Marine Tondelier@marinetondelier
Réaction au second tour des élections municipales.
00h30 : Je suis rentrĂ©e au siĂšge des Ăcologistes aprĂšs une soirĂ©e passĂ©e sur les plateaux TV, oĂč chaque parti a comme je mây attendais revendiquĂ© ses victoires - il nây aurait globalement que des gagnants ce soir !
PassĂ©e la tension dâune soirĂ©e Ă cent Ă lâheure, quel premier bilan tirer de ce second tour des Ă©lections municipales ?
Lâensemble me parait confus. Beaucoup de villes ont changĂ© de main. Dans un sens comme dans lâautre. Mais dans des configurations souvent trĂšs diverses, avec des analyses souvent bien diffĂ©rentes Ă en tirer... Et si la tentation est grande de tout lire Ă lâaune des enjeux nationaux, jâavoue ĂȘtre assez fascinĂ©e par celles et ceux qui sortent de ces municipales avec une seule clef de lecture et dâanalyse qui expliquerait tout en gĂ©nĂ©ral et le rĂ©sultat de chaque ville en particulier : la leur.
Sâil faut se garder de toute analyse Ă lâemporte-piĂšce, voici quelques enseignements ou motifs de fiertĂ© que je tire de la sĂ©quence. De maniĂšre forcĂ©ment partielle et imparfaite au fil dâune nuit sans sommeil. Nous aurons de toute maniĂšre lâoccasion de revenir plus posĂ©ment sur tout cela dans les semaines qui viennent.
Lâangle mort : lâabstention
Tout dâabord, nous nâavons pas assez insistĂ© sur lâabstention record pour des Ă©lections municipales, moi la premiĂšre. Le format de ce genre de soirĂ©e sây prĂȘte peu et câest pourquoi jâai souhaitĂ© Ă©crire cet article en rentrant. Une participation de 57 %, câest 5 points de moins par rapport Ă 2014 si je mets 2020 et lâeffet Covid-19 Ă part.
On peut tourner les rĂ©sultats dans tous les sens : quand prĂšs dâun Ă©lecteur sur deux ne vote pas, mĂȘme les victoires ont un goĂ»t amer.
RĂ©forme gouvernementale âParis-Lyon-Marseilleâ : le retour de boomerang
La victoire est Ă©clatante Ă Paris, Lyon et Marseille, que la droite a pourtant tout fait pour conquĂ©rir en rĂ©formant le mode de scrutin au forceps Ă un an de lâĂ©lection.
Un retour de karma savoureux pour ce que nous avons toujours dĂ©noncĂ© comme une manĆuvre Ă©lectorale indigne taillĂ©e sur mesure pour complaire aux dĂ©sirs de Rachida Dati.
Les Ăcologistes ont jouĂ© un rĂŽle central dans ces victoires, par leur choix dâalliance dĂšs le premier tour qui a permis Ă Emmanuel GrĂ©goire et BenoĂźt Payan de rĂ©aliser un score trĂšs solide le 15 mars, et bien sĂ»r Ă Lyon, oĂč je salue lâexceptionnelle remontada de GrĂ©gory Doucet et de ses Ă©quipes. Jean-Michel Aulas Ă©tait donnĂ© Ă 47 % au premier tour il y a encore quelques mois, les Ăcologistes Ă 23 %. Tout le monde nous disait que c'Ă©tait impossible⊠Et GrĂ©gory Doucet et son Ă©quipe lâont fait ! Peu de monde y croyait il y a encore quelques jours. Quâils sachent que leur dĂ©monstration de combativitĂ© fait notre fiertĂ©.
