
L'annonce des consécrations épiscopales, prévues pour le 1er juillet prochain, n’a laissé personne indifférent. D’autant moins que la Lettre adressée le 18 février dernier au cardinal Fernandez par le Supérieur Général de la FSSPX est jusqu’ici restée sans réaction aucune de la part de Rome. Face à ce silence de Rome, des évêques parlent : les uns pour blâmer l’initiative des sacres, les autres pour la justifier et la défendre contre les reproches encourus.
Mais où est le schisme ? « D’après le canon 1325 du Code de Droit Canonique de 1917, au § 2 » explique le spécialiste en droit canonique Raoul Naz, le schisme porte atteinte à l’unité de l’Église « parce qu’il suppose un refus systématique et habituel de dépendance. Au contraire, la désobéissance peut n’être qu’un acte passager, sans que son auteur ne conteste aucunement l’autorité de la loi ou du législateur, et veuille se soustraire à elle de façon habituelle ». Or, il est clair et avéré que ni Mgr Lefebvre ni ses successeurs à la tête de la Fraternité n’ont jamais voulu se séparer de l’unité de l’Église, car ils n’ont jamais voulu refuser le principe même de la dépendance à l’égard de Rome. Si la Fraternité est schismatique, alors pourquoi tous ces contacts de la Fraternité avec le Vatican, avec Rome ? Pourquoi, après l’élection de Léon XIV, le Supérieur Général de la Fraternité a‑t-il écrit au Pape pour demander à le rencontrer ?
Non seulement, donc la Fraternité n’a jamais voulu se séparer de l’unité de l’Eglise, dans son intention, mais encore, indépendamment de cette bonne intention, l’acte même de la consécration épiscopale, pris en lui-même et bien qu’il soit accompli apparemment contre la volonté de Rome, ne représente pas un schisme. Il y a un schisme seulement si l’évêque qui consacre d’autres évêques a la prétention de leur donner une autorité pour gouverner, car cela seul le Pape peut le faire. Consacrer des évêques, même contre la volonté du Pape, sans leur donner de juridiction, ce n’est pas faire schisme, car ce n’est pas refuser dans son principe le pouvoir du Pape, qui est la source de la juridiction.
Le schisme existe bel et bien. Le schisme existe bel et bien. Mais il n’est pas là où certains croient le voir. Le schisme, c’est cet œcuménisme éhonté poursuivi avec une obstination épouvantable par le Pape Léon XIV. Ce qui porte gravement atteinte à l’unité de l’Église, en effet, ce ne sont pas les sacres d’Ecône, c’est l’œcuménisme, c’est le dialogue interreligieux. Car prises, en elles-mêmes, ces initiatives supposent toutes que la dépendance à l’égard de Dieu ne passe pas nécessairement par la dépendance à l’égard du Vicaire du Christ qui est le Pape.
En décembre dernier, lors de son voyage au Liban, le Pape Léon XIV a dit en s’adressant à la fois aux chrétiens catholiques et aux musulmans, « votre présence ici aujourd’hui, dans ce lieu remarquable où les minarets et les clochers des églises se dressent côte à côte, mais s’élèvent tous deux vers le ciel, témoigne de la foi inébranlable de cette terre et de la dévotion sans faille de son peuple envers le Dieu unique. Ici, sur cette terre bien-aimée, puisse chaque son de cloche, chaque adhān, chaque appel à la prière se fondre et s’élever en un seul hymne, non seulement pour glorifier le Créateur miséricordieux du ciel et de la terre, mais aussi pour élever une prière sincère pour le don divin de la paix ». Où est le schisme ? fsspx.news/fr/news/ou-est…
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