
Alice Le Dréau
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Alice Le Dréau
@AliceLeDre
Couteau suisse à La Croix L'Hebdo. Ex rubricarde @LaCroix quotidien. Ex @Lepelerincom Mes tweets n'engagent que moi. #passionbioéthique Contemple les vivants.

















1/2 Ceux qui me suivent depuis des années ici connaissent bien mon histoire. Mais dans quelques jours, le 19 mars, la Cour de cassation rendra son arrêt. Une ultime décision après 7 ans de combat contre Trans-Landes, l’entreprise qui m’a harcelé, brisé, licencié après m’avoir laissé souffrir en silence. Depuis plusieurs jours, je ne dors plus. Je suis sous traitement médical lourd pour essayer de traverser cette période. L’attente me paralyse. Tout commence en 2016 : on me diagnostique une sclérose en plaques. Je suis reconnu travailleur handicapé (RQTH), ce qui est censé m’apporter une protection. Mais ça ne m’a pas protégé. La médecine du travail impose un bus adapté à mon état. Trans-Landes refuse. Je dois continuer à travailler dans un véhicule inadapté, malgré les douleurs, malgré la fatigue extrême. J’alerte. On me répond que je suis un "assisté", qu’il y en a "des pires que toi qui bossent sans se plaindre". Et comme si ça ne suffisait pas, je subis aussi le racisme. Mon supérieur me lance : "Ça va l’immigré ?" "Comment va DAESH?", devant témoins. Lors d’une enquête interne, il reconnaît ses propos mais les minimise : "C’était pour rigoler". La direction est au courant. Personne ne réagit. Mon employeur ne s’est pas arrêté là. Lorsque j’ai demandé un aménagement médicalement nécessaire, le directeur de production s’est emporté et a insinué que ma maladie était une excuse. Il a osé comparer mon état à des salariés qui « se mettent en arrêt pour rien » et a affirmé que le médecin du travail « ne se rend pas compte de la complexité de travailler avec des salariés qui ont des restrictions médicales ». Face à la pression, j’ai été forcé d’accepter un véhicule inadapté. Quand mon état s’est aggravé et que la médecine du travail a prescrit un mi-temps thérapeutique, Trans-Landes l’a refusé verbalement, juste « pour des raisons d’organisation ». Rien d’autre. Pas un mot sur ma santé, pas une prise en compte de mon état. Juste du mépris et du cynisme. En 2019, mon corps lâche : je suis déclaré inapte et licencié. Mais je refuse de disparaître en silence. Je porte l’affaire en justice. En 2023, la Cour d’appel de Pau reconnaît la vérité : harcèlement moral avéré, licenciement nul, condamnation de Trans-Landes. Une victoire ? Oui, mais pas encore définitive. Mon ex-employeur refuse d’assumer et s’accroche à un pourvoi en cassation. J’ai alerté tous les élus locaux, du département à la région, sur ce qui se passait dans cette entreprise publique. Aucun n’a bougé. Ceux qui dirigent aujourd’hui ont laissé Trans-Landes se pourvoir en cassation, même si c’est évidemment un droit. Ils ont laissé cette société utiliser l’argent du contribuable pour continuer à s’acharner sur un salarié malade. Personne n’a levé le petit doigt. Mais ce n’est pas fini : il y a aussi une procédure pénale en cours. L’inspection du travail a rédigé un PV accablant, transmis au procureur. Le procureur a mandaté une juge d’instruction qui a ouvert une enquête et m’a déjà auditionné. La justice avance, lentement, mais sûrement. Un harcèlement aussi grave ne peut pas rester impuni. Aujourd’hui, j’attends le verdict final. Le rapport du conseiller rapporteur a rejeté en bloc les arguments de Trans-Landes. Il confirme que la Cour d’appel a bien jugé, que mon licenciement était injuste et que mon employeur ne peut plus fuir ses responsabilités. J’espère que cela me portera chance et que la Cour de cassation suivra cet avis. Mais tout cela a un prix : les procédures judiciaires coûtent une fortune pour un simple citoyen qui n’a rien demandé. Pendant que je me bats avec mes propres moyens, Trans-Landes, entreprise publique landaise administrée par les élus paradoxalement socialistes des Landes et désormais de Nouvelle-Aquitaine, utilise l’argent du contribuable pour prolonger son acharnement. Et ce n’est même pas la première fois qu’ils sont condamnés…👇🏼





