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David-Yits'haq Trauttman
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David-Yits'haq Trauttman
@HaqYits
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Katılım Eylül 2022
132 Takip Edilen34 Takipçiler

@TulsiGabbard May we know your husband's mother's name? It would help us pray for his speedy recovery.
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Neutraliser durablement les dirigeants du Hamas ?
Dans les conflits asymétriques contre des organisations terroristes enracinées, la tentation du « tout ou rien » est forte. Déclarer vouloir « détruire » entièrement le Hamas, comme objectif de guerre déclaré par Israël depuis octobre 2023, répond à une exigence légitime de sécurité après les massacres du 7 octobre. Mais l’histoire des contre-insurrections et des luttes antiterroristes invite à la prudence. Une organisation comme le Hamas n’est pas une armée conventionnelle qu’on anéantit par une bataille décisive. Elle est un réseau hybride — politico-militaire, idéologique, social et bureaucratique — profondément imbriqué dans une population dense.
L’hypothèse stratégique que nous explorons ici est la suivante : plutôt que de viser une éradication totale, illusoire à court et moyen terme, une stratégie de neutralisation systématique et répétée des dirigeants pourrait plus efficacement atrophier la capacité opérationnelle et gouvernante du Hamas, sans exiger une occupation indéfinie de Gaza. Cette approche n’est ni un aveu de faiblesse ni une solution miracle, mais une reconnaissance réaliste des contraintes structurelles.
La difficulté structurelle d’une « destruction totale »
Le Hamas n’est pas réductible à ses bataillons ou à ses roquettes. C’est une entité multicouche : aile militaire (Brigades Al-Qassam), appareil politique, réseau de services sociaux, administration locale, circuits financiers internationaux et loyautés claniques. Même après la destruction massive de ses infrastructures militaires et la neutralisation de nombreux commandants depuis 2023, l’organisation conserve des capacités de régénération via des tunnels, des stocks cachés, des financements extérieurs (Iran, Qatar, dons, crypto-monnaies) et une idéologie qui transcende les individus.
L’histoire montre que les mouvements enracinés dans un territoire densément peuplé résistent mieux aux campagnes d’éradication. Les études sur la « decapitation » (élimination des leaders) indiquent que son efficacité varie fortement selon la structure organisationnelle. Pour des groupes bureaucratisés et soutenus socialement comme le Hamas, les pertes en leadership ne mènent pas nécessairement à l’effondrement, contrairement à des organisations plus personnalisées comme le Sentier Lumineux au Pérou.
Reconnaître cette difficulté n’est pas défaitiste : c’est poser le problème correctement. Une victoire « totale » exigerait non seulement la destruction militaire, mais un contrôle durable du territoire et une alternative politique crédible — conditions extrêmement coûteuses et incertaines.
La légitimité stratégique du ciblage des dirigeants
Dans un conflit armé contre une organisation qui revendique des attaques indiscriminées contre des civils et maintient une capacité offensive, le ciblage précis de responsables opérationnels et politico-militaires relève de la logique de guerre, non de l’assassinat politique au sens classique. La distinction entre « politique » et « militaire » est poreuse chez le Hamas : les mêmes figures orientent souvent la stratégie, la gouvernance et les opérations.
Le principe n’est pas moral mais instrumental : une organisation armée existe par sa chaîne de commandement et sa capacité de coordination. Priver durablement cette chaîne de stabilité constitue une forme d’affaiblissement structurel.
Le cœur de la stratégie : l’impossibilité de stabiliser une chaîne de commandement
C’est ici que la nuance devient décisive. Un assassinat isolé est souvent contre-productif : il permet la promotion de successeurs plus radicaux ou plus compétents (comme cela s’est vu après la mort de fondateurs du Hamas dans les années 2000). Mais une campagne systématique, rapide et répétée change la donne.
Les effets cumulatifs incluent :
Impossibilité de consolider une direction cohérente ;
Peur permanente chez les successeurs potentiels, qui savent qu’ils deviennent immédiatement des cibles ;
Réduction drastique des communications et réunions physiques ;
Transmission difficile d’ordres complexes dans un environnement de renseignement hostile ;
Méfiance interne accrue (paranoïa sur les fuites et les collaborateurs) ;
Contrainte à une clandestinité totale, rendant impossible tout leadership visible ou charismatique.
Le but n’est alors plus de « détruire » le Hamas en tant qu’idée ou réseau latent, mais de l’empêcher de gouverner, de commander efficacement et de coordonner des opérations d’envergure. Une « stratégie d’atrophie organisationnelle » : rendre la bureaucratie terroriste dysfonctionnelle. Arbitrer les conflits internes, distribuer ressources, maintenir la discipline, communiquer avec des sponsors étrangers, produire une propagande crédible — toutes ces fonctions exigent une certaine continuité du commandement. Une rotation accélérée des dirigeants, couplée à une surveillance permanente, les rend extrêmement difficiles à exercer.
Des exemples récents (éliminations répétées de hauts responsables militaires en 2024-2026) montrent une capacité israélienne impressionnante à localiser et frapper rapidement, transformant la direction du Hamas en une fonction à haut risque mortel.
Le coût comparé des stratégies
Une occupation totale et prolongée de Gaza impose des coûts colossaux : militaires (pertes, usure), diplomatiques (isolement international), économiques et humains (pour les deux côtés). Elle risque de transformer Israël en puissance occupante à long terme, avec les pièges classiques de la contre-insurrection (radicalisation par la présence, dilution des efforts).
Une stratégie centrée sur le renseignement, la précision et la neutralisation ciblée, combinée à un contrôle sélectif du territoire et à des pressions sur les financements extérieurs, peut apparaître comme moins coûteuse en ressources et plus soutenable. Elle n’offre pas de « victoire spectaculaire », mais une dégradation progressive de la capacité adverse.
Objections et contre-arguments
Toute analyse honnête doit affronter les critiques :
« Les dirigeants sont remplaçables. » Oui, individuellement. Mais un cycle accéléré empêche la consolidation du pouvoir, l’accumulation d’expérience et la construction de relations de confiance. La bureaucratie s’atrophie.
« Cela risque de radicaliser davantage. » C’est possible à court terme. Cependant, un mouvement incapable d’organisation efficace voit sa capacité opérationnelle diminuer, même si l’idéologie persiste. La radicalisation idéologique ne se traduit pas automatiquement en menace militaire coordonnée.
« Le Hamas peut fonctionner de façon décentralisée. » Partiellement vrai pour des actions locales ou des attentats sporadiques. Mais la coordination d’opérations d’envergure (comme le 7 octobre), la gouvernance de Gaza et les relations internationales exigent une direction stable. La décentralisation a ses limites opérationnelles.
« Le Hamas est une idéologie, pas seulement une organisation. » Exact. On ne « détruit » pas une idée par la force seule. Mais on peut marginaliser son expression armée et gouvernante, en rendant le coût de l’action collective prohibitif.
Conclusion
Renoncer au fantasme d’une disparition absolue du Hamas ne signifie pas accepter son pouvoir. Cela consiste à raisonner en termes plus modestes mais plus réalistes : empêcher durablement le mouvement d’exercer un pouvoir effectif sur Gaza et de reconstituer une menace stratégique majeure.
Cette approche exige une combinaison de pression militaire continue, d’action sur les financements et les sanctuaires extérieurs, et — à plus long terme — d’une alternative politique palestinienne crédible. Elle est moins gratifiante émotionnellement qu’une rhétorique de victoire totale, mais elle correspond mieux à la nature des conflits prolongés contre des réseaux résilients. Dans la stratégie, comme en politique, la sagesse commence souvent par la reconnaissance des limites du possible.

