Alain Weber@alainpaulweber
Bienvenue en France insoumise : le saucisson est fasciste, la cocaïne est progressiste
Le spectacle politique offert ces derniers jours laisse songeur. D'un côté, les fêtes du canon français, ces rassemblements populaires où l'on chante du Brassens ou du Johnny, où l'on partage charcuterie, saucisson et rosé, où quelques milliers de personnes passent un moment convivial, sont dans le collimateur de La France insoumise. Emma Fourneau et ses camarades montent au créneau, inventent des saluts nazis, hurlent au scandale. Pourtant, ces fêtes sont parfaitement légales : déclarées, personnel payé, TVA acquittée. Elles génèrent une activité économique réelle, rapportent de l'argent aux territoires, font travailler des employés en règle. Aucun débordement, aucun accident. Juste des Français qui s'amusent dans le respect de la loi.
De l'autre côté, une rave illégale rassemble 30 000 personnes de toute l'Europe. Drogue en quantité industrielle, installations précaires, terrain squatté, risques sanitaires et sécuritaires évidents. Rien n'est déclaré, tout est dans l'illégalité. L'État pourrait l'interdire, la disperser, verbaliser. Il ne fait rien. Et c'est là que la contradiction éclate au grand jour : La France insoumise, si prompte à pourfendre les fêtes du cochon pourtant en règle, trouve soudainement normal qu'on laisse faire. Manon Aubry plaide pour encadrer, laisser les jeunes s'amuser. Traduction : La France insoumise veut interdire des événements légaux, qui rapportent à la collectivité, mais défend des rassemblements illégaux où règnent la drogue et l'absence totale de règles. La légalité serait-elle devenue optionnelle selon les goûts musicaux ?
Autre sujet mais même logique du deux poids, deux mesures concernant les boulangeries ouvertes un jour férié. Le gouvernement encourage les artisans à travailler s'ils le souhaitent, pour répondre à la demande, payer leurs factures, toucher une rémunération double. Le Premier ministre lui-même téléphone à un boulanger pour le soutenir. Réaction immédiate de La France insoumise et de certains syndicats : plainte contre le chef du gouvernement pour "incitation à ne pas respecter la loi". Ainsi, les mêmes forces politiques qui veulent interdire les fêtes du cochon et empêcher les petits commerçants de travailler défendent bec et ongles le droit à une fête techno interdite où tout se fait hors de tout cadre légal.
On croit rêver.
Les Français qui veulent travailler un jour férié, toucher le double, assurer leur chiffre d'affaires, se font traiter de briseurs de grève. Ceux qui veulent danser sur 1000 personnes en tra du Johnny en mangeant une andouillette sont qualifiés de fachos. Mais 30 000 personnes en train de se défoncer dans un champ, sur un terrain occupé illégalement, avec des risques réels pour leur santé et leur sécurité ? C'est la fête qu'il faut accompagner, selon La France insoumise.
Où est la cohérence ? Pourquoi La France insoumise s'acharne-t-elle sur des événements légaux, créateurs d'emplois et de revenus fiscaux, tout en protégeant des rassemblements illégaux ? L'idéologie aurait-elle remplacé le bon sens ? La loi serait-elle devenue un instrument à géométrie variable, que l'on brandit contre le Français qui travaille et que l'on range au placard pour le contrevenant qui relève de la bonne tribu ?
Pendant ce temps, la France se fracture un peu plus. D'un côté, des gens qui paient, qui déclarent, qui bossent, qui respectent les règles. De l'autre, des gens qui occupent, qui consomment, qui défient la loi. Et un parti politique, La France insoumise, qui, dans un étonnant renversement des valeurs, pourchasse les premiers tout en couvrant les seconds.
Il serait temps que les Français ouvrent les yeux. La liberté n'est pas un luxe réservé aux raves interdites, Elle doit aussi exister pour ceux qui veulent simplement chanter, se réunir et partager un bon moment, sans se faire insulter par ceux qui, le lendemain, défendront l'illégalité au nom de la liberté.