La gauche rĂ©siste mieux quâannoncĂ©
En dehors de Paris, Lyon et Marseille, les bons scores de premier tour ont globalement prĂ©servĂ© les sortants au deuxiĂšme, et lâunion de la gauche et des Ă©cologistes Ă laquelle nous avons contribuĂ© sur tous les territoires peut revendiquer de belles victoires collectives sur la droite, Ă NĂźmes, Amiens, Saint-Etienne, Villepinte, Pau, Agen, Aubervilliers⊠Des villes qui nâauraient certainement pas basculĂ© sans cela.
Mes fĂ©licitations aux maires de gauche et Ă©cologistes nouvellement Ă©lus et Ă leurs Ă©quipes. Ces victoires, vous ĂȘtes allĂ©s les chercher loin et dans un contexte pas simple. Nous ne vous en remercierons jamais assez.
2026 : le miroir inversé de 2024
Mais il faut lâavouer : quelque chose Ă dysfonctionnĂ© Ă plein tubes dans cet entre deux tours. Et ce double piĂšge qui sâest refermĂ© sur nous tire ses racines de la campagne de premier tour et de la guerre que la gauche mĂšne Ă la gauche depuis des mois.
En 2024, avec le NFP, nous avions rĂ©ussi Ă aller chercher une victoire que tout le monde considĂ©rait impossible, en crĂ©ant lâune des plus belles surprises de ma vie politique.
Comment ? Par une belle campagne, collective, qui donnait envie, de lâespoir, notamment Ă des Français de gauche qui nâallaient plus voter.
Et pendant ces municipales ? Globalement, nous avons fait lâinverse.
La campagne, qui aurait dĂ» se faire autour des projets de transformation pour nos villes, sâest cristallisĂ©e sur les outrances des uns et des autres, les tirs croisĂ©s et la question des alliances, pour le plus grand plaisir de la droite et de lâextrĂȘme droite, rassemblĂ©es sur une ligne anti-sociale et anti-Ă©colo.
Alors que sâest-il passĂ© ?
En faisant des Ă©lections municipales lâantichambre de lâĂ©lection prĂ©sidentielle, la gauche a Ă©tĂ© toxique pour elle-mĂȘme durant cette campagne. Nous, Ă©cologistes, avons refusĂ© de nous prĂȘter Ă ce jeu-lĂ . Merci Ă tous les militants qui ont tenu cette ligne sans perdre leur boussole.
Alors certes, cela permet aux uns et aux autres de revendiquer telle ou telle victoire, en passant par ailleurs trĂšs rapidement sur ses Ă©checs : la France Insoumise perd les deux principales villes quâelle gĂ©rait depuis 2020, Faches-Thumesnil prĂšs de Lille et Grabels prĂšs de Montpellier, et Ă©choue Ă gagner Limoges et Toulouse qui leur tendaient les bras aprĂšs de trĂšs beaux scores au premier tour, elle ne conquiert in fine aucune ville sur la droite. Le Parti socialiste perd Brest, Alençon, Clermont-Ferrand, Avignon, Tulle, le fief de François Hollande⊠Et Ă©chec collectif : 14 villes du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais passent ou restent aux mains du Rassemblement national. HĂ©nin-Beaumont, Bruay-la-BuissiĂšre, Loison-sous-Lens, Harnes, Drocourt, Marles-les-Mines et Houdain dĂšs le premier tour. LiĂ©vin, 30 000 habitants, socialiste depuis 1912, mais aussi Oignies, Billy-Montigny, Grenay, Courcelles-lĂšs-Lens, Lillers au deuxiĂšme tour. Ce nâest pas le seul territoire concernĂ© par ce genre de raz-de-marĂ©e que tout le monde voyait venir. Mais il se trouve que câest lĂ oĂč je suis nĂ©e et que jâhabite. Et que quasiment personne nâen a parlĂ© sur les plateaux tĂ©lĂ©, comme si les grandes villes Ă©taient la France⊠Ironie du sort : câest en partie pour cette raison que ces territoires multiplient les signaux dâalerte, de dĂ©sespoir, de colĂšre.