Français

Pourquoi parler du christianisme lorsqu’on parle de la France ?
Comprendre la France sans le christianisme reviendrait, dans une certaine mesure, à vouloir comprendre l’Égypte ancienne sans le Nil, ou l’Angleterre sans l’histoire particulière de ses libertés parlementaires. Lorsqu’une réalité historique a façonné pendant des siècles les institutions, les paysages, les habitudes, les sensibilités et jusqu’à l’imaginaire d’un peuple, il devient difficile de penser l’une sans évoquer l’autre.
Une telle affirmation suscite parfois une forme de gêne dans la France contemporaine. Certains y verront un plaidoyer religieux ; d’autres la nostalgie d’un monde disparu. Pourtant, il ne s’agit ni de défendre une croyance ni d’appeler à un retour de la pratique religieuse. La question est d’abord historique, et peut-être même intellectuelle : comment comprendre un pays si l’on retranche de son histoire l’une des forces qui l’ont le plus profondément constitué ?
Pendant plus de quinze siècles, la France a vécu dans un univers profondément marqué par le christianisme. Son empreinte dépasse très largement les murs des églises ou la seule pratique cultuelle. Elle se retrouve dans les paysages, dans le découpage du temps, dans les institutions, dans le langage, dans les références littéraires, dans certaines intuitions morales, et jusque dans la manière dont les Français ont longtemps pensé la communauté humaine et politique.
Même celui qui ne croit plus, ou n’a jamais cru, continue souvent à vivre dans un monde façonné par cette longue histoire sans toujours en avoir conscience. Les jours fériés, le rythme des saisons sociales, les noms de villages et de rues, les clochers visibles au détour d’une route, les cathédrales qui dominent les villes, les expressions du langage courant, les récits connus de tous sans toujours être lus – tout cela compose une mémoire silencieuse. Une civilisation habite souvent les gestes quotidiens davantage qu’elle ne s’énonce.
Les amoureux de la France le savent instinctivement. Dans l’imaginaire collectif, le village français ne se résume pas à quelques maisons groupées autour d’une route. Il possède une silhouette particulière : le clocher de l’église, voisin du café, de la mairie, parfois du monument aux morts, souvent de la boulangerie. Cette géographie affective dit quelque chose de l’histoire du pays. Qu’on contemple encore ce clocher avec foi, avec émotion esthétique, avec nostalgie ou avec simple familiarité, il demeure un signe de continuité. Une civilisation s’inscrit aussi dans la pierre.
Les églises elles-mêmes racontent quelque chose de cette mémoire longue. Elles sont partout : dans les villages presque désertés comme dans les grandes villes, modestes chapelles rurales ou cathédrales élevées vers le ciel. Même lorsque la pratique religieuse s’est affaiblie, les Français continuent souvent d’y entrer lors d’un mariage, d’un enterrement, d’une visite patrimoniale, parfois simplement pour y chercher un moment de silence. Beaucoup ne savent plus toujours ce qu’elles signifient ; pourtant, elles continuent à signifier quelque chose.
Reconnaître cet héritage ne suppose pourtant aucune adhésion confessionnelle. On peut ne pas être chrétien, ne plus pratiquer, ou même ne jamais avoir cru, tout en reconnaissant ce que le christianisme a donné à la France. Hériter n’est pas croire ; transmettre n’est pas convertir. Confondre ces deux réalités conduit souvent à un malentendu. L’histoire d’un pays n’appartient pas seulement aux croyants de telle ou telle religion : elle appartient aussi à ceux qui en reçoivent les paysages, les institutions, les habitudes, les mots et les symboles.
J’écris ces lignes en tant que Juif, et c’est peut-être précisément cette position qui me conduit à distinguer plus nettement foi religieuse et héritage civilisationnel. Je ne regarde pas les églises françaises comme un fidèle, mais comme un homme attaché à un pays dont elles ont profondément marqué le visage. Leurs pierres, leurs clochers, leurs vitraux, les récits qu’elles ont transmis, les fêtes qu’elles ont inscrites dans le calendrier national me paraissent appartenir, d’une certaine manière, au patrimoine commun de la France – au même titre que sa littérature, sa gastronomie, sa peinture ou certaines de ses institutions politiques.
Car la culture française demeure profondément traversée par cette mémoire chrétienne. Il est difficile de comprendre pleinement une grande partie de la littérature française sans rencontrer, directement ou indirectement, le christianisme. Les références bibliques, les interrogations sur le salut, la faute, le pardon, la grâce, le sacrifice ou la rédemption traversent des siècles d’écriture. Même les auteurs les plus éloignés de la foi continuent souvent à écrire dans un horizon intellectuel, symbolique ou moral façonné par elle. La croyance peut s’effacer ; les traces demeurent longtemps.
Il serait également simpliste d’opposer mécaniquement christianisme et République. Certes, la France moderne s’est parfois construite dans le conflit avec l’Église institutionnelle. Les affrontements autour de la laïcité, de l’école ou du pouvoir religieux ont laissé une mémoire forte. Mais rupture ne signifie pas absence de continuité. La République elle-même s’est développée dans une société déjà profondément modelée par le christianisme. Une partie de sa sensibilité morale, de son souci de la dignité humaine ou même de certaines intuitions égalitaires s’inscrit dans une histoire plus longue qu’elle.
Le problème contemporain n’est donc pas tant l’éloignement religieux en lui-même que l’effacement progressif de la mémoire historique. Une société peut naturellement se séculariser ; elle se fragilise davantage lorsqu’elle devient étrangère aux sources qui l’ont formée. Une civilisation ne disparaît pas seulement lorsqu’elle est combattue : elle peut aussi s’effacer lorsqu’elle devient opaque à elle-même, lorsqu’elle cesse de comprendre les signes qui l’entourent ou les récits qui l’ont portée.
Je me souviens, à ce propos, d’une anecdote racontée par un rabbin survivant de la Shoah. Marchant un jour dans la campagne polonaise avec un jeune paysan, il remarqua que celui-ci passait devant un calvaire sans faire le signe de croix. Le rabbin lui fit alors une remarque qui peut surprendre venant d’un homme profondément attaché à sa propre tradition religieuse : un Polonais, lui dit-il, devait respecter la religion qui avait façonné son pays. L’histoire est peut-être embellie par le temps ; elle éclaire pourtant une intuition importante. On peut ne pas partager une foi et reconnaître néanmoins qu’elle appartient à l’histoire intime d’un peuple.
Aimer un pays ne signifie pas l’idéaliser ni absoudre chacune des pages de son passé. Toute nation possède ses ombres, ses fautes et ses contradictions. Mais aimer un pays suppose au moins de chercher à comprendre ce qui l’a constitué. La France n’est pas seulement un territoire, une administration ou un ensemble de lois ; elle est aussi une mémoire longue, une sensibilité particulière, un héritage accumulé au fil des siècles. Se montrer totalement étranger à l’histoire chrétienne de la France reviendrait, d’une certaine manière, à se rendre étranger à une part essentielle du récit national lui-même.
Reconnaître cet héritage n’implique enfin aucune nostalgie naïve ni aucun projet de restauration religieuse. Il ne s’agit ni de revenir à une société confessionnelle ni de transformer la foi en obligation civique. Il s’agit plus modestement – mais peut-être plus urgemment – de transmettre une intelligence historique du pays : apprendre à voir ce que les siècles ont laissé derrière eux, afin qu’une société moderne ne devienne pas, peu à peu, amnésique. Une nation peut évoluer, se transformer, accueillir et se renouveler ; elle se met davantage en danger lorsqu’elle oublie jusqu’aux sources qui lui ont donné sa forme.
(Extrait du livre "Pour que la France demeure - Hériter, transmettre, reconstruire" à paraître prochainement.)

