
Ousmane Sonko a parlé comme un bon souverainiste
La déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko affirmant que Donald Trump n’est pas un homme de paix mais un homme de déstabilisation du monde n’est ni une dérive ni une provocation.
C’est une position lucide et souveraine. D’ailleurs, cette lecture n’est pas isolée. Au sein même de l’OTAN, plusieurs grandes puissances ont exprimé leurs réserves face à certaines logiques d’escalade : France, Allemagne, Espagne, Canada — autant de pays alliés des États-Unis qui, à plusieurs reprises, ont marqué leur prudence, voire leur refus, face à des dynamiques militaires jugées risquées pour la stabilité mondiale.
Cela signifie une chose simple : même parmi les alliés les plus proches de Washington, le débat existe.
Et ce débat existe aussi au cœur même de la société américaine.
Des figures politiques, y compris au sein du camp conservateur, comme J. D. Vance ou encore Marjorie Taylor Greene, ont exprimé leurs désaccords face à des perspectives d’engagement militaire.
Des anciens responsables militaires, des analystes, des citoyens ordinaires — le mouvement MAGA lui-même — ont parfois manifesté leur rejet de nouvelles guerres extérieures.
Dès lors, une question s’impose :
Pourquoi serait-il interdit aux Africains de dire ce que même des Américains disent ?
Pourquoi la vérité serait-elle acceptable à Washington, mais condamnable à Dakar ?
De quoi avons-nous peur ?
De notre souveraineté ?
De notre liberté d’analyse ?
Ou sommes-nous encore prisonniers d’un réflexe de dépendance hérité du passé ?
Nous ne sommes plus colonisés depuis 1960.
Et pourtant, certains silences traduisent encore une forme d’autocensure.
Nous avons vécu sans certaines présences étrangères.
Nous continuerons de vivre sans dépendre exclusivement de la sécurité d’autrui.
Le Japon s’est relevé avec discipline.
La Chine s’est imposée avec stratégie.
Pourquoi pas l’Afrique ?
Nous avons tout :
la jeunesse, les ressources, l’énergie, l’intelligence.
Ce qui nous manque, ce n’est pas la capacité.
C’est la décision d’assumer pleinement notre destin.
La souveraineté ne se quémande pas.
Elle se construit.
Elle se défend.
Elle s’assume.
Et parfois, elle commence par un acte simple : dire la vérité.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a eu ce courage.
Celui d’exprimer un sentiment largement partagé — y compris par des citoyens américains eux-mêmes.
Il n’a pas flanché.
Il a parlé avec responsabilité.
Soutenir cette position, ce n’est pas rompre avec un partenaire.
C’est refuser l’alignement automatique.
C’est exiger le respect mutuel.
Car au fond, la véritable menace n’est pas la parole libre. La véritable menace, c’est le silence face aux déséquilibres du monde.
Le Sénégal a choisi de se tenir debout.
Et cela commence par une chose essentielle : la vérité.
Dr Ismaila diallo
Depute, premier vice president de l’AN
@SonkoOfficiel

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