Mais quâimporte : les reprĂ©sentants de ces deux formations se sont empressĂ©s hier soir de revendiquer chacun une victoire globale plus belle que celle de lâautre. Comme sâil fallait se rĂ©jouir dâĂȘtre les rois du cimetiĂšre alors que cette double stratĂ©gie nous emmĂšne tous dans le mur.
Ce que nous craignions sâest rĂ©alisĂ©
Les Ăcologistes ont dĂ» faire face, souvent impuissants, que ce soit localement ou nationalement, aux propos de âresponsablesâ (lâironie du termeâŠ) politiques de notre propre camp qui ont prĂ©fĂ©rĂ© miser sur la politique de terre brĂ»lĂ©e ou rejouer un Ă©niĂšme congrĂšs plutĂŽt que de faire gagner la gauche. Et cela aura des consĂ©quences dramatiques pour celles et ceux que nous sommes censĂ©s dĂ©fendre !
Jâavais eu lâoccasion fin fĂ©vrier sur France Inter de mâen inquiĂ©ter haut et fort. Si jâavais qualifiĂ© ce matin-lĂ Jean-Luc MĂ©lenchon et François Hollande de âtontons flingueurs de la gaucheâ, câest que je voyais bien leur partition en train de sâĂ©crire Ă quatre mains.
Jean-Luc MĂ©lenchon a ponctuĂ© la campagne municipales de ce que je refuse de qualifier de âdĂ©rapagesâ car cela serait supposer quâil ne le fait pas exprĂšs. Il Ă©crit ce matin sur son blog quâ âune longue diabolisation diffamante a Ă©tĂ© orchestrĂ©e contre les Insoumisâ. En passant sous silence quâil y a totalement prĂȘtĂ© le flanc et tout son mouvement avec lui. Dâun autre cĂŽtĂ©, les opposants socialistes dâOlivier Faure, ceux qui ont créé une dĂ©ception dont nous ne sommes toujours pas remis lors du mandat de 2012, nâont eu de cesse de rĂ©pĂ©ter que plus jamais nous ne travaillerions ensemble. Conjointement, ces deux stratĂ©gies ont eu un effet : rendre la victoire impossible sur de nombreux territoires qui auraient dĂ» basculer.
Il y a quelques jours, je rĂ©sumais ainsi les choses dans LibĂ©ration : âIl y a un double piĂšge. Jean-Luc MĂ©lenchon ne veut pas que la gauche gagne ces Ă©lections municipales. Lui nâa pas beaucoup de villes en jeu, mais il veut pouvoir dire que les socialistes et les Ă©cologistes en ont perdu [et quâil est le seul Ă gagner des villes], donc il a cherchĂ© Ă rendre les alliances impossibles, Ă faire en sorte quâon soit en situation de les refuser comme Ă Paris et Marseille oĂč ses candidats ont passĂ© leur campagne Ă insulter les candidats socialistes. Le deuxiĂšme piĂšge, câest celui de la droite, qui en a fait son angle principal pour nous attaquer et se frottait les mains dâavance en pensant quâon ne fusionnerait pas et quâon les laisserait gagner. LĂ oĂč câĂ©tait nĂ©cessaire et possible, nous avons dĂ©jouĂ© ces deux piĂšges. Jâaffirme et assume que dans la sĂ©quence, François Hollande et les opposants dâOlivier Faure sont un peu les idiots utiles de Jean-Luc MĂ©lenchon et inversement. Il y a une compĂ©tition entre les tontons flingueurs de la gauche non pas pour faire gagner la gauche, mais pour ĂȘtre les rois du cimetiĂšre. Câest dĂ©plorable.â
La victoire de la théorie des gauches irréconciliables ?
Evidemment que la théorie des gauches irréconciliables, co-construite par la FI et une partie du parti socialiste, nous conduit dans une impasse.
