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Jeudi 19 mars, une cérémonie se tenait à Toulouse en mémoire des victimes des attentats perpétrés par Mohammed Merah, assassinées le 19 mars 2012 à l’école juive Ozar Hatorah.
Lors de cet hommage, un fait grave est venu entacher ce moment de recueillement.
Yung Yude, rappeur juif anticolonialiste, membre de Tsedek!, et ancien élève de l’établissement au moment de la tuerie, a été violemment pris à partie.
Présent aux côtés de François Piquemal, député LFI et candidat de la gauche unie à la mairie de Toulouse, il a été agrippé à plusieurs reprises, insulté et menacé de mort.
Selon plusieurs témoignages, des propos extrêmement violents ont été proférés à son encontre :
“Tu es le prochain”, “On sait où tu habites”, “T’es mort”.
Sans l’intervention du service d’ordre, la situation aurait pu dégénérer davantage.
Au moment du dépôt de gerbe, les députés François Piquemal, Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir ont également été pris pour cible, hué·es et insulté·es, certains allant jusqu’à les qualifier de “fascistes”.
Ces faits illustrent un climat de tension alimenté par des campagnes de diffamation répétées, visant à disqualifier une partie de la gauche en l’assimilant à des idéologies qu’elle combat historiquement.
Mais au-delà de ces attaques politiques, c’est la cible qui interroge : un ancien élève d’Ozar Hatorah, venu se recueillir, insulté et menacé pour ses positions anticolonialistes.
Ce qui s’est produit ce jour-là dépasse le simple incident. Cela révèle une dérive inquiétante, où la mémoire des victimes est instrumentalisée pour exclure et faire taire des voix dissidentes, y compris parmi celles et ceux directement concernés.
Yung Yude, à travers sa musique et ses prises de position, porte un combat contre toutes les formes d’injustice, et notamment contre les violences subies par le peuple palestinien.
Ses valeurs, comme celles portées par les initiatives mémorielles à Toulouse, reposent sur un principe simple : refuser toutes les formes de racisme, sans hiérarchie.
Parce que la mémoire ne peut être confisquée, et encore moins utilisée contre celles et ceux qui en sont aussi les héritiers,
Nous apportons notre soutien à Yung Yude ainsi qu’à François Piquemal.