

Adekou kodjo
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Pour moi, il y a vraiment quelque chose d'étrange dans ce débat. On parle d'articles, de procédures, de majorité des trois cinquièmes... comme si le vrai sujet était juridique. Il ne l'est pas selon moi... Le vrai sujet, c'est une question humaine : que se passe-t-il quand deux hommes qui ont tout partagé ; la prison, l'exil intérieur, le rêve d'un Sénégal nouveau ; se retrouvent face à face avec le pouvoir entre eux ? @PR_Diomaye et @SonkoOfficiel ont porté ensemble l'une des alternances les plus espérées de l'histoire récente du pays. Deux ans après, l'un est à la présidence, l'autre a été limogé de la Primature. Et maintenant Sonko tient l'Assemblée nationale, et depuis là, il tient le pouvoir constituant. C'est là que la révision constitutionnelle prend tout son sens réel. On salue l'incompatibilité entre la fonction présidentielle et la direction d'un parti. C'est une belle réforme, dit-on. Mais regardez à qui elle profite mécaniquement aujourd'hui : elle coupe Faye de @PastefOfficiel , dont Sonko reste l'âme. Elle isole le président. Elle renforce celui qui tient le parti et l'hémicycle. Ce n'est peut-être pas l'intention affichée. Mais c'est l'effet réel. Et le silence de Faye dans tout ça ? On l'a lu comme de la faiblesse. Je propose une autre lecture : c'est peut-être du calcul froid. Laisser Sonko s'exposer. Laisser la controverse monter. Puis garder le dernier mot ; promulguer, ou envoyer le texte au peuple par référendum. Celui qui parle le moins dans ce duel n'est pas forcément celui qui perd. Mais ce qui me trouble profondément, c'est autre chose. Sonko a été emprisonné pour avoir résisté à un pouvoir qui manipulait les institutions. Il a mobilisé des générations entières sur cette idée simple : les règles du jeu ne peuvent pas être changées dans l'ombre, par ceux qui en profitent. Et aujourd'hui, une majorité parlementaire acquise à sa cause modifie la Constitution en quelques semaines, sans #référendum, sous la pression d'un agenda politique évident ; pendant que la société civile crie dans la rue. La différence avec @Macky_Sall est difficile à voir. Et c'est ça, la vraie blessure. Le Sénégal reste une démocratie. C'est rare et précieux dans la région, il faut le dire. Mais cette séquence révèle quelque chose que les constitutions ne savent pas protéger : la fraternité politique qui se fracasse sur le pouvoir. Les garde-fous ont été pensés contre l'adversaire. Personne n'avait prévu qu'il faudrait les activer entre alliés. C'est peut-être ça, la leçon la plus dure de 2026 au Sénégal. Les peuples font des révolutions pour changer les hommes au pouvoir. Ils découvrent, parfois trop tard, que le pouvoir change les hommes... 🇸🇳



