NeoMerlin
15.6K posts

NeoMerlin
@NeoMerlinX
PFP Binary Big Head by @CreepKids_eth



I look forward to seeing you all on the TL again 🫶

"Je ne suis ni de droite ni de gauche" Marine le Pen, 2026 "Je ne suis ni de droite ni de gauche" Emmanuel Macron, 2017 Vous voulez vraiment reprendre pour 5 ans de "en même temps"?








internet magic jpegs


Trump, quand il s'est fait élire en 2016, a fait une erreur de débutant qui a plombé son premier mandat. Il n'avait pas compris l'État profond américain. Il est arrivé seul. Sans équipe, sans plan de nominations, sans liste de personnel. Résultat : son administration a passé quatre ans à saboter ses propres décisions. Décrets bloqués, fuites organisées, nominations retardées de plusieurs mois, hauts fonctionnaires qui se vantaient de « résister » dans les colonnes du New York Times. En 2024, il a retenu la leçon. Des milliers de profils identifiés et vettés avant même l'élection. Le Schedule F pour reclassifier les hauts fonctionnaires et pouvoir les remplacer. Un plan de personnel prêt le jour un. C'est ça, la vraie différence entre les deux mandats. Pas les idées. L'exécution administrative. La droite française doit comprendre ça maintenant. Il est à peu près certain qu'elle va gagner en 2027. Mais gagner l'élection ne suffit pas. Si elle arrive au pouvoir sans un plan millimétré pour reprendre les institutions, il ne se passera rien. L'inertie absorbera tout. Comme elle l'a toujours fait. L'État profond français est socialiste, c'est l'héritage de Mitterrand, et il survivra à n'importe quelle alternance électorale si on ne s'attaque pas à sa structure. Voici donc le mapping des postes qui font réellement fonctionner ce pays. Premier étage : les emplois à la décision du gouvernement. Environ 600 postes nommés en conseil des ministres. Les secrétaires généraux des ministères, les directeurs d'administration centrale, les préfets, les recteurs d'académie, les ambassadeurs. C'est la courroie de transmission entre le politique et l'administratif. Un ministre passe, son directeur d'administration centrale reste. Celui qui écrit les circulaires a plus de pouvoir que celui qui passe à la télé. Deuxième étage : le secrétariat général du gouvernement. Le poste le plus puissant dont personne ne connaît le nom. Il coordonne tout le travail interministériel, valide tous les textes, organise la continuité de l'État. Qui tient le SGG tient la machine. Troisième étage : le Conseil d'État. Vice-président, présidents de section, conseillers. Il donne son avis sur tous les projets de loi avant leur présentation et juge ensuite les recours contre les décrets. Il est juge et conseiller du même pouvoir qu'il encadre. Aucune réforme ne passe sans lui. Quatrième étage : le Conseil constitutionnel. Neuf membres, renouvelés par tiers tous les trois ans, nommés par le président de la République et les présidents des deux chambres. Le calendrier des renouvellements doit être intégré dans la stratégie dès le premier jour du mandat. C'est mathématique. Cinquième étage : la magistrature. Le Conseil supérieur de la magistrature qui gère les carrières. Les procureurs généraux, nommés en conseil des ministres. Le parquet national financier. Et surtout l'École nationale de la magistrature, qui forme idéologiquement chaque génération de juges. On ne réforme pas la justice en changeant les lois. On la réforme en changeant qui recrute et qui forme. Sixième étage : l'Éducation nationale. La DGESCO, qui écrit les programmes. Le Conseil supérieur des programmes. L'inspection générale. Les recteurs. Tant que ces postes restent dans les mêmes mains, chaque génération d'élèves sort formatée par la même culture, quel que soit le ministre. Septième étage : l'audiovisuel public et sa régulation. Présidences de France Télévisions et de Radio France. Collège de l'ARCOM, qui nomme et qui sanctionne. L'argent public finance une ligne éditoriale. Celui qui nomme les présidents fixe la ligne. Huitième étage : les autorités administratives indépendantes et les agences. Défenseur des droits, CNIL, CNCDH, ADEME, France Stratégie, agences régionales de santé. « Indépendantes » signifie indépendantes du suffrage universel, pas de l'idéologie. Chacune produit des rapports, des normes, des sanctions, qui contraignent le politique de l'extérieur. Neuvième étage : le circuit de l'argent. Banque de France, Caisse des dépôts, direction du Trésor, direction du budget. Bercy peut enterrer n'importe quelle réforme en trois notes techniques. Dixième étage : la reproduction de la caste elle-même. L'INSP, ex-ENA, les grands corps, l'inspection des finances. C'est là que se fabrique l'homogénéité idéologique de la haute fonction publique. Réformer les concours, les jurys, les critères de sortie, c'est réformer les trente prochaines années. Et enfin l'étage européen : la représentation permanente à Bruxelles et le choix du commissaire français. La moitié de nos normes viennent de là. Ignorer cet étage, c'est reprendre la maison en laissant les clés du portail. Le programme d'un candidat sérieux en 2027 ne doit pas seulement contenir des mesures. Il doit contenir un organigramme. Des noms prêts pour chaque poste, une loi de transformation de la fonction publique prête à être votée l'été suivant l'élection, un calendrier de nominations pensé comme une campagne militaire. Parce que la vérité, c'est que l'alternance ne se joue pas dans les urnes. Elle se joue dans les organigrammes.















