Manon Aubry@ManonAubryFr
« Sur les 30 000 disparus, on a retrouvé le nom que de 9 000 et Milei veut qu’on arrête le travail de mémoire? »
Visite émouvante du Parc de la Mémoire, à Buenos Aires.
Dans ce parc, un impressionnant monument est érigé en mémoire des victimes du terrorisme d’Etat en Argentine, principalement sous la dictature militaire, de 1976 à 1983, dont l’Argentine commémore actuellement les 50 ans. Les noms y sont égrenés, la vaste majorité avait moins de 30 ans.
Dirigée par le général Videla, ce régime d’extrême-droite, autoproclamé “Processus de Réorganisation Nationale”, prétendait restaurer un ordre moral fondé sur la religion catholique et la nation. Il a organisé une répression sanglante et systématique de ses opposants (militants politiques, syndicalistes, étudiants) qui a fait près de 30 000 morts. Pendant sept années, la junte militaire a pratiqué à grande échelle la torture, les exécutions sommaires et les enlèvements, dont plus de 500 bébés.
Ce travail de mémoire est particulièrement indispensable, à l’heure où l’extrême-droite est revenue au pouvoir en Argentine, et que le Président Javier Milei s’attaque quotidiennement à ses opposants par des insultes mais aussi en criminalisant par la loi les actions de protestation. Milei fait également tout pour nier ou relativiser les crimes de masse de la dictature et orchestre, depuis son arrivée au pouvoir un démantèlement méthodique des politiques et lieux de mémoire, au prétexte de coupes budgétaires indispensables pour relancer l’économie.
Le révisionnisme historique est une constante de l’extrême droite, en Argentine et ailleurs. En France, le Rassemblement National, dont la Présidente Marine le Pen aime justement à s’afficher aux côtés de Milei, a fait du révisionnisme voire du négationnisme une marque de fabrique, notamment pour nier les crimes de la Shoah et la nature du régime nazi.
Ce monument du Parc de la Mémoire est là pour rappeler la réalité des faits et pour ne jamais nous habituer à cette dangereuse réécriture de l’histoire. N’oublions jamais.