Français

— Le Hamas et ses collaborateurs ont systématiquement mis en scène, produit et diffusé des vidéos d’otages durant leur captivité. L’exploitation numérique des otages s’est poursuivie pendant de nombreux mois après le 7 octobre. Les vidéos et images filmées par le Hamas durant la captivité montrent des otages tourmentés, maltraités, raillés ou humiliés devant la caméra.
— L’exposition publique et la diffusion des crimes ont transformé la visibilité elle-même en une arme, prolongeant et aggravant les souffrances infligées aux victimes et à leurs familles bien au-delà du 7 octobre. Cette documentation et diffusion numériques ont étendu l’impact des attaques, compromis la réhabilitation des survivants et aggravé la détresse émotionnelle ainsi que les traumatismes longtemps après les actes initiaux de brutalité. Les schémas de comportement documentés comprennent notamment :
• L’enregistrement, la diffusion en direct et la publication des atrocités, y compris des violences sexuelles et fondées sur le genre (SGBV).
• La glorification et la célébration en ligne des crimes, amplifiant les souffrances et propageant davantage la terreur.
• L’enregistrement et l’envoi d’images et de vidéos directement aux familles, sur les réseaux sociaux et via des canaux communautaires afin d’intimider, d’humilier et de terroriser les familles et la société dans son ensemble.
• La rediffusion et la diffusion répétée de contenus représentant les victimes, causant des traumatismes continus aux survivants et aux membres des familles, et entravant leur reconstruction.
Conclusions juridiques
L’analyse juridique des preuves menée par la Commission civile conduit aux conclusions suivantes concernant les crimes commis durant l’attaque du 7 octobre et pendant la captivité :
— La Commission conclut que le Hamas et les acteurs affiliés se sont rendus coupables d’actes génocidaires, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de violences sexuelles et fondées sur le genre constituant des actes de torture. Les actes documentés comprennent l’infliction de graves atteintes physiques et psychologiques ainsi que des destructions dirigées contre des civils, des familles et des communautés entières, parallèlement à des viols et à d’autres formes de violences sexuelles et fondées sur le genre ; des actes de torture ; des persécutions ; l’esclavage sexuel et l’asservissement ; ainsi que d’autres actes inhumains constitutifs de crimes contre l’humanité ; de même que des crimes de guerre comprenant le viol, les mutilations sexuelles, la nudité forcée, l’esclavage sexuel, les atteintes à la dignité humaine et des actes équivalant à de la torture.
— Les violences sexuelles et fondées sur le genre étaient généralisées et systématiques et constituaient une composante intégrale des attaques ainsi que du traitement ultérieur des otages. Les preuves démontrent en outre que les attaques faisaient partie d’une offensive généralisée et systématique dirigée contre une population civile. L’ampleur des violences, l’assaut coordonné contre de nombreuses communautés et localités civiles, ainsi que les schémas récurrents d’assassinats, de violences sexuelles, de prises d’otages et d’autres abus démontrent une campagne organisée, menée avec une planification préalable et une coordination opérationnelle.
— Les violences sexuelles et fondées sur le genre furent utilisées de manière systématique et délibérée comme tactique de terreur. La Commission conclut que les violences sexuelles furent utilisées afin d’intimider, de punir, de contraindre et d’asservir les victimes, les otages, les familles et les communautés. De tels actes constituent des violences sexuelles et fondées sur le genre liées au terrorisme et doivent être traités dans le cadre des dispositifs juridiques de lutte contre le terrorisme.
— Les individus responsables de ces crimes doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires. Le droit pénal international prévoit une base juridique claire pour la responsabilité pénale individuelle. Les auteurs, ainsi que les personnes responsables de la planification, des ordres, de la facilitation ou de toute autre contribution à ces crimes, peuvent engager leur responsabilité selon des formes établies de responsabilité pénale, notamment la coaction, la perpétration indirecte, l’ordre, l’aide et l’encouragement, ainsi que la participation à des crimes commis dans le cadre d’un projet criminel commun.
— La poursuite des crimes sexuels et fondés sur le genre commis le 7 octobre et durant la captivité constitue une priorité urgente. La Commission recommande la création d’un mécanisme de poursuite spécialisé intégrant des standards adaptés aux questions de genre, des approches centrées sur les survivants et des procédures tenant compte des traumatismes.
— La responsabilité judiciaire doit être poursuivie à travers des mécanismes nationaux et internationaux. La Commission soutient la nécessité urgente d’engager des procédures de responsabilité au sein du système judiciaire israélien. Des poursuites supplémentaires devraient également être engagées, lorsque cela est approprié, dans d’autres juridictions, notamment contre les auteurs identifiés, les entités et les facilitateurs opérant depuis différents pays et à travers plusieurs juridictions, dans le cadre des dispositifs de lutte contre le terrorisme et au moyen de régimes coordonnés de sanctions.
— Une véritable responsabilité judiciaire concernant les crimes sexuels et fondés sur le genre commis le 7 octobre et durant la captivité nécessitera une coopération internationale robuste. S’appuyant sur des mécanismes et standards déjà utilisés avec succès dans la poursuite de violences sexuelles et fondées sur le genre dans d’autres contextes, le rapport met en avant plusieurs cadres de coopération, notamment avec le Bureau de la Représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles dans les conflits ; des programmes spécialisés de formation concernant les crimes sexuels et fondés sur le genre destinés aux juges, procureurs et enquêteurs ; ainsi qu’une collaboration avec des organisations de la société civile.
— La Commission recommande en outre qu’Israël adopte une stratégie globale concernant les questions de genre au sein de son dispositif de poursuite judiciaire et établisse une chambre spécialisée ou un panel de juges dédié à la poursuite des crimes sexuels et fondés sur le genre commis le 7 octobre et durant la captivité. Ce mécanisme devrait appliquer des approches centrées sur les survivants et informées par les traumatismes, conformes aux normes et à la jurisprudence internationales, en s’appuyant sur les connaissances et l’expérience développées au fil de décennies de jurisprudence relative aux violences sexuelles liées aux conflits.