Certains se sont vantĂ©s sur les plateaux quâelle avait gagnĂ© ce soir. Et câest en partie vrai, dans certaines villes. Mais quand cette thĂ©orie gagne, câest la gauche qui perd. Faut-il sâen rĂ©jouir ?
Par ailleurs, faire comme si tel ou tel maire socialiste sortant Ă©tait plus hĂ©roĂŻque que tel ou tel autre parce quâil aurait gagnĂ© sans fusion, câest oublier un Ă©lĂ©ment majeur : certains ont surtout le privilĂšge dâĂȘtre Ă©lus dans des territoires de gauche depuis des dĂ©cennies oĂč Ă aucun moment ils nâont Ă©tĂ© mis en danger.
Il y a ainsi quelque chose de malhonnĂȘte intellectuellement Ă diviser les candidats en deux camps : les purs qui auraient refusĂ© la fusion, et les compromis qui lâauraient acceptĂ©e. Personne nâa le monopole des valeurs. Et Ă vouloir Ă tout prix prĂ©tendre ĂȘtre au-dessus de la mĂȘlĂ©e, jâaffirme que certains finissent par ĂȘtre hors sol.
Voir des personnalitĂ©s de gauche savonner la planche de maires et de candidats de gauche alors quâils pouvaient prĂ©server les habitants de leur ville de politiques de rĂ©gression sociale et environnementale est une aberration. Je ne mây ferai jamais.
Car il sâagit de la vie quotidienne, concrĂšte, de centaines de milliers de Françaises et de Français pour lesquels une politique de gauche ou une politique de droite, ça change tout. Ă Brest, la droite lâa emportĂ© face Ă François Cuillandre, proche de François Hollande. Cette mĂȘme droite qui fait la chasse aux allocataires du RSA au dĂ©partement, parce quâils ont gagnĂ© 30 balles au Keno et quâon leur demande des justificatifs improbables. Qui va les protĂ©ger dĂ©sormais ?
Je pense que la fusion avec la FI Ă©tait la derniĂšre chose dont il avait envie. Enfin plus exactement lâavant-derniĂšre. Car en tant que PrĂ©sident du CCAS, il sait pertinemment ce que cette bascule signifie pour les plus vulnĂ©rables de sa ville.
Faut-il blĂąmer Johanna Rolland et GrĂ©gory Doucet dâavoir fait les bons choix stratĂ©giques pour Ă©viter la mĂȘme chose Ă leurs concitoyens (respectivement 325 000 et 520 000 habitants) ? Evidemment que non.
Est-ce que les personnes qui ont tiré à boulet rouge sur ses alliances toute la semaine ont une responsabilité dans la prophétie autoréalisatrice de la perte de certaines villes ? Il est pour moi évident que oui.
Dans une pĂ©riode politique dâune grande confusion, qui dĂ©boussole les Français quand elle ne les dĂ©goĂ»te pas, la gauche devrait sâintĂ©resser et parler un peu plus aux Français qu'Ă elle-mĂȘme.
Car la thĂ©orie des gauches irrĂ©conciliables rend non seulement les unions moins porteuses, mais elle conduit Ă une rupture avec une partie importante des Français. Ă force de ne se parler quâĂ nous-mĂȘmes et de nous-mĂȘmes, la relation se rompt. Et le double pĂ©ril de lâextrĂȘme droite et de lâunion des droite se renforce.
Je lâai bien vu sur les plateaux ce soir. Je les ai Ă©coutĂ©s attentivement.
Pour 2027, jâen fais le serment : nous ne les laisserons pas faire.
Pour les Ăcologistes : des reculs, de nouvelles conquĂȘtes et des enseignements
2020 Ă©tait un scrutin exceptionnel pour les Ăcologistes. Nous savions quâen ayant gagnĂ© beaucoup de villes il y a 6 ans, nous courrions le risque dâen perdre.
