
La prochaine fois que tu vois une âme perdue défendre le socialisme économique ou le communisme comme un modèle de vertu, partage lui ce post. Ça évitera peut-être une nouvelle boucherie. « On n'a jamais vraiment essayé le vrai communisme. » Si. On a essayé. Une vingtaine de fois. Sur quatre continents. Pendant un siècle. Et on a les chiffres. Chine, Grand Bond en avant (1958–1962). Les historiens indépendants ayant accédé aux archives provinciales convergent sur une fourchette de 30 à 45 millions de morts. Frank Dikötter (Université de Hong Kong), à partir des archives du PCC, retient 45 millions, dont 2,5 millions battus à mort ou exécutés par la milice. Yang Jisheng, ancien journaliste de l'agence Xinhua, dix ans d'enquête, retient 36 millions dans Stèles. L'historien chinois Yu Xiguang, vingt ans de recherche, monte à 55 millions. Pour donner une échelle : c'est la totalité des morts de la Seconde Guerre mondiale, concentrée sur quatre ans, dans un seul pays, sans guerre. URSS. Holodomor 1932–1933, famine planifiée en Ukraine, reconnue comme génocide par le Parlement européen le 15 décembre 2022. Goulag, Grandes Purges 1936–1938, déplacements forcés de populations entières. Le bilan retenu par le Livre noir du communisme tourne autour de 20 millions de morts pour l'ensemble de la période. Cambodge, Pol Pot. Environ 2 millions de morts en moins de quatre ans, soit près d'un quart de la population. S-21, Choeung Ek, évacuation forcée des villes en quelques jours. Corée du Nord, Vietnam, Europe de l'Est, Afrique communiste, Amérique latine. Encore plusieurs millions cumulés. Bilan global retenu par le Livre noir du communisme : environ 100 millions de morts. Chiffre repris en 2006 par la résolution 1481 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, et en 2023 par une résolution au Parlement européen. On peut discuter la marge — 80, 90, 100 millions selon les méthodologies — mais comme l'écrivait Laurent Joffrin dans Libération, pourtant pas suspect de complaisance avec la droite : à 60 millions au lieu de 100, le communisme deviendrait-il présentable ? Et le contre-exemple « doux » ? Venezuela. Pas de goulag, pas de famine planifiée. Juste l'application méthodique du programme. Résultat sur dix ans : le PIB s'est contracté de plus de 75 % entre 2014 et 2021 — la plus grande contraction économique en temps de paix depuis 45 ans selon l'Institute of International Finance. Inflation annuelle de 130 060 % en 2018 selon la Banque centrale du Venezuela elle-même, dépassant 1 000 000 % la même année selon le FMI. Près de 8 millions de personnes — soit environ 25 % de la population — ont quitté le pays. Le plus grand exode de l'histoire de l'hémisphère occidental sur les 50 dernières années selon l'OEA et le HCR. En 2024, 82 % des Vénézuéliens vivaient dans la pauvreté, dont 53 % en extrême pauvreté. Zéro exception. Zéro contre-exemple. À chaque fois la même mécanique. Une caste auto-proclamée vertueuse s'empare du pouvoir au nom du peuple, et finit en nomenklatura planquée dans des datchas pendant que 99 % de la population fait la queue pour du pain. Quand Maduro distribuait ses CLAP — boîtes alimentaires rationnées et militarisées — c'était la même logique que Brejnev dans les magasins réservés de la nomenklatura, soixante ans plus tard, sous un drapeau différent. Hayek avait tout prédit en 1944, dans La Route de la servitude. Et Mises encore avant, en 1920, avec le problème du calcul économique : quand tu remplaces les prix du marché par la planification centrale, tu détruis l'unique mécanisme capable d'agréger l'information dispersée dans des millions de têtes. Il te faut donc une autorité qui décide à la place de tous. Cette autorité ne peut pas connaître ce qu'elle prétend planifier, donc elle impose par la contrainte. Et comme ça échoue toujours — voir Venezuela, qui a appliqué la séquence à la lettre : contrôle des prix par la Fair Prices Act de 2014, puis nationalisations, puis hyperinflation, puis rationnement militarisé — il faut contraindre de plus en plus fort pour survivre. La tyrannie n'est pas un dérapage du socialisme. C'est son équilibre logique. Le capitalisme de marché n'est pas parfait. C'est juste le seul système connu dans l'histoire où des millions d'inconnus coopèrent sans qu'une caste armée les y oblige. Les morts de Kolyma, du Laogai, de S-21 et des rues de Caracas vous demandent de ne pas recommencer. J'adore me tromper, ça me permet d'apprendre. Si tu penses que je me trompe sur un point précis, dis-le moi dans les commentaires, je lis tout.


