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L’apport du rapport
Le rapport fait progresser la compréhension factuelle et juridique de ces crimes de la manière suivante :
— Il constitue un dossier probatoire dédié concernant ces crimes, doté à la fois d’une portée historique et juridique, en préservant et archivant systématiquement les témoignages de survivants et de témoins, les photographies, les vidéos et les matériaux contemporains documentant les crimes sexuels et fondés sur le genre commis durant les attaques et pendant la captivité.
— Il fournit le premier dossier systématique de ces crimes fondé sur des cas concrets. À travers plus de 160 pages d’analyses basées sur les témoignages, de matériaux archivés et d’autres sources probatoires primaires, le chapitre factuel du rapport détaille des cas individuels et des dossiers de preuves à travers de multiples lieux géographiques, retraçant les violences sexuelles et fondées sur le genre depuis l’attaque elle-même jusqu’aux différentes phases d’enlèvement, de transfert et de captivité.
— Il identifie des schémas récurrents de violences sexuelles à travers différents lieux et différentes phases des attaques. En examinant les thèmes récurrents et les modes opératoires, le rapport démontre que ces crimes suivaient des schémas et des méthodes identifiables, plutôt que de constituer des actes isolés de brutalité.
— Il démontre comment les violences sexuelles et fondées sur le genre fonctionnaient comme une composante organisée des attaques et révèle la logique opérationnelle de cette violence. La répétition et l’organisation de ces actes montrent que les violences sexuelles et fondées sur le genre étaient utilisées comme un élément délibéré des attaques, destiné à terroriser les victimes, les familles et les communautés.
— Il élargit le champ factuel de l’enquête au-delà de l’attaque elle-même. Le rapport retrace les violences sexuelles à travers l’ensemble du continuum des crimes — depuis les attaques du 7 octobre, en passant par les enlèvements et la captivité prolongée, jusqu’au tournage délibéré et à la diffusion numérique des abus comme moyen d’amplifier la terreur.
— Il traduit le dossier probatoire dans un cadre juridique orienté vers les poursuites judiciaires, en analysant comment les actes documentés constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des actes génocidaires, des actes de torture ainsi que des violences sexuelles et fondées sur le genre liées au terrorisme, et en traçant des voies concrètes pour l’enquête et les poursuites.
En intégrant une base factuelle exhaustive à une analyse juridique rigoureuse, le rapport établit un dossier historique structuré et pose les fondements de la responsabilité judiciaire.
Principales conclusions
En consultation avec un panel d’experts et d’éminents chercheurs internationaux, les principales conclusions factuelles et juridiques du rapport sont les suivantes :
— Le Hamas et ses collaborateurs ont utilisé de manière délibérée et systématique les violences sexuelles et fondées sur le genre (SGBV) comme partie intégrante d’une stratégie plus vaste de l’attaque, visant principalement les femmes et les otages, tandis que des mineurs furent également soumis à de graves formes de violences et d’abus. Les preuves recueillies et corroborées par la Commission civile démontrent un usage structuré, organisé et multisite des violences sexuelles et fondées sur le genre, y compris des tortures sexuelles, commises durant les attaques du 7 octobre et contre les otages par la suite. Ces violences furent perpétrées dans des maisons privées, des espaces publics, sur le site et dans les environs du festival Nova, sur les routes, dans des bases militaires et, dans certains cas, devant des membres de la famille, amplifiant ainsi la terreur et les souffrances des victimes.
— Le Hamas et ses collaborateurs ont utilisé la torture sexuelle afin de maximiser la douleur et les souffrances. Les victimes ont subi des actes d’une brutalité extrême, notamment des brûlures, des mutilations, des viols, des ligotages, l’insertion forcée d’objets dans les parties génitales, des tirs visant le visage et les organes génitaux, ainsi que des assassinats et des abus commis devant des membres de la famille. De nombreuses victimes furent retrouvées menottées, ligotées ou physiquement immobilisées d’une autre manière. Des formes extrêmes de violences sexuelles et fondées sur le genre se sont poursuivies contre les otages durant de longues périodes de captivité, touchant à la fois des femmes et des hommes. Ceux qui ont survécu, ainsi que ceux qui furent témoins de ces crimes, souffrent de blessures physiques et psychologiques graves et durables. Cette forme de torture sexualisée laisse une empreinte distincte et persistante sur la société, produisant une terreur qui dépasse largement les victimes immédiates et perdure bien après les meurtres eux-mêmes.
— Le Hamas et ses collaborateurs ont infligé des violences sexuelles et fondées sur le genre dans de multiples lieux, selon des schémas récurrents d’abus. La Commission civile a identifié au moins treize schémas récurrents d’abus à travers plusieurs sites, comprenant notamment :
le viol, les viols collectifs et d’autres formes d’agressions sexuelles ;
la torture sexuelle, y compris des brûlures et mutilations intentionnelles ;
des tirs délibérés visant la tête, le visage et les organes génitaux ;
des assassinats et exécutions commis parallèlement à des violences sexuelles et fondées sur le genre ou immédiatement après celles-ci ;
des abus sexuels post mortem, des humiliations et la profanation des corps ;
la nudité forcée et l’exposition des victimes ;
le menottage, le ligotage et l’immobilisation des victimes ;
l’exposition publique et le défilé humiliant de femmes et d’enfants ;
l’enlèvement de mères et d’enfants ;
des violences sexuelles et fondées sur le genre infligées en présence ou à proximité de membres de la famille ;
le tournage et la diffusion numérique de violences sexuelles et fondées sur le genre, notamment via les réseaux sociaux afin de documenter, glorifier et amplifier les atrocités ;
des menaces de mariage forcé ;
des viols et autres formes de violences sexuelles commis contre des garçons et des hommes.
— Le Hamas et ses collaborateurs ont commis des actes sexuels et fondés sur le genre de nature kinocidaire. Les violences sexuelles et fondées sur le genre furent délibérément perpétrées contre des membres d’une même famille, y compris dans un cas où des proches furent contraints de commettre des actes sexuels les uns contre les autres. D’autres cas documentés incluent, entre autres, des membres d’une même famille agressés sexuellement ou humiliés en présence les uns des autres. L’instrumentalisation des liens familiaux a maximisé la douleur et les souffrances des victimes et terrorisé leurs familles. Ce schéma était particulièrement manifeste durant la captivité imposée par le Hamas.
— Le Hamas et ses collaborateurs ont fait un usage stratégique des vidéos, des médias numériques et des réseaux sociaux afin d’exercer et d’intensifier la violence, ainsi que de perpétuer, glorifier et amplifier les atrocités qu’ils avaient commises, notamment à travers des contenus sexualisés destinés à une diffusion publique. Les auteurs se sont filmés et ont diffusé des images et vidéos des attaques, montrant des agressions sexuelles, des humiliations, des enlèvements, des assassinats de femmes, d’enfants et de familles entières, ainsi que la profanation des corps. Ils présentaient les femmes et leurs corps comme des trophées de guerre. Certaines vidéos montrent des combattants et des civils gazaouis célébrant des corps maltraités. Les images montrent également des corps brûlés et brutalement mutilés. Le Hamas et ses collaborateurs ont en outre diffusé des images de femmes et de jeunes filles blessées, ainsi que de femmes âgées violemment humiliées et enlevées ; nombre de ces victimes portaient encore leurs vêtements de nuit en raison de l’heure matinale de l’attaque, ce qui accentuait encore leur vulnérabilité.

