Pierre Lornac
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Pierre Lornac
@PierreLornac
Docteur en Lettres. Auteur de "L'Idéologie des oppressions systémiques", éd. Perspectives libres, 2025.


L'entrepreneur ne "répond" pas aux besoins du consommateur, il offre un produit dont il cherche ensuite à convaincre qu'il répond à un besoin. Ce n'est pas une argutie, c'est une différence décisive.









QUAND LA SCIENCE SERT L'IDÉOLOGIE Dans les universités, la caution scientifique de l’« oppression systémique » tend à écarter tout autre paramètres dans l’analyse des sciences humaines. Dans son livre aux édition « Perspectives Libres », Pierre Lornac décortique le phénomène. Vidéo à retrouver en intégralité sur note chaine Youtube : youtu.be/pyA93tOtpyA

🗣️ Pierre Lornac : « L’idéologie des oppressions systémiques a parfaitement intégré l’idée selon laquelle nos vies doivent être subordonnées à la logique du marché et à ses valeurs » Entretien à lire ici 👇 frontpopulaire.fr/societe/conten…



L’intégralité de la série d’émissions que j’ai réalisée pour @blast_france à l’occasion de la parution de «L’âme noire de la démocratie. Manifeste pour un autre idéal politique» chez Flammarion est désormais en ligne. L’ensemble est accessible ici m.youtube.com/playlist?list=…


@pierre_mory @brivael Le capitalisme prend et utilise la partie intéressante et se moque des déchets, des effets secondaires sur la nature. Vous devriez le constater dans l’histoire. Les profits pour le capitaliste et les les pertes pour les autres. Désolé de noircir le tableau mais vous m’y forcez Ex



Trois remarques : - La gauche des inégalités est dans une impasse. - Le problème du capitalisme, ce ne sont pas "les inégalités", mais un effondrement civilisationnel et anthropologique. - @brivael tombe dans le même travers que les guignols de gauche ("les conditions de vie").

