
Yassin Kombi
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Yassin Kombi
@KadimaYassin
Journaliste | @Reuters | @jeuneAfrique | @BBC | Étudiant au @Cesti


Le bidon. Le bassin bleu, mais pas que… Juillet 2019. Je suis à Beni pour couvrir la riposte Ebola. Ce geste, se laver les mains, est devenu un réflexe. Un passage obligé avant d’entrer, en sortant, à chaque étape. À l’époque, les équipes se battaient contre quelque chose d’aussi puissant que le virus lui-même : la méfiance. Nene était commerçante. Elle achetait ses marchandises à Kasindi, à la frontière ougandaise, et les revendait à Beni. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde parlait d’Ebola et personne des tueries. « Si seulement vous suiviez les attaques des ADF à la loupe, comme vous le faites pour Ebola, nous serions déjà sécurisés depuis longtemps. » À côté d’elle, Jeannette vendait des chaussures. « Pourquoi vous ne vous préoccupez que d’Ebola ? On nous tue avec les balles et vous également, vous nous tuez avec cette maladie. » Sept ans ont passé. Cette fois à Mongwalu, en Ituri, des jeunes posent les mêmes questions. Tedros Adhanom Ghebreyesus leur répond dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui, adressée au peuple de l’Ituri. Il écrit en swahili, en lingala, et en français. “Jambo kwenu wakahaji wa Ituri. Mbote na bino, bato ya Ituri.” Il commence par là. Pas par les chiffres. Pas par les protocoles. Il dit qu’il connaît cette région. Qu’entre 2018 et 2020, il s’est rendu quatorze fois au Nord-Kivu. Qu’il a été aux côtés des familles qui avaient perdu leurs proches. Qu’il a rencontré des soignants qui risquaient leur vie chaque jour. Et qu’à Beni, des gens lui ont donné un nom. Paluku. « Je porte ce nom avec fierté. » Au sujet de la méfiance. « La confiance doit se gagner, elle ne peut pas être supposée. Nous n’avons pas toujours fait les choses correctement. Mais je vous promets que nous sommes ici pour apprendre autant que pour aider. » Sur Ebola Bundibugyo… « La plupart des épidémies d’Ebola précédentes en RDC étaient causées par le virus Ebola Zaïre, pour lequel nous disposons de vaccins et de traitements. Cette épidémie est causée par un virus différent. Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement approuvé contre ce virus. » Puis il dit quelque chose que peu de responsables institutionnels disent. « Des gens meurent d’Ebola alors qu’ils n’ont pas à mourir. Aucune cause, aucun conflit ne vaut la peine de condamner des innocents à mourir d’une maladie évitable. » C’est pourquoi il appelle à un cessez-le-feu. « Même brièvement. Même juste assez pour laisser passer les agents de santé. » Et il annonce qu’il vient à Bunia. « Je ne gérerai pas cela depuis un bureau confortable loin de vous. » À Beni en 2019, Natacha disait : « Nous en avons vraiment assez. » À Mongwalu en 2026, les mêmes mots circulent. Le bidon. Le bassin bleu, mais pas que.. PL


Un patient suspect décède ce matin à l'hôpital général de Rwampara. Sa famille veut récupérer le corps. Le personnel médical tente de dissuader, sans succès. Six patients, 3 confirmés et 3 suspects, profitent de la confusion pour fuir. Les tentes et le matériel d'Alima sont incendiés. Le personnel est protégé par les militaires. La police tente de contenir la situation. C'est exactement le scénario que les équipes de riposte redoutent : la défiance communautaire, les fuites, un corps non sécurisé. Chaque contact avec une dépouille Ebola est une nouvelle chaîne de transmission possible. PL


