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Résumé
« Vous l’entendez. C’est juste à côté de vous. Vous entendez les cris… puis le silence. »
— Entretien de la Commission civile avec Darin Komarov, survivant du festival Nova
À l’issue d’une enquête indépendante de deux années, la Commission civile conclut que les violences sexuelles et fondées sur le genre furent systématiques, généralisées et constituaient une composante intégrale des attaques du 7 octobre ainsi que de leurs conséquences. À travers de multiples lieux et différentes phases de l’assaut — y compris durant les enlèvements, les transferts et la captivité — le Hamas et ses collaborateurs ont eu recours à des actes récurrents d’abus sexuels et de torture contre leurs victimes. Ces crimes furent marqués par une cruauté extrême et une profonde souffrance humaine, souvent infligées de manière à amplifier la terreur et l’humiliation.
Ce rapport présente le dossier probatoire indépendant le plus vaste jamais constitué à ce jour concernant les crimes sexuels et fondés sur le genre commis le 7 octobre et durant la captivité qui suivit. Il s’appuie sur une documentation factuelle extensive, comprenant des témoignages originaux filmés de survivants et de témoins, des entretiens, des photographies, des vidéos, des documents officiels et d’autres matériaux primaires provenant des lieux des attaques. L’enquête a examiné des éléments provenant de multiples sites, notamment des communautés résidentielles, du festival de musique Nova et de ses environs, des routes et des abris, des bases militaires ainsi que des lieux liés à l’identification des corps des victimes. Elle a également analysé des témoignages et des preuves concernant l’enlèvement, le transfert et la captivité prolongée des otages à Gaza.
À partir de cet ensemble considérable de matériaux, la Commission a constitué des archives dédiées préservant ces éléments au sein des archives des crimes de guerre du 7 octobre de la Commission civile, un dépôt sécurisé et soigneusement structuré. Ce dossier probatoire est le fruit d’une enquête soutenue et méthodologiquement rigoureuse menée pendant deux ans. La Commission a systématiquement examiné plus de 10 000 photographies et séquences vidéo des attaques, représentant bien plus de 1 800 heures cumulées d’analyse visuelle, parallèlement à un important travail testimonial comprenant la collecte, la transcription, la traduction et le recoupement des récits de survivants et de témoins, ainsi que des visites sur les sites, des consultations d’experts et des rencontres avec les familles et les communautés touchées. Dans l’ensemble, la Commission a mené plus de 430 entretiens formels et informels, recueilli des témoignages et rencontré des survivants, des témoins, des otages libérés, des experts et des membres de familles. Tous les matériaux ont été archivés, codifiés et cartographiés selon les lieux géographiques et les temporalités, puis intégrés dans une base de données dédiée aux crimes sexuels et fondés sur le genre, constituant ainsi un sous-système structuré au sein des archives sécurisées de la Commission civile. Les analyses de données menées par la Commission révèlent que les victimes représentaient 52 nationalités différentes, soulignant la portée internationale des crimes et de leurs conséquences. La Commission a également conduit une vaste enquête en sources ouvertes, corroboré les éléments grâce à des ensembles de données géolocalisées et à des analyses interdisciplinaires d’experts, le tout conformément à des standards internationalement reconnus, notamment des pratiques centrées sur les survivants et informées par le traumatisme, guidées par le principe de « ne pas nuire ». Ce cadre méthodologique a permis à la Commission non seulement de documenter des incidents individuels, mais aussi d’identifier des schémas récurrents, de présenter un récit complet et structuré des événements et de mettre en lumière des caractéristiques opérationnelles à travers différents lieux et différentes phases de l’attaque.
Considérés dans leur ensemble, ces matériaux révèlent un tableau cohérent et structuré qui n’avait auparavant jamais pu être discerné de cette manière. Grâce au recoupement systématique de ces éléments et à une analyse détaillée du modus operandi des auteurs, la Commission a identifié treize schémas récurrents de violences sexuelles et fondées sur le genre commises dans de multiples lieux. La répétition de ces schémas démontre que ces crimes n’étaient pas des actes isolés de brutalité, mais faisaient partie d’une méthode opérationnelle plus large employée durant l’attaque et ses suites.
L’enquête documente également la manière dont les auteurs ont instrumentalisé la visibilité et la diffusion numérique comme partie intégrante de la violence elle-même, notamment en sexualisant le contenu. Des groupes armés ont enregistré des actes d’abus, d’humiliation et de meurtre, puis diffusé ces images sur les réseaux sociaux et les comptes numériques des victimes. Dans de nombreux cas, les familles ont appris le sort de leurs proches à travers des images ou des vidéos diffusées par les auteurs eux-mêmes. Cet usage délibéré des médias numériques a transformé les actes de violence en instruments de guerre psychologique dirigés non seulement contre les victimes, mais aussi contre les familles et la société dans son ensemble.
Les violences sexuelles se sont poursuivies bien au-delà des attaques elles-mêmes. Le rapport documente de manière extensive les témoignages d’otages libérés et d’autres sources démontrant que des agressions sexuelles, des humiliations sexuelles et des tortures sexualisées ont persisté durant de longues périodes de captivité à Gaza. Dans certains cas, les abus sexuels et fondés sur le genre commis contre les otages ont duré plusieurs mois.
Au-delà de la documentation des crimes individuels, le rapport identifie un schéma distinct de violence visant les membres des familles et exploitant les relations familiales comme instruments de terreur. Dans plusieurs cas documentés, des victimes furent agressées sexuellement ou humiliées en présence de proches, et dans l’un des cas documentés, des membres d’une même famille furent contraints de participer à des actes d’abus les uns contre les autres. Ces actes reflètent ce que la Commission qualifie de violence sexuelle kinocidaire — une violence délibérément conçue pour détruire la famille comme unité sociale et émotionnelle en instrumentalisant les liens entre ses membres.
Pris dans leur ensemble, les résultats de l’enquête de la Commission révèlent une attaque coordonnée dans laquelle les violences sexuelles furent utilisées pour terroriser les victimes, les familles, les communautés et la société tout entière. La conclusion est sans équivoque : les violences sexuelles et fondées sur le genre constituaient une composante centrale de l’attaque du 7 octobre et de la captivité des otages.
Sur la base de son enquête, la Commission civile conclut que ces crimes constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires au regard du droit international. En conséquence, le rapport établit une feuille de route claire pour la poursuite judiciaire des crimes commis le 7 octobre et durant la captivité. Il présente des fondements probatoires et juridiques précis pour l’enquête et la poursuite des responsables. Il souligne également la nécessité de structures de poursuite spécialisées et de cadres adaptés aux questions de genre afin de traiter efficacement ces crimes.
Ce travail porte une finalité historique plus large. En son cœur, ce rapport est un acte de documentation, de responsabilité et de mémoire. Nombre de victimes de ces crimes n’ont pas survécu pour témoigner. D’autres continuent de porter de profonds traumatismes. En préservant ces témoignages, en documentant les preuves et en analysant les schémas ainsi que les implications juridiques de ces crimes, la Commission a cherché à garantir que les souffrances endurées par les victimes ne soient ni niées, ni effacées, ni oubliées.
Ce rapport consigne les voix des survivants et des témoins. Il préserve les fondements probatoires nécessaires aux futures poursuites judiciaires. Plus encore, il affirme un principe fondamental de la justice internationale : même après les violences les plus extrêmes, la vérité doit être documentée et les souffrances des victimes reconnues.
Leurs voix, et les archives ici préservées, garantissent qu’elles ne seront plus réduites au silence.

