrement due à la diminution de la croissance démographique et du nombre de travailleurs frontaliers (hypothèse extrême).
« Et que, selon Ecoplan, le revenu par personne active (qui correspond en grande partie au PIB par habitant sans l’effet des travailleurs frontaliers) ne serait inférieur que de 0,62 %. » (...)
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