Ilan Gabet@Ilangabet
Encore un tweet de Jean-Luc Mélenchon que je trouve incompréhensible à propos de l’actualité judiciaire.
Cette perquisition a nécessairement été décidée par les deux juges d’instruction puisqu’elle a été effectuée dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour “favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence”.
Cette information judiciaire a été ouverte à la suite d’un réquisitoire introductif du Parquet national financier.
Qui imagine et décide des choses comme ça ?
Réponse : les juges d’instruction, sûrement après en avoir donné avis au procureur national financier (art. 92 CPP).
Maintenant, que répondre à “C’est quoi le vrai motif ?”
La réponse est dans le tweet : “Une histoire de contrat à propos des panthéonisations”.
Je ne comprends pas que Jean-Luc Mélenchon s’attaque, implicitement, à l’autorité judiciaire alors qu’elle enquête sur la probité du pouvoir.
N’était-ce pas sain, dans une démocratie, que le pouvoir judiciaire puisse investiguer sur tout le monde et en tout lieu ? Encore plus lorsqu'il s'agit de délinquance en col blanc ?
Il y avait mille autres angles d’attaque :
Jean-Luc Mélenchon aurait pu attaquer sur l’opacité de la mise en concurrence des entreprises dans l’attribution des marchés de l’organisation des cérémonies de panthéonisation, ce qui justifie d’ailleurs l’ouverture d’une information après deux ans d’enquête préliminaire.
Jean-Luc Mélenchon aurait pu attaquer sur les liens entre la société mise en cause, le Centre des monuments nationaux, établissement public chargé de noter les projets, et Emmanuel Macron.
Jean-Luc Mélenchon aurait pu attaquer sur le refus de l’Élysée de la perquisition.
Jean-Luc Mélenchon aurait pu attaquer l’inviolabilité du président de la République, qui n’est franchement pas très saine dans une démocratie.
Jean-Luc Mélenchon aurait pu critiquer l’interprétation extensive de cette inviolabilité, étendue aux locaux de la présidence de la République.
Jean-Luc Mélenchon aurait pu attaquer sur l’appréciation a priori, faite par l’Élysée elle-même pour refuser l’accès à des documents aux magistrats instructeurs, d’actes détachables des activités du président de la République.
…
Mais il a choisi d’attaquer implicitement l’action de la justice.
Franchement, je ne comprends pas.