Français

Juge Aharon Barak
Ancien président de la Cour suprême d’Israël
Le travail de la Commission civile constitue une contribution d’une importance juridique et historique considérable. Par une documentation méticuleuse, la collecte systématique des témoignages, la préservation des éléments visuels primaires et une analyse juridique rigoureuse, la Commission a établi un corpus doté d’un poids important et d’une portée durable. Un tel travail exige une rigueur intellectuelle et éthique exceptionnelle. La documentation des atrocités, et en particulier des violences sexuelles commises dans le contexte d’un conflit armé, présente de profondes difficultés. Les archives probatoires nécessitent souvent une confrontation prolongée avec des matériaux d’une brutalité extraordinaire, imposant non seulement des exigences méthodologiques, mais aussi un lourd fardeau humain et moral à ceux qui les examinent. Les preuves sont souvent fragmentaires. Les victimes sont fréquemment incapables de témoigner. Dans de nombreux cas, ceux qui auraient pu témoigner ne sont plus en vie.
Dans de telles conditions, la constitution d’archives fiables devient indispensable.
Leur fonction n’est pas judiciaire au sens formel du terme, mais elles servent néanmoins la justice de manière fondamentale : elles préservent le socle factuel sur lequel peuvent ensuite reposer les jugements juridiques, historiques et moraux.
Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les violences sexuelles et fondées sur le genre. Comme l’a depuis longtemps établi la pensée juridique de Catharine MacKinnon, les violences sexuelles en contexte de conflit ne peuvent être considérées comme accidentelles par rapport à la guerre. Dans de nombreuses situations, elles constituent l’un de ses éléments centraux. Elles deviennent un moyen de domination, d’humiliation, de déshumanisation et de terreur. Ces crimes demeurent parmi les plus difficiles à documenter. Leur structure probatoire est d’une complexité singulière. Leurs victimes se trouvent souvent dans des conditions d’extrême vulnérabilité. Leur souffrance est fréquemment obscurcie par les circonstances mêmes dans lesquelles les crimes sont commis.
Cette difficulté crée des conditions dans lesquelles le déni peut émerger avec une rapidité et une force inhabituelles.
Cette réalité était déjà visible ici. Le déni précoce de ces crimes souligne l’importance d’une documentation rigoureuse. Là où les faits sont contestés, la préservation d’archives fiables devient elle-même une condition de la justice.
L’importance de ce rapport doit également être comprise dans son contexte international plus large. Les violences sexuelles liées aux conflits ont accompagné certaines des plus grandes atrocités de l’époque moderne — en Bosnie, au Rwanda, contre la communauté yézidie, entre autres. Elles s’inscrivent dans un schéma persistant de l’histoire humaine, où le corps humain devient un instrument de violence et de guerre. Les crimes documentés ici doivent être compris à l’intérieur de ce cadre historique plus vaste.
Dans le même temps, ces crimes présentent des caractéristiques particulières d’une gravité singulière : la conjonction du meurtre, de la violence sexuelle, de la prise d’otages et de l’humiliation publique des victimes ; la documentation visuelle à grande échelle des crimes eux-mêmes ; ainsi que l’infliction délibérée de la terreur non seulement aux individus, mais aussi aux familles et aux communautés. Ces éléments confèrent à ce dossier une portée probatoire et historique particulière.
Dans mon récent avis devant la Cour internationale de Justice, j’ai observé que le génocide n’est pas seulement un terme juridique, mais un concept profondément lié à ma propre expérience de vie. Cette réflexion exprime une vérité plus vaste concernant les crimes d’atrocité : ils existent non seulement dans la doctrine juridique, mais aussi dans la mémoire humaine, dans les consciences collectives et dans les fondements moraux sur lesquels repose le droit lui-même.
L’importance de ce rapport réside donc non seulement dans ses conclusions juridiques, mais aussi dans son acte de préservation et dans la formation d’une mémoire collective.
Il ne remplace pas le processus judiciaire, et ne le peut pas. Mais il en établit le fondement nécessaire à la justice.
Prof. Aharon Barak
Ancien président de la Cour suprême d’Israël
Français

Avant-propos
Hon. Irwin Cotler
Président international du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne
Ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada
À une époque marquée par la résurgence de l’antisémitisme et l’accélération des atrocités, nous sommes témoins de l’un des chapitres les plus bouleversants de notre temps : la perpétration systématique de violences sexuelles durant le massacre barbare du 7 octobre. Cette journée n’a pas seulement marqué le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah — horreurs trop terribles pour être pleinement crues, mais non trop terribles pour avoir eu lieu — elle fut aussi une campagne calculée de terreur sexuelle destinée à punir, humilier et déshumaniser ses victimes. Ce fut une attaque contre la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus intime et de plus dévasté.
Et l’horreur ne s’est pas arrêtée au 7 octobre. Pour les otages emmenés à Gaza, les atrocités sont devenues une souffrance continue. Femmes et hommes, y compris des personnes âgées et de très jeunes enfants, ont subi des violences sexuelles répétées, des menaces de viol, des humiliations et une terreur psychologique dans des conditions de disparition forcée. Des familles furent séparées, des soins médicaux essentiels refusés, et les corps comme les esprits des otages furent instrumentalisés comme moyens de coercition et de propagande. La prise d’otages est elle-même une grave atteinte au droit international ; lorsqu’elle s’accompagne de torture sexuelle et de traitements inhumains et dégradants, elle devient un exemple emblématique de la cruauté que ce rapport cherche à documenter et à condamner.
La violence sexuelle n’était pas accessoire aux attaques du 7 octobre ; elle en constituait un élément central. Femmes et jeunes filles, et dans de nombreux cas hommes et garçons, furent soumis au viol, à des tortures sexualisées, à des mutilations, à la nudité forcée et à la profanation des corps. Des parents furent assassinés devant leurs enfants ; des frères et sœurs agressés sous les yeux les uns des autres ; des victimes dénudées, violées, filmées et exhibées. Il ne s’agissait pas de crimes de passion : ces actes furent coordonnés et orchestrés afin d’accroître encore la cruauté des crimes, qui étaient de nature sexuelle.
Ce rapport est un témoignage pour ceux qui ont enduré l’insoutenable et pour ceux qui n’ont pas survécu pour raconter leur histoire. Il nomme le crime que le monde a tenté de nier, ne minimise aucune victime et place la justice au centre. C’est un rapport enraciné dans les voix des victimes, des survivants, des témoins et des premiers intervenants, et fondé sur le droit. Il rassemble les preuves d’un crime d’une telle brutalité que le langage lui-même peine à le contenir, nous rappelant la description de Churchill du génocide comme d’un « crime sans nom ».
Depuis plus de cinq décennies, j’ai cherché à poursuivre la justice pour les victimes d’atrocités de masse : dans les tribunaux, au Parlement et aux Nations unies. J’ai appris que les atrocités ne commencent pas avec la machine du meurtre ; elles commencent avec la machine de l’indifférence, du déni et de l’impunité. L’échec à croire les victimes est en lui-même une forme d’injustice. Dans les mois qui ont suivi le 7 octobre, cet échec s’est répété avec une rapidité alarmante : réduction au silence des témoignages, politisation des violences sexuelles, inversion grotesque dans laquelle les auteurs furent valorisés tandis que les survivants étaient couverts de honte et réduits au silence.
Les survivants du 7 octobre ont déjà porté l’insupportable. Il appartient désormais à la communauté internationale — juristes, parlementaires, responsables politiques et société civile — d’assumer la responsabilité de poursuivre la justice. Cette justice doit être rapide, centrée sur les survivants et ancrée dans les cadres du droit international, notamment le Statut de Rome, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, ainsi que la jurisprudence des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie.
Ce n’est pas seulement le crime qui doit être condamné, mais aussi le déni qui lui succède. Comme l’enseignait Elie Wiesel : « Le silence face au mal est une complicité avec le mal lui-même. » Ce rapport est donc à la fois une archive et un appel à l’action. Il honore ceux dont il recueille les témoignages et ceux dont les voix furent réduites au silence. Sa valeur réside non seulement dans sa documentation, mais aussi dans l’usage qui en sera fait, notamment par les procureurs, les législateurs, les chercheurs et les défenseurs engagés à faire en sorte que les atrocités sexuelles du 7 octobre ne soient ni oubliées, ni niées, ni laissées sans réponse.
Hon. Irwin Cotler
Président international du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne
Ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada
Français

