HalteLa_🧡
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@HalteLa_
Jeune d’âge certain, catho de libre pensée, moderne conservatrice, prolife féministe, réac, progressiste, engagée, objective : ces termes sont compatibles



Série étrusque. Ajouter Berlin (1) à Orvieto (2), Tarquinia (3) et la tombe François (4, dessin). Sacrifice par Achille de douze jeunes Troyens, offerts à l'ombre de Patrocle (bande sur la poitrine). Elle seule non fixe, déplacée au-dessus de la scène par le format du vase (1).







Je me rends compte à quel point il y a une énorme perte en matière de transmission de la culture française. L'autre jour jour, alors que je déjeunais avec plusieurs personnes, j'évoque un met que je qualifie d'"étouffe-chrétien". Une jeune femme, présente à table, lève un sourcil et me regarde d'un air très désapprobateur, elle me dit qu'elle est offensée et veut savoir ce que j'entends par "étouffe-chrétien". Et donc, je lui ai expliqué gentiment que c'est une expression du moyen-âge qui a perduré et qui signifie, un plat compact, lourd, qui reste un peu coincé dans l'estomac. Et elle rajoute, toujours un peu effrayée, "Oui, mais pourquoi un chrétien ???". Moi : Et bien heu...parce qu'à l'époque, il n'y avait que des chrétiens, donc un "chrétien", cela voulait dire un humain, un quidam, quoi". Cela a semblé la rassurer un peu (et je n'ai nullement menti), mais l'instant d'avant, elle était réellement offensée. Et c'est quelqu'un qui a des diplômes. Donc il y a réellement une déperdition importante dans la transmission de notre patrimoine linguistique, qui pourtant, est souvent imagé et drôle.

🚨🇬🇧 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Dame Sarah Mullally a été officiellement INTRÔNISÉE comme archevêque de Canterbury, à la tête de l’Église d’Angleterre, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste en 1 400 ans.

Aujourd’hui, 25 mars, c’est l’#Annonciation. Ce moment-clé de l’histoire du monde qui ouvre, pour les Chrétiens, l’ère de l’incarnation du Christ, donc le temps de la nouvelle alliance et du salut. Il n’ y a pas de sujets plus représentés en peinture que celui-ci. Il suffit de se promener dans n’importe que musée pour le constater : les sujets religieux dominent tous les autres pendant près de 1000 ans, et les Annonciations se comptent par milliers. Je vous parle de celle-ci ⤵️ parce qu’elle ne ressemble a aucune autre. Pas d’ange Gabriel, pas d’auréole, pas de lys dans un vase, aucun décor… La vierge est debout (on lisait plus debout qu’assis à cette époque), elle n’est ni sur un prie-Dieu ni en train de coudre. Si vous pensez que « casser les codes » remonte au XXème siècle, détrompez-vous : cette œuvre d’Antonello de Messine date de 1475, et elle ouvre une révolution. J’ai eu le bonheur de la contempler à #Palerme il y a quelques semaines. Révolution technique d’abord. L’huile fait son apparition à l’époque chez les Flamands, et ses secrets ne tardent pas à être récupérés par les Italiens. Elle permet infiniment plus de nuances et d’expressions que la tempera, peinture à l’eau qui est déjà un progrès par rapport à la peinture à fresque. C’est tout bête : « a fresco » il faut couvrir de grandes surfaces à toute allure, parce qu’on peint directement sur le mur et que ça sèche au fur et à mesure. À tempera vous devez lier vos couleurs avec des mixtures qui les transforment, genre du lait et du jaune d’oeuf. L’huile donne du temps et permet la précision au peintre. Révolution créative ensuite. Tous ces peintres commençaient fauchés et travaillaient pour des commanditaires, qui payaient les matériaux. À fresque, il fallait peindre des murs. À tempera, de grands tableaux qui en imposaient sur le mur gigantesque d’un palais. Si le mécène était cousu d’or, il vous en fournissait, il fallait donc en mettre un max sur le tableau (les auréoles par exemple…) Jusqu’à l’arrivée des Médicis, qui étaient d’authentiques esthètes, les commanditaires moyens voulaient surtout faire mieux que le voisin. L’originalité leur importait peu, la manière du peintre devait être de bonne technique, mais sans sortir des pratiques en vigueur. Ce qui est touchant dans ce tableau c’est qu’il est tout petit, qu’il représente une femme quelconque (un modèle vivant proche de l’artiste, à coup sûr), et qu’on sent qu’Antonello y a mis tout son amour. Ce tableau il le fait pour lui, en toute liberté. Il a pu se payer les couleurs tout seul, le commanditaire c’est lui-même. Pour l’une des premières fois, un artiste se rend totalement libre et consacre cette liberté à son art. Ce faisant il ouvre la voie à pas mal d’ autres (notamment Vinci) qui n’en feront plus qu’à leur tête, dès qu’ils pourront se le permettre. Je trouve magnifique qu’il ait choisi l’Annonciation, thème rebattu et archi-codifié s’il en fut, pour nous ouvrir cette nouvelle ère. Une leçon pour nous renouveler aussi, chaque 25 mars? Belle fête de l’Annonciation à tous !



Notre exposition « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est ouverte ! Embarquez pour un voyage aux frontières du réel et de la fiction : d'une carte à l'autre, une diversité d'espace-temps suscitent la réflexion, l’amusement, la rêverie 💭


Le 24 mars 1529, François Ier crée une institution pour une seule raison : la Sorbonne refuse d'enseigner le grec et l'hébreu. Les théologiens considèrent que le latin suffit. Tout ce qui vient de l'Antiquité grecque les effraie. François Ier ne négocie pas. Il nomme deux professeurs, les paie sur ses deniers, et leur donne une mission : enseigner ce que la Sorbonne refuse d'enseigner. Gratuitement. À tout le monde. La Sorbonne est furieuse. Elle tente de faire interdire les cours. Elle échoue. Deux chaires deviennent douze. Le grec, l'hébreu, les mathématiques, la médecine, la philosophie. L'institution s'appelle d'abord le Collège des lecteurs royaux. Aujourd'hui, c'est le Collège de France. Ses cours sont toujours gratuits. Toujours ouverts à tous. Sans inscription, sans diplôme, sans condition. Près de cinq siècles plus tard, rien n'a changé. C'est l'un des derniers endroits en France où le savoir n'a pas de prix.



Laurent Nuñez a demandé aux préfets une «extrême vigilance» pour assurer la sécurité des lieux de culte lors de la fête chrétienne de Pâques et la Pâque juive, Pessah. →l.lefigaro.fr/Y08e