Beaucoup de gens citent Piketty et Zucman comme des références absolues sur les inégalités et la fiscalité. Je trouve que personne n'a vraiment bien démonté leur rhétorique. Et c'est normal, parce que leur argumentaire a l'air logique. Il est brillant, cohérent, bien écrit. Le problème c'est pas le raisonnement, c'est les prémisses. Et quand les prémisses sont fausses, un raisonnement parfait produit des conclusions fausses. Déroule, je vais essayer de rendre ça compréhensible par tout le monde. Piketty, thèse centrale : r > g. Le rendement du capital (r) est supérieur à la croissance économique (g). Donc mécaniquement, ceux qui possèdent du capital s'enrichissent plus vite que ceux qui travaillent. Les riches deviennent toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres. L'inégalité se creuse fatalement. Conclusion : il faut un impôt mondial sur le capital pour corriger ça. Ça a l'air imparable. Sauf que c'est construit sur des prémisses fausses. Prémisse fausse numéro 1 : le capital se conserve tout seul. Piketty raisonne comme si un riche qui a 1 milliard aujourd'hui aura automatiquement 1.05 milliard l'an prochain grâce au rendement du capital. Comme si la fortune se reproduisait toute seule, comme un compte épargne magique. Dans le monde réel, le capital se détruit en permanence. 90% des entreprises familiales ne survivent pas à la troisième génération. Le classement Forbes change massivement tous les 20 ans. Les fortunes de 1990 ne sont pas celles de 2025. Kodak, Nokia, Lehman Brothers, c'était du capital. Il a été détruit. Le capital c'est pas un coffre-fort, c'est un organisme vivant qui meurt si tu l'alloues mal. Prémisse fausse numéro 2 : les riches forment un bloc homogène qui reste riche. Piketty parle "des riches" comme si c'était un club fixe avec une carte de membre à vie. Dans la réalité, il y a une rotation massive. Aux États-Unis, 12% des Américains passeront dans le top 1% des revenus à un moment de leur vie, et 39% dans le top 5%. Les "riches" c'est pas une caste, c'est un flux. Tu entres, tu sors. Le top 1% de 2000 n'est pas le top 1% de 2020. Piketty photographie un instant et en fait une fresque permanente. C'est comme prendre une photo d'un hôtel plein et conclure que les mêmes personnes y vivent pour toujours. Prémisse fausse numéro 3 : l'économie est un gâteau fixe. Si les riches ont plus, les pauvres ont moins. C'est le coeur implicite de tout le raisonnement. Sauf que l'économie n'est pas un gâteau fixe. Elle grandit. Le PIB mondial a été multiplié par 7 depuis 1960. Quand Jeff Bezos crée Amazon, il ne "prend" pas de la richesse aux autres. Il crée de la richesse qui n'existait pas. Oui, il en capture une partie. Mais les consommateurs, les employés, les fournisseurs, les actionnaires capturent le reste. C'est pas un transfert, c'est une création. Prémisse fausse numéro 4 : le rendement du capital est garanti. r > g suppose que le capital rapporte toujours. Mais dans la vraie vie, les investissements échouent, les entreprises font faillite, les marchés s'effondrent. Le r de Piketty c'est un r moyen sur un siècle, lissé, nettoyé. En réalité, pour chaque investisseur qui fait 5%, il y en a dix qui perdent tout. Le rendement net après destruction de capital est beaucoup plus bas que ce que Piketty présente. Maintenant Zucman. Sa thèse : les ultra-riches paient moins d'impôts en pourcentage que la classe moyenne. Le système fiscal est régressif au sommet. Conclusion : il faut un impôt minimum sur les milliardaires. Ça a l'air scandaleux. Sauf que le calcul est truqué. Le truc de Zucman c'est d'inclure les plus-values latentes dans le "revenu" des milliardaires. Explication pour tout le monde : si tu possèdes des actions Tesla et que leur valeur monte de 10 milliards cette année, Zucman compte ça comme 10 milliards de revenu. Sauf que tu n'as rien touché. Tu n'as rien vendu. Tu n'as reçu aucun chèque. C'est un chiffre sur un écran qui peut baisser de 50% demain matin. C'est comme si on te taxait sur la valeur estimée de ta maison alors que tu l'as pas vendue et que tu vis dedans. Avec ce tour de passe-passe comptable, il compare des milliardaires qui n'ont "gagné" que du papier, à des salariés qui ont touché du cash. Évidemment, le taux effectif d'imposition des premiers a l'air ridiculement bas par rapport au second. Parce qu'ils sont imposés sur du cash quand ils vendent, pas sur la fluctuation quotidienne de leurs actions. D'autres économistes, y compris au sein de la profession, ont contesté sa méthode. Les estimations de Zucman sur les taux effectifs d'imposition des ultra-riches sont significativement plus bas que ceux calculés par le Joint Committee on Taxation du Congrès américain ou par le Congressional Budget Office. Pas parce qu'il ment, mais parce que ses conventions comptables sont construites pour produire le résultat qu'il cherche. Et le fond du problème c'est le même pour les deux. Piketty et Zucman partent d'un axiome moral : l'inégalité est le problème central à résoudre. Et ils construisent toute leur méthodologie pour rendre l'inégalité la plus visible et la plus choquante possible. C'est pas de la science, c'est du militantisme déguisé en économétrie. La vraie question c'est pas "est-ce que les riches sont trop riches". C'est "est-ce que le système qui produit ces riches améliore aussi la vie de tout le monde". Et la réponse est oui. La pauvreté extrême mondiale est passée de 90% à moins de 10% en deux siècles. L'espérance de vie a doublé. L'accès à l'éducation, à la santé, à l'eau potable n'a jamais été aussi élevé. Et tout ça s'est produit dans un système qui produit aussi des milliardaires. Piketty et Zucman te montrent l'écart entre le haut et le bas. Ils ne te montrent jamais que le bas monte aussi. Parce que si tu le voyais, tu te demanderais pourquoi on devrait casser un système qui améliore la vie de tout le monde juste parce qu'il améliore celle de certains plus vite que d'autres. C'est pas de l'économie. C'est de la rhétorique de l'envie habillée en science. Et tant qu'on continuera à les traiter comme des références plutôt que comme des militants avec une thèse à défendre, on continuera à se tromper de diagnostic et de traitement.





Alors, la femme iranienne opprimée dans le "régime des mollahs" ?