« Même après qu’une personne les a toutes accomplies, si les bons traits de caractère ne sont pas encore devenus pleinement acquis en elle comme une seconde nature — au point qu’elle accomplisse les 613 commandements avec joie et amour, sans absolument aucune lutte contre le mauvais penchant, parce que sa nature matérielle est devenue entièrement purifiée — alors elle n’a pas encore atteint le niveau de la chassidout parfaite. » (Chaaré Qedoucha - 'Haïm Vital)

Français

"Even after a person has fulfilled them all, if the good character traits have not yet become fully acquired within him as second nature — such that he fulfills the 613 commandments with joy and love, without any struggle whatsoever against the evil inclination, because his material nature has become entirely purified — then he has not yet reached the level of complete chassidus." (Shaarei Kedushas - Chaim Vital)

English

Préface
Dr. Cochav Elkayam-Levy
Fondatrice et présidente de la Commission civile sur les crimes du 7 octobre commis par le Hamas contre les femmes et les enfants
Il est des moments dans l’histoire qui brisent l’ordre moral à travers lequel les sociétés définissent leur propre humanité. Des moments qui ne se contentent pas de détruire des vies : ils ébranlent jusqu’aux frontières mêmes par lesquelles l’être humain se comprend lui-même.
Le 7 octobre 2023 fut un tel moment.
Aux premières heures de cette matinée, des communautés entières furent dévastées. Des milliers de civils — femmes, hommes, enfants, personnes âgées et personnes en situation de handicap — furent attaqués dans leurs maisons, sur les routes, dans des abris et dans des lieux de refuge. Ils furent traqués, exécutés, torturés, brûlés vifs, mutilés, victimes de violences sexuelles et pris en otage dans des actes d’une brutalité extrême.
Les auteurs de ces crimes ne cherchèrent pas à les dissimuler — ils les glorifièrent. Ils les filmèrent et les diffusèrent en temps réel, transformant leur violence en spectacle et la souffrance humaine en instrument de terreur. Durant les longs mois de captivité qui suivirent, les familles des otages, ainsi qu’une nation entière, furent plongées dans l’angoisse à travers les images et vidéos de leurs souffrances. Ces images visaient à s’imprimer dans la conscience publique. La visibilité elle-même devint une arme, et le public faisait, douloureusement, partie du plan.
Ainsi, cette violence fut conçue pour survivre à l’attaque elle-même et se répercuter à travers les familles, les communautés, les frontières et les générations. Son objectif dépassait la destruction physique : il s’agissait de produire humiliation et traumatisme psychologique durable.
Mais si ces atrocités ont brisé les limites de ce que nous pensions possible, ce qui suivit révéla une autre fracture : la fragilité de la reconnaissance face aux violences sexuelles, ainsi que le combat persistant des victimes pour être crues.
Pour les victimes de violences sexuelles, la reconnaissance est indissociable de la possibilité même de justice. Elle n’est jamais purement symbolique : elle constitue une étape nécessaire dans le processus de guérison et dans la restauration de la dignité.
En ce sens, le 7 octobre, tant de personnes furent réduites au silence pour toujours et laissées dépendantes de la volonté d’autrui de témoigner de ce qu’elles avaient subi et de poursuivre la justice en leur nom.
Ce fardeau se révéla extraordinairement lourd.
Les documents et témoignages sont presque insoutenables dans leur brutalité. Leur violence extrême rendait l’acte même de témoigner douloureux et mettait notre travail quotidien à rude épreuve. Pourtant, nous savions que cette cruauté et cette ampleur rendaient également ces crimes plus difficiles à comprendre et plus difficiles encore à croire. Face au déni, à la déformation, à l’incrédulité, à l’hostilité et aux tentatives de minimiser ces atrocités, nous nous sommes sentis liés par une profonde obligation morale de poursuivre notre travail — afin que les victimes soient crues, que les archives historiques ne puissent être effacées et que ni le silence ni les motivations politiques ne déterminent ce dont le monde se souviendra.
Ce rapport, ainsi que les archives historiques qu’il reflète, sont nés dans cette rupture, dans cet espace situé entre l’atrocité et le déni.
Depuis plus de deux ans, la Commission civile mène le travail minutieux de documentation, de préservation et d’analyse des crimes commis le 7 octobre et contre les otages en captivité. Ce qui commença comme une urgence morale devint un travail rigoureux sur les plans juridique, historique et probatoire.
Guidée par des méthodologies internationalement reconnues pour documenter les crimes de guerre et les violences sexuelles, la Commission a recueilli des témoignages, préservé des preuves visuelles et mené des analyses approfondies dans de multiples lieux et contextes. Nous avons accompli ce travail avec la conviction que les violences sexuelles et fondées sur le genre, sous toutes leurs formes, doivent être affrontées plutôt que reléguées dans l’histoire comme quelque chose de trop douloureux à se rappeler ou de trop difficile à regarder en face aujourd’hui.
Les schémas mis en lumière dans ce rapport indiquent que les violences sexuelles et fondées sur le genre constituaient une stratégie du Hamas et une composante intégrale des attaques du 7 octobre. Nos conclusions démontrent qu’il s’agissait d’une tactique délibérée au sein de l’architecture plus vaste de la terreur infligée aux victimes et aux otages.
Le travail de la Commission a également permis d’identifier un autre schéma distinct, insuffisamment théorisé dans le droit : le ciblage systématique des familles comme espace à travers lequel la violence est amplifiée et la terreur approfondie.
Nous conceptualisons ce schéma comme un « kinocide » : la torture délibérée et systématique des familles et l’instrumentalisation des liens familiaux par la destruction et l’exploitation des relations familiales afin de maximiser la souffrance. Dans le contexte de ce rapport, cela inclut ce que je suggère d’appeler la violence sexuelle kinocidaire : une violence sexuelle infligée stratégiquement au sein du cadre familial afin d’exploiter les liens de soin, de dépendance et d’attachement. La violence sexuelle kinocidaire instrumentalise la vulnérabilité relationnelle, étend le préjudice bien au-delà de la victime immédiate et transforme la famille elle-même en un lieu de traumatisme accumulé et de dévastation collective.
En nommant ce phénomène, nous contribuons à l’évolution de la compréhension juridique de la manière dont l’atrocité agit à travers les liens humains, et de la façon dont les familles elles-mêmes deviennent des cibles des crimes d’atrocité.
En vérité, documenter l’atrocité, c’est se tenir sur le seuil entre le mal et la mémoire. En ce sens, le travail de documentation n’a jamais été seulement probatoire. Il était aussi réparateur et faisait partie du processus moral par lequel la souffrance est reconnue et la dignité commence — même imparfaitement — à être restaurée. Cela exigeait de pénétrer, encore et encore, dans les profondeurs les plus sombres de la souffrance humaine afin de garantir que ceux qui furent réduits au silence ne soient ni oubliés ni ignorés. Pour les survivants et pour les familles, savoir que ce qui s’est produit a été vu, cru, écrit et préservé pour les générations à venir revêt une importance immense.
La reconnaissance ne peut effacer la violence, mais elle restaure quelque chose d’essentiel : les conditions mêmes dans lesquelles la justice devient possible. Elle restaure la foi dans notre humanité commune et affirme que ce qui a été subi compte — que cela sera mémorisé et que la vérité de ce qui s’est produit perdurera.
Rien ne pourra apporter de réconfort à ceux qui ont souffert des atrocités du 7 octobre, mais ce rapport garantit que leurs voix et leurs histoires seront portées au monde.
Les sociétés sont jugées selon les vérités qu’elles acceptent d’affronter. Ce rapport participe de ce choix : un refus de détourner le regard et l’exigence que ce qui s’est produit le 7 octobre, ainsi qu’en captivité par la suite, soit transmis non comme un simple épisode historique, mais comme une exigence persistante de justice. Ce travail inscrit des faits qui réclament d’être reconnus devant l’histoire, devant les institutions du droit, de la responsabilité et de la mémoire collective.
Enfin, ce rapport s’inscrit dans une lutte historique et juridique beaucoup plus longue. À travers les époques, les géographies et les générations, la violence sexuelle a été utilisée comme un instrument de guerre. La pensée juridique féministe a transformé la compréhension juridique de ces crimes en révélant ce que le droit n’avait trop souvent pas reconnu : la violence sexuelle n’est pas accidentelle dans les conflits, mais fait partie intégrante de leur conception et de leurs méthodes d’organisation. Elle a longtemps servi dans des campagnes de persécution, de déplacement forcé, de destruction ethnique et, parfois, de génocide lui-même. Trop souvent, les violences sexuelles et fondées sur le genre fonctionnent comme un moyen politique et social à travers lequel le pouvoir s’affirme et la destruction des groupes s’accomplit. Elles doivent donc être comprises non comme marginales dans les atrocités, mais comme l’une de leurs méthodes constitutives.
C’est précisément cette reconnaissance de la violence sexuelle comme phénomène structurel et systématique qui révèle les limites du droit. Aucune procédure judiciaire, aussi importante soit-elle, ne pourra jamais entièrement saisir ou représenter toute l’ampleur morale et historique des crimes commis. Par nature, le droit ne peut pleinement refléter la totalité de la souffrance humaine causée par l’atrocité ni toute l’étendue de la dévastation humaine.
C’est dans — et à cause de — ces limites que le présent rapport trouve sa signification particulière. Il préserve ce que le droit seul ne peut préserver. Il révèle l’étendue et la profondeur des violences infligées aux victimes. Fondé sur les archives de crimes de guerre de la Commission, il garantit que ce qui dépasse la portée de toute procédure soit néanmoins inscrit dans les archives historiques.
Ce qui doit venir maintenant n’est pas seulement le souvenir, mais une responsabilité : poursuivre la justice, réparer ce qui peut encore l’être et veiller à ce que ces crimes ne disparaissent pas dans l’érosion ordinaire du temps.
Nous ne pourrons empêcher de futures atrocités si nous les ignorons, les nions, les relativisons ou détournons le regard. Et nous ne pourrons commencer à prévenir ce que nous ne connaissons pas — ou refusons de comprendre pleinement.
Puisse la vérité de ce qui a été commis demeurer dans les archives de l’humanité, interpeller le droit et la conscience, et soutenir l’effort long et nécessaire visant à rechercher la justice, affronter une telle violence et empêcher son retour.
Dr. Cochav Elkayam-Levy
Fondatrice et présidente de la Commission civile sur les crimes du 7 octobre commis par le Hamas contre les femmes et les enfants
Français

