Nicolas Merle retweetledi

"Nous basculons dans l'inconnu". OUI ! C'est ça qu'il faut dire au bulletin météo. Il y en a marre de la banalisation du changement climatique avec les marchands de glace et les surfeurs.
Cette épisode climatique est INEDIT dans l'Histoire de la météorologie française. Et si on emploie des termes puissants, ce n'est pas pour faire du "sensationnalisme" et vendre des panneaux solaires : c'est juste factuel. Il y en a marre de devoir vous caresser dans le sens du poil pour ne froisser personne.
OUI, il y a maintenant de très fortes probabilités d'atteindre le seuil "vague de chaleur" en MAI. On devrait vivre l'écart à la norme le plus haut jamais observé. Dans AUCUNE archive. Que ça déchaîne vos passions sur le terme que j'emploie ? Je m'en fou.
Parce que l'humain n'est pas le centre du monde. Ces températures sont dévastatrices pour les écosystèmes :
➡️les oiseaux qui nichent sous les toits (comme le martinet) vont énormément souffrir. Sous certaines toitures exposées au soleil, les températures peuvent dépasser 40 à 50°C, provoquant déshydratation, abandon du nid ou mortalité des oisillons.
➡️les jeunes plantations maraîchères et les potagers récemment mis en terre sont extrêmement vulnérables. Leurs systèmes racinaires encore superficiels ne permettent pas d’aller chercher l’eau en profondeur : en quelques heures, certaines cultures peuvent littéralement brûler sous le rayonnement et l’évapotranspiration intense.
➡️les céréales d’hiver, notamment les orges et les blés précoces actuellement en épiaison ou en remplissage du grain, vont subir des phénomènes d’échaudage massifs. Quelques jours à plus de 35-37°C pendant cette phase critique peuvent fortement dégrader le poids des grains, les rendements et parfois même la qualité technologique. Et cela de la Bretagne jusqu’au Sud-Ouest… en plein mois de mai.
➡️les arbres et les haies, déjà très avancés phénologiquement après un printemps doux, vont augmenter brutalement leur transpiration. Certaines essences pourraient fermer leurs stomates pour survivre, stoppant temporairement leur croissance et accentuant le stress hydrique très précocement dans la saison.
➡️ les sols vont se dessécher à une vitesse spectaculaire. Une végétation encore en croissance maximale, combinée à des journées longues et un soleil très haut, entraîne une évapotranspiration énorme, parfois comparable à celle du cœur de l’été.
➡️ la faune sauvage va devoir arbitrer entre alimentation, reproduction et survie thermique. En pleine période de reproduction pour énormément d’espèces, cette chaleur arrive au pire moment biologique possible.
➡️ les animaux d'élevage vont subir un stress modéré à fort avec deux facteurs aggravants : la durée qui augmente la fatigue corporelle et le caractère soudain et précoce qui n'a pas habitué les corps).
Et il faut bien comprendre un point : ce type d’épisode n’est pas seulement historique par son intensité. Il l’est aussi par sa précocité. Fin mai, les organismes vivants ne sont pas censés affronter durablement des températures dignes d’un cœur d’été caniculaire.
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