Patrick Champagnac@PatChampagnac
Le Ministère de l'Économie et des Finances l'admet aujourd'hui : il n'y a eu aucun suivi des 211 milliards d'euros versés sans condition et sans contrepartie chaque année aux entreprises . Il n'y a eu aucun contrôle, aucune traçabilité de l'utilisation de ces sommes astronomiques . C'est l'un des plus grands scandales d'État !
Pourquoi a-t-on laissé faire ? Pourquoi aucun contre-pouvoir n'a pu arrêter cette machine infernale? Comment en est-on arrivé là ? Les Français ont besoin de savoir, eux qui ont été désignés et accusés par le premier ministre d'être responsable du déficit abyssal de la France et de la crise économique , accusés d'avoir vécu au-dessus de leurs moyens , alors que ce premier ministre n'a jamais travaillé dans la vraie vie , qu'il vit depuis des décennies sous les lambris dorés de la République . Les Français veulent savoir à quoi a servi l'argent de leurs impôts . Ces questions doivent être posées parce qu'elles concernent l'intérêt général . À aucun moments sous la présidence d'Emmanuel Macron , les gouvernements successifs ont cru bon de rectifier le tir. Bien au contraire , tous ont fermé les yeux, tous ont joué la diversion, jusqu'à s'atteler avec le patronat et certains médias pour créer des écrans de fumée sur ce scandale, en désignant toujours les mêmes boucs-émissaires, les immigrés, les français au chômage , les français au RSA, les précaires, les fraudeurs de la Sécu, les " gens de rien" , tous accusés sur les plateaux de télévision de creuser le déficit de la sécurité sociale et qu'il faut impérativement contrôler sans relâche dénoncer , traquer , chaque jour, sans répit , pour in fine pouvoirs les radier et les faire ainsi sortir des statistiques du chômage et pouvoir louer les bonnes performance de l'économie française . Comment ont-ils pu cacher aussi longtemps ce mensonge d'État? Quelle indignité !
Sur les 211 milliards d'euros d'aides publics versées sans condition chaque année aux entreprises , le gouvernement n'a jamais contrôlé une seule entreprise pour savoir où allait cet argent public , ni à quoi il avait servi, ni si il avait été utilisé pour créer des emplois.
En revanche , chacun a pu constater que les salaires n'ont pas augmenter et que les effectifs et les emplois ont fondu comme neige au soleil et que ces aides publiques pharaoniques n'ont pas empêchés ces entreprises à licencier , ni à se délocaliser ou à vendre certaines de leurs productions à des capitaux étrangers .
L'exemple de Sanofi est révélateur. Le groupe côté en bourse au CAC40 a touché d'énormes aides publiques de l'État en crédit recherche et cela ne l'a pas arrêté de supprimer des emplois . 3000 en France entre 2019 et 2023, et autant avant , 1200 en 2024 dans la Recherche et Développement, en avril 2025, Sanofi voulait supprimer 385 postes en France mais ce dernier plan social a été annulé sur décision de justice par le Tribunal administratif. Pourtant Sanofi se porte très bien. Au troisième trimestre 2020, il annonçait un chiffre d’affaires de 9,48 milliards euros, en hausse de 5,7 %, et un résultat net qui croit de 9,4 %. Les résultats pour l’année complète devaient suivre cette tendance, comme les années suivantes , justifiant à chaque fois de nouveaux dividendes records pour les actionnaires. En 2024, le Canard enchaîné relève les 5,4 milliards d'euros de bénéfices du groupe en 2023, et note que le nouveau ministre de l'économie a réclamé « un bilan exhaustif »concernant les subventions d'argents publics que le groupe Sanofi a reçu au cours des dix dernières années. « notamment les 250 millions versés pour développer un vaccin français contre le covid qui n'a jamais vu le jour »Sanofi est un exemple, mais combien d'autres grandes entreprises du CAC 40 ont profité du système ?