Alain Weber@alainpaulweber
Madame Rousseau,
Votre déclaration, « Être fier d'être français est une fierté au rabais, qui consiste juste à être né quelque part » n'est pas une provocation subtile. C'est une insulte cinglante envers des millions de Français, et une méprise fondamentale sur ce qu'est une nation.
La fierté nationale n'est pas un tirage au sort géographique
Non, être français ne se résume pas à « naître quelque part ». C'est hériter d'une civilisation, d'une histoire, d'une culture et d'un pacte social qui n'ont pas d'équivalent.
La France n'est pas une parcelle anonyme : c'est la Révolution, les Lumières, les cathédrales, les philosophes, les résistants, les bâtisseurs, les artistes, les ingénieurs et les paysans qui ont façonné ce pays. C'est la langue de Molière et de Camus. Ce sont les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, les vraies, pas leur contrefaçon repentante. Être fier, ce n'est pas se glorifier d'un hasard de naissance : c'est assumer un héritage exigeant et le transmettre.
Qualifier cela de « fierté au rabais », c'est insulter cet héritage. C'est le mépris d'une élite hors-sol, plus à l'aise dans les colloques internationaux que face aux réalités du peuple français.
Votre fierté de gauche est un leurre idéologique
Vous opposez à cette prétendue « fierté au rabais » une fierté fondée sur le service public, la lutte et l'universalisme. Traduction : une fierté accordée uniquement à ceux qui adhèrent à votre programme écologie punitive, immigration incontrôlée, déconstruction identitaire. Permettez-moi de vous répondre :
Le service public que vous invoquez s'écroule sous le triple fardeau de la dette, de la bureaucratie et des flux migratoires que vous défendez aveuglément.
L'universalisme dont vous vous parez est à éclipses : il tolère le communautarisme lorsqu'il vous arrange, mais fustige l'attachement des Français à leur propre identité.
La fierté populaire, celle des ouvriers, des artisans, des agriculteurs, des classes moyennes, vous la méprisez parce qu'elle résiste à votre projet.
Votre « fierté » n'a rien d'inclusive. Elle est conditionnelle et punitive. Elle signifie : « Vous avez le droit d'être fiers, mais seulement de ce que nous vous autorisons à aimer. »
Le patriotisme n'est pas un monopole politique : il est une nécessité vitale
Toutes les grandes nations cultivent une fierté légitime : les Américains avec leur Constitution, les Japonais avec leur singularité culturelle, les Polonais avec leur histoire tragique. Seule une certaine intelligentsia française, dont vous êtes l'archétype, a érigé le mépris de soi national en sport de salon.
Le résultat ? Un pays qui doute de lui-même, qui s'excuse d'exister, qui voit ses symboles, drapeau, Marseillaise, Histoire, attaqués sans relâche. Ce n'est pas du progrès, c'est un renoncement. Les nations qui traversent les siècles sont celles qui s'aiment. Les autres se dissolvent dans l'indifférence générale.
Madame Rousseau, votre propos n'est pas courageux. Il est paresseux, élitiste et profondément destructeur. Être fier d'être français n'est pas une fierté au rabais : c'est un devoir de mémoire et de transmission envers ceux qui nous ont précédés comme envers ceux qui nous suivront.
Les Français n'ont pas besoin de votre autorisation pour aimer leur pays. Ils le font sans vous, et de plus en plus fort. C'est peut-être cela, au fond, qui vous est insupportable.
Vive la France. Pas la vôtre : la vraie.