Paul St-Pierre Plamondon@PaulPlamondon
En réaction à mon affirmation récente selon laquelle « les milliards de personnes dans le monde qui auraient intérêt à immigrer au Québec pour améliorer leur qualité de vie ne peuvent avoir le même statut et le même droit à bénéficier des services publics que les citoyens québécois qui paient leurs impôts », une ex-collègue et amie m’a écrit pour me dire qu’elle ne reconnaissait plus en moi le social-démocrate à la scandinave, ouvert sur le monde, et préoccupé par la lutte à la corruption. Je prends ici le temps de lui répondre.
La réponse courte et simple se trouve dans la vidéo suivante sur l’exemple danois. Je prône la fin de l’immigration incontrôlée et du bar ouvert aux services publics pour toute personne qui arrive à l’aéroport Trudeau en prétendant avoir droit à l’asile, PARCE QUE je tiens aux services aux enfants, aux aînés et aux plus démunis.
C’est notamment et précisément en suivant l’exemple du Danemark (et plusieurs autres social-démocraties européennes), un pays qui, depuis 2019, est dirigé par un gouvernement du parti social-démocrate de Mette Frederiksen, dont vous pouvez découvrir le raisonnement et les politiques dans cette vidéo:
« Nos politiques sévères en immigration existent pour protéger nos idéaux progressistes. La hausse soudaine de l’immigration atteint de manière disproportionnée les moins bien nantis de notre société, en limitant les services, les écoles et le logement auxquels ils auraient normalement accès. (…) La social-démocratie pourra survivre que dans un modèle dans le cadre duquel l’immigration est sous contrôle ».
À noter que ces constats au Danemark ont lieu dans le contexte où, depuis 2019, le Danemark a en fait reçu QUATRE fois moins d’immigration que le Québec, le Parti libéral du Canada ayant imposé au Québec, sans son consentement, le taux d’immigration le plus élevé de tous les pays de l’OCDE.
Un mot sur les chroniqueurs partisans (je réitère qu’il y en a beaucoup trop et que davantage de vrai journalisme strictement factuel ferait du bien) qui ont tenté de déformer la phrase ci-dessus en affirmant que je prédis que des milliards de personnes vont immigrer au Québec. Je maintiens chacun des mots utilisés, car il y a bel et bien 3,4 milliards de personnes sur terre qui vivent avec moins de 5,50$ par jour et qui auraient intérêt à rehausser leur niveau de vie en immigrant dans un endroit comme le Québec. Cela ne veut pas dire que 3,4 milliards de personnes s’en viennent au Québec, mais simplement que la planification de notre immigration doit se faire en fonction de notre capacité d’accueil, et non en fonction du nombre de personnes qui décideront de se rendre à l’aéroport Trudeau pour tenter d’améliorer leur sort. Je ne les blâme pas personnellement, je blâme les politiques migratoires fédérales complètement insensées, anti-démocratiques et surtout, incompatibles avec une social-démocratie viable. Je vous invite d’ailleurs à lire le texte de mon collègue Alex Boissonneault sur les droits, les devoirs et les responsabilités en matière d’immigration.