Aujourdâhui, nous connaissons des dĂ©faites, tout en rĂ©ussissant Ă conserver de grandes villes comme Grenoble, Tours et Lyon, trois villes que beaucoup nous ont prĂ©dit perdues tout au long de la campagne.
Je suis évidemment déçue pour nos villes perdues, parfois à trÚs peu de voix (comme à Bordeaux), et celles qui nous ont échappé de peu comme à Fécamp (47 voix). Je suis surtout inquiÚte pour les habitants les plus vulnérables.
Les mandats de nos maires ont Ă©tĂ© des mandats de transformation, et je souhaite saluer chacun dâentre eux et chacune dâentre elles pour le travail extraordinaire quâils ont abattu dans des contextes dâadversitĂ©, au cours de mandats qui ont commencĂ© par une crise sanitaire historique et se sont prolongĂ©s par des baisses de moyens sans prĂ©cĂ©dents qui les ont laissĂ©s en premiĂšre ligne du retrait de lâĂtat.
Je pense Ă tous les Ă©lus qui ont travaillĂ© dur pendant ce mandat, quâils aient Ă©tĂ© réélus ou non, et Ă nos militants qui ont tout donnĂ© pendant cette campagne. Jâai eu lâoccasion de voir leur engagement sans faille sur le terrain, lors de mes nombreux dĂ©placements depuis janvier (52 !) : leur abnĂ©gation a Ă©tĂ© admirable et me rend fiĂšre.
GrĂące Ă leur magnifique travail de terrain, nous renforçons lâimplantation des Ă©cologistes dans les villes populaires par de nouvelles conquĂȘtes, comme Villepinte (avec lâĂ©lection de MĂ©lissa Youssouf), Bagnolet (Edouard Denouel) ou Sarcelles (Bassi KonatĂ©), dans les dĂ©partements du Val dâOise et de Seine-Saint-Denis - oĂč Mohamed Gnabaly a Ă©galement Ă©tĂ© réélu dĂšs le premier tour Ă L'Ăle-Saint-Denis. Dans les Yvelines, RaphaĂ«l Prats est le nouveau maire Ă©cologiste de Conflans-Sainte-Honorine.
Cette implantation se poursuit aussi dans les territoires ruraux, dont on a bien peu parlĂ© pendant cette campagne, mais oĂč nous pouvons compter sur des dizaines de maires Ă©cologistes, de TrĂ©vou (Ain) Ă GuĂ©ret (Creuse), de Montigny-en-Arrouaise (Aisne) Ă Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais), de Naves (CorrĂšze) Ă Marcillac-Vallon oĂč LĂ©on ThĂ©bault-Maviel devient Ă seulement 25 ans le premier maire Ăcologiste de lâAveyron.
Tous ces rĂ©sultats, nous aurons lâoccasion de les analyser en interne, avec les maires Ă©lus comme avec ceux qui ont Ă©tĂ© battus.
Lâart de la communication
Lorsquâon vit dans une ville Ă©colo, on tient dĂ©sormais pour acquis l'amĂ©lioration de la qualitĂ© de l'air, le bio dans les cantines, les espaces verts, lâoffre de transports en commun plus riche et plus accessible, le principe de tarification sociale. Et pourtantâŠ
Je le sais, nous sommes souvent dĂ©peints comme de bons Ă©lĂšves et techniciens. Et câest vrai. Mais aujourdâhui, ĂȘtre sĂ©rieux et bien gĂ©rer sa ville ne suffit pas Ă ĂȘtre réélu. Nous en avons fait la dĂ©monstration grandeur nature et il va falloir en tirer les consĂ©quences.
Beaucoup dâalertes sont remontĂ©es ces derniers mois en ce sens. En interne et en externe. Nous nâavons su y rĂ©pondre que partiellement. Et si le sursaut Ă Lyon a Ă©tĂ© magistral, il n'a malheureusement pas fait tĂąche dâhuile.
