Simon Pecnard retweetledi

Depuis plusieurs semaines, nous vivons au rythme de l’actualité judiciaire. Nous tremblons derrière Gisèle Pélicot, si courageuse, si digne, si déterminée à révéler la réalité et faire juger les actes qu’elle a subis.
Le Premier ministre l’a dit : il y aura un avant et un après procès Mazan.
Ce procès, il doit interroger profondément notre société. Les 51 accusés sont de tous les âges, de toutes les catégories socio-professionnelles, de tous les profils. Ils disent la banalité d’un mal très profond.
Cette affaire révèle une vérité brutale : les violences faites aux femmes sont omniprésentes. Elles gangrènent tous les milieux — culture, sport, politique — mais aussi, comme ici, s’enracinent dans l’intimité silencieuse d’un foyer, au cœur d’un village de 6 000 habitants.
En tant que ministre du gouvernement, il ne m’appartient pas de commenter les affaires judiciaires en cours. Mais, en tant que femme, qui plus est femme politique engagée de longue date pour l’égalité femmes-hommes, il m’est impossible de rester silencieuse.
Les violences faites aux femmes ne sont pas des anecdotes, elles sont un fait de société majeur.
En 2023, 444 700 victimes de violences physiques et 114 700 victimes de violences sexuelles ont été recensées par les services de police et de gendarmerie. Le collectif « Nous Toutes » estime qu’une femme sur deux a déjà subi une violence sexuelle en France.
Une femme sur deux.
Face à cette urgence, il faut agir pour que « la honte change de camp ».
Cela a été l’objectif du Grenelle des violences faites aux femmes en 2019, c’est l’enjeu du nouveau plan interministériel de renforcement et d’intensification des actions de lutte contre les violences faites aux femmes, lancé aujourd’hui par le Premier ministre.
Alors, bien sûr, quand on écoute les récits terrifiants du procès Mazan ; quand on regarde le recul des droits des femmes dans beaucoup de pays du monde, ; quand on observe la réalité implacable des chiffres ; quand on écoute et qu’on entend les victimes ; quand on écoute ces voix puissantes qui participent à l’éveil des consciences – les militantes associatives, les podcasteuses, les créatrices de contenus, les auteures… - on se dit que ce n’est pas assez. Que ça ne va pas assez vite. Qu’on voudrait ne plus jamais avoir à entendre les récits qui sont faits dans le procès de Dominique Pélicot et de ses sombres disciples. Qu’on voudrait qu’il n’y ait plus besoin de journée du 25 novembre.
Alors, mobilisons-nous ! Ensemble, protégeons les femmes, soutenons celles qui n’osent pas encore briser le silence, donnons-leur le cadre pour pouvoir le faire, rappelons qu’un numéro dédié existe, le #3919, et faisons-le connaître.
Continuons le combat.

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