We’re working on something new, something that hasn’t been done before.
@MartinSellner_ and I have joined forces on a project that will unite patriots across Europe.
In just 18 days, I’ll unveil it at @RESUM26. Stay tuned.
English

@RubinReport David, you're work is terrific. We need people like you here en Eretz Israel. You said it many times: you don't live only for clicks and money. So... what are you waiting? Your Land is waiting for you!
English

Something I’ve been thinking a lot about lately…
As you get older in life (I’m turning 50 next month), the more you realize that some of the only things you can actually control are your words and your integrity. That’s why I left legacy media and went independent years ago. I built my own home studio from scratch, and launched a subscription platform (Locals) so I could control my own destiny.
The relationship I’ve forged over the past 13 years with you, my audience, is a genuine two-way street. You support the show, and I don’t bullshit you in return.
I’m not perfect. I don’t get everything right. I’ve made wrong predictions, missed things, and even have had to correct myself live on air. (Which for some reason I actually enjoy doing.) But you always know I’m saying what I actually believe. Nobody talking in my ear, no focus-grouping my opinions, no testing which take will get the most clicks before I say it.
This may sound crazy, but it’s the truth…I actually have no desire for more clicks, more fame, or more notoriety. If they come because I’m doing good work, fine. But I’m not chasing them. I’m chasing the ideas that will help keep America prosperous and successful. That’s the unspoken deal we’ve had from day one.
Now contrast that with the grifters like Tucker Carlson and Megyn Kelly. Both of them wrote blurbs for my books. Megyn even called me for advice when she went independent. Asking me how to build a studio, assemble a team, and how to do it right. Tucker walked into my home studio years ago and said I was living his dream.
Yet here we are: Tucker gets caught in flat-out lies over and over again and just keeps doing it, doubling down like you won’t notice. Megyn betraying every principle she once claimed to stand for and throwing old friends under the bus for clicks.
They don’t care about you their audiences at all. You’re just a product to them.
In this online ecosystem we’re all easily replaceable. There are a thousand voices competing for your attention and eyeballs. So why keep giving your time and support to people who repeatedly insult your intelligence by lying to your face? Or to people who change their opinions based on which way the wind is blowing.
If you want honesty, even when it’s messy, you’ll always know where to find me.
And if fail you, you can always unsubscribe, and I'll just move on to my next career as an NBA player.
English

@Corleone040480 Pour une fois, on le comprend clairement !
Français

#Insolite
Finalement je préfère les discours de Jean Luc Mélenchon quand ils sont générés par l'IA !!!
J'ai même fait la traduction en arabe , j'espère ne pas avoir fait trop de fautes 😂😂😂
Français






