Philippe Lemoine@phl43
Beaucoup de pays sous-développés ont un taux d'équipement beaucoup plus élevé que nous, donc on peut évidemment se le permettre, mais la question n'est pas vraiment de savoir si on peut se le permettre et plutôt de savoir si c'est économiquement justifié, c'est-à-dire si les bénéfices excèderaient les coûts.
Le chiffre de 40 milliards, c'est le coût de l'investissement initial (je n'ai pas vérifié mais à vue de nez ça ne me semble pas déconnant comme estimation), mais si on retient l'hypothèse d'une durée de vie moyenne des équipements de 10 ans, on parle plutôt de 4-5 milliards par an après ça pour entretenir le parc.
Je pense que 15 jours de grande chaleur par an, vu la tendance qu'on observe depuis quelques années, ça me paraît très optimiste (à mon avis d'ici quelques années il faut plutôt s'attendre à un mois par an en moyenne), mais prenons cela comme hypothèse pour être prudent.
Les canicules ont un impact très important sur l'activité économique. Si on suppose que le PIB est réduite de 25% pendant les jours de grande chaleur avec le taux d'équipement actuel et qu'on pourrait réduire cela à 10% en équipant la moitié des logements, ce qui me semble tout à fait raisonnable quand je fais un tour rapide de la littérature sur le sujet, ça permettrait d'éviter une perte de presque 20 milliards d'euros par an.
Donc rien qu'en se basant sur l'impact économique, sans même prendre en compte la valeur des années de vie perdue et la perte de bien-être entraînées par le sous-équipement en climatisation (ainsi que le coût des soins rendus nécessaires par les conséquences sur la santé des gens), le calcul coût-bénéfice est très favorable à un investissement massif dans l'équipement en climatisation.
Évidemment, c'est juste un calcul de coin de table et il faudrait faire l'exercice de façon plus rigoureuse, mais compte tenu des hypothèses que j'ai retenues je n'ai guère de doute que non seulement un investissement massif dans l'équipement en climatisation soit justifié économiquement, mais je pense qu'il s'en faut de beaucoup pour que ce ne soit pas le cas.