Jâavoue avoir du mal parfois jusque dans mon propre parti sur lâimportance des rĂ©seaux sociaux, par le prisme desquels les campagnes sont commentĂ©es. Quand un journaliste juge telle campagne âconvaincanteâ et telle autre âmolleâ ou âratĂ©eâ, câest souvent exclusivement lĂ -dessus quâil se base, puisque bien souvent il nâa pas mis un pied de la campagne dans la ville ainsi commentĂ©e.
Les Ăcologistes nâaiment pas les rĂ©seaux sociaux, pour des raisons fort lĂ©gitimes. Trop violents. PipĂ©s. Injustes. Beaucoup de militants et de cadres choisissent de sâen prĂ©server et je ne peux que les comprendre. Mais on ne peut plus gagner sans leur pouvoir dâamplification en 2026. Et plus largement, il va falloir rompre avec ce que je ressens parfois comme une forme de condescendance envers la communication.
Câest le message que je voudrais faire passer largement dans notre mouvement. Les Ă©lus Ă©cologistes sont la plupart du temps les meilleurs Ă©lĂšves en termes de travail abattu, et ce quel que soit le mandat Ă©lectif occupĂ©. Le drame, câest que presque personne ne le sait. Comme si on considĂ©rait que ça allait de soi. Que ça se verrait tout seul. Que parce que le bilan est bon chacun va sâen rendre compte.
Et cela vaut Ă©videmment pour nos maires, dont les rĂ©alisations importantes sont restĂ©es largement inconnues du grand public, alors que nos adversaires se contentaient de critiquer âles travaux des Ă©colosâ (câest sĂ»r que quand on ne fait rien, ça Ă©vite les travaux).
Alors que les Ăcologistes sont victimes de campagnes de dĂ©sinformation et de harcĂšlement dâune violence inouĂŻe sur les rĂ©seaux sociaux et dans beaucoup de mĂ©dias sous la houlette de la droite et de lâextrĂȘme droite, nous ne pouvons plus faire comme si nous dĂ©couvrions cet Ă©tat de fait. Nous devons vivre avec notre temps et arrĂȘter de considĂ©rer les rĂ©seaux sociaux et plus globalement la communication politique comme secondaires, quand ils sont si dĂ©cisifs pour nos adversaires.
Nous pouvons certes dĂ©plorer lâimportance que tout cela prend, et il est trĂšs clair pour moi quâil sâagit dâun signe dâune dĂ©mocratie malade, mais cela ne change rien Ă la rĂ©alitĂ© dans laquelle nous vivons.
Et maintenant ?
Ceci nâest quâune piste parmi dâautres. Câest en tout cas celle qui mâa beaucoup fait cogiter ces derniĂšres semaines et toute la soirĂ©e.
Ce nâest Ă©videmment pas la seule. Notre bureau politique (la direction du parti) se rĂ©unit ce soir dans un format ouvert au Conseil politique (parlementaires et reprĂ©sentants des diffĂ©rentes instances du mouvement) et aux maires battus et victorieux dâhier soir.
Au travail dâimplantation Ă©voquĂ© plus haut, source de beaucoup dâespoir et de fiertĂ©, nous mĂšnerons donc aussi un travail dâintrospection, afin dâen tirer ensemble les bons enseignements pour les mandats Ă venir et prĂ©parer les victoires Ă©cologistes de demain.
Car soyez sĂ»rs dâune chose : malgrĂ© la dĂ©ception et les inquiĂ©tudes lĂ©gitimes pour la suite, les Ăcologistes ne comptent pas se dĂ©mobiliser ! Lâheure est trop grave. Pour les sujets que nous dĂ©fendons. Et pour notre pays.
LâĂ©cologie nâest pas une sĂ©quence Ă©lectorale. Câest un combat de long terme. Qui se mĂšne le plus souvent dans lâadversitĂ©.
Et ce combat, nous allons continuer Ă le mener. Partout. Pour tous.