Simone Rodan-Benzaquen@srodan
La campagne actuelle pour “sauver” Francesca Albanese est du gaslighting à grande échelle.
Le script est toujours le même : “la vidéo est hors contexte”, “ses propos ont été manipulés”, “elle n’a jamais dit ça.” Elle affirme aujourd’hui n’avoir “jamais, jamais, jamais dit qu’Israël est l’ennemi commun de l’humanité.” Pourtant, ses propos exacts au Forum Al Jazeera à Doha le 7 février sont clairs : “Nous qui ne contrôlons pas de grandes quantités de capital financier, d’algorithmes et d’armes — nous voyons maintenant qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun.” Cela, dans un discours entièrement consacré à dénoncer Israël, sur un panel intitulé “La cause palestinienne dans un monde allant vers la multipolarité”, aux côtés de Khaled Mashaal, chef du Hamas, et d’Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères.
Et maintenant, Mark Ruffalo, Javier Bardem, Annie Lennox et compagnie signent une lettre pour la défendre. Des artistes qui ne font aucune analyse juridique mais participent à la sanctification d’une activiste politique déguisée en experte indépendante de l’ONU.
Mais le vrai problème, c’est que rien de tout ça n’est nouveau. C’est un mode opératoire qui dure depuis des années :
— En 2014, elle a écrit que “l’Amérique est subjuguée par le lobby juif” dans une lettre de collecte de fonds pour l’UNRWA postée sur Facebook.
— En novembre 2022, elle a participé à une conférence organisée par le Hamas à Gaza et dit à un public comprenant des responsables terroristes : “Vous avez le droit de résister.”
— Le 7 octobre 2023, alors que le massacre était encore en cours, elle a posté : “La violence d’aujourd’hui doit être remise en contexte.”
— Elle a ensuite nié le caractère antisémite du massacre, affirmant que les victimes “n’ont pas été tuées en raison de leur judaïsme, mais en réponse à l’oppression d’Israël.”
— En juillet 2024, elle a cautionné la comparaison entre le Premier ministre israélien et Hitler.
— En août 2024, elle a comparé Gaza au “plus grand et plus honteux camp de concentration du XXIe siècle.”
— En octobre 2024, elle a comparé Israël au “Troisième Reich” et à ses lois de “race pure.”
— En mai 2025, elle a affirmé que les sionistes fabriquaient des incidents antisémites aux États-Unis.
— En septembre 2025, lors d’une cérémonie en Italie, elle a publiquement humilié un maire qui lui remettait un prix parce qu’il avait osé appeler à la libération des otages. Elle l’a sommé de ne plus jamais répéter cette demande — sous les applaudissements du public.
— Elle se présente comme “juriste internationale” alors qu’elle a admis dans Vanity Fair Italie en mai 2025 n’avoir jamais passé le barreau. Vanity Fair a ensuite discrètement supprimé cette phrase de l’article. Son propre bureau a confirmé qu’elle “n’est pas avocate” mais une “chercheuse juridique et académique.” Pourtant, dans sa candidature à l’ONU en 2021, elle avait certifié être “avocate en droits humains.”
Le résultat ? Elle est la première Rapporteuse spéciale de l’histoire de l’ONU à avoir été condamnée par la France, l’Allemagne, le Canada, l’Italie et les Pays-Bas pour antisémitisme et inversion de la Shoah. Les États-Unis l’ont sanctionnée en juillet 2025. Georgetown University a rompu ses liens avec elle en décembre 2025. Même le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU a déclaré : “Nous ne sommes pas d’accord avec beaucoup de ce qu’elle dit. Nous n’utiliserions pas le langage qu’elle utilise.”
Alors quand on vous dit que tout cela est une “campagne de diffamation” et que la vidéo “n’est pas exacte” — posez-vous une question simple : combien de fois peut-on être “sortie de son contexte” avant d’admettre que le contexte, c’est elle ?
Le problème n’est pas qu’on essaie de la destituer. Le problème, c’est qu’elle occupe ce poste depuis le début. Qu’elle ait été nommée, puis renouvelée — dans des conditions elles-mêmes contestées comme illégales — voilà le vrai scandale.