VANDEWALLE Yves

25.8K posts

VANDEWALLE  Yves

VANDEWALLE Yves

@VANDEWALLEYves

Député 2007/12, Conseiller et V.P. des Yvelines 99/21, Président du PNR de Chevreuse 98/21, Vice-président de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux -/21

FRANCE Katılım Mayıs 2012
277 Takip Edilen1.3K Takipçiler
Sabitlenmiş Tweet
VANDEWALLE Yves retweetledi
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Voici ma grille de lecture. Mes prémisses. Tout tient en 5 axiomes. On a enfumé l'humanité en complexifiant l'humanité. Sciences humaines, économie, philosophie politique. Des milliers de pages, des thèses, des écoles, des courants, des contre-courants. Pour aboutir à quoi ? À une bouillie où plus personne ne sait ce qui est vrai. Alors que tout tient en 5 axiomes. Lisibles par un enfant de 12 ans. Axiome 1 — Tu es propriétaire de toi-même.Ton corps, ton temps, ton esprit, ton travail. Personne d'autre. Tout ce qui contredit ça est une forme d'esclavage, même habillé en "solidarité", "redistribution" ou "intérêt général". Axiome 2 — Ce que tu produis t'appartient. Si tu es propriétaire de toi-même, tu es propriétaire de ce qui sort de toi. Ton travail, tes idées, ton capital accumulé. La propriété privée n'est pas une convention bourgeoise. C'est l'extension logique de l'axiome 1. Axiome 3 — Tu n'as pas le droit d'initier la violence. Ni physique, ni par procuration via l'État. Tu peux te défendre. Tu ne peux pas agresser. Une taxe non consentie, une réglementation qui t'empêche de produire, une expropriation "pour le bien commun" : ce sont des violences déguisées en lois. Axiome 4 — Les échanges libres sont positifs par définition. Si A et B échangent volontairement, c'est que chacun valorise ce qu'il reçoit plus que ce qu'il donne. Sinon ils ne le feraient pas. Tout échange libre crée de la valeur. Tout échange forcé en détruit. Ce n'est pas une opinion, c'est une tautologie. Axiome 5 — L'État de droit existe pour protéger 1, 2, 3, 4. Pas pour les violer.Le rôle légitime du droit : faire respecter les contrats, punir l'agression, protéger la propriété. Point. Tout ce qui dépasse ce périmètre est une dérive. Et toute dérive, historiquement, finit en tyrannie. C'est tout. Pas besoin de 800 pages de Piketty. Pas besoin d'un agrégé de socio. Pas besoin de Bourdieu, Habermas, Stiglitz. Ces 5 axiomes suffisent à analyser n'importe quel discours économique, politique, social. Le test est simple : quand quelqu'un parle d'économie ou de politique, vérifie si son raisonnement respecte ces 5 prémisses. S'il dit "il faut redistribuer" → il viole l'axiome 2. S'il dit "il faut réguler ce marché" → il viole l'axiome 4. S'il dit "l'État doit décider à ta place pour ton bien" → il viole l'axiome 1. S'il dit "la propriété est un vol" → il viole tout le socle. S'il contredit ces axiomes, il est en train de te pisser dans le cerveau. Peu importe son diplôme. Peu importe sa chaire. Peu importe ses 30 ans de carrière. Il te ment. Ou il se ment. L'humanité est simple. Ce sont les parasites intellectuels qui ont intérêt à te faire croire qu'elle est compliquée. Parce que tant que tu crois que c'est compliqué, tu as besoin d'eux pour te l'expliquer. Et tant que tu as besoin d'eux, ils existent.
Français
190
983
3K
64.6K
VANDEWALLE  Yves
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves·
Je les ai subis en classe préparatoire au lycée Henri IV où leurs pensées formaient une idéologie dominante alors que leur pédantisme les rendaient presque illisibles. Loin de Bossuet: "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément".
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves

Une analyse des racines intellectuelles des idées qui imprègnent largement les esprits dans une grande partie de l'Occident et qui le détruisent de l'intérieur. Ces intellectuels ont exercé une forte influence dans les années qui ont suivi mai 1968 mais personne ne les lit plus.

Français
0
0
0
26
VANDEWALLE  Yves
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves·
Une analyse des racines intellectuelles des idées qui imprègnent largement les esprits dans une grande partie de l'Occident et qui le détruisent de l'intérieur. Ces intellectuels ont exercé une forte influence dans les années qui ont suivi mai 1968 mais personne ne les lit plus.
Brivael Le Pogam@brivael

Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme). Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident. Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité. Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison. Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme. Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable. Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion. C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part. Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes. Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre. Alors pardon. Et au travail.

Français
0
0
0
50
VANDEWALLE  Yves
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves·
Le sort d'un bon enseignant qui ne faisait que son métier Un bon moyen de combattre la #désinformation
Dominique Reynié@DominiqueReynie

Dans « L’Abandon », Vincent Garenq se place d’emblée au plus près du réel pour ne plus s’en départir. Pas d’esbroufe, pas de posture, pas de facilité, pas d’amalgame. Intrigues et manipulations islamistes, réseaux sociaux pyromanes, lâcheté de certains – mais pas de tous – l’appareil d’État égaré, débordé, et un monde politique incapable de prendre la mesure d’une réalité sinistre, la nôtre. L’État n’empêche pas l’assassinat barbare d’un professeur laissé seul et sans défense. C’est déchirant. Il faut voir les reproches de quelques collègues pitoyables et d’une hiérarchie qui ne veut pas de vague... Car Samuel Paty était un professeur intègre aux qualités professionnelles et humaines indiscutables. La plupart de ses élèves et de leurs parents ne se sont pas laissés tromper. « L’Abandon » refuse le pathos auquel pouvait conduire le récit d’une réalité tragique et poignante. Le film illustre parfaitement la grandeur, la nécessité et l’immense difficulté du métier de professeur. Antoine Reinartz (Samuel Paty) est magistral, tous les acteurs sont impeccables, et notamment Emma Boumali (Bachira), Nedjim Bouizzoul (Kader Saidi), Emmanuelle Bercot (dans le rôle de la principale), Marie-Sohna Condé (la gardienne du collège)…

Français
0
0
1
25
VANDEWALLE  Yves
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves·
Un apaisement des relations entre la #Chine et les #USA… Tout compte fait, la #mondialisation tant critiquée n’est-elle pas préférable à la montée des affrontements nationalistes ?
China Xinhua News@XHNews

#XinhuaHeadlines: Chinese President Xi Jinping and U.S. President Donald Trump have agreed on a new vision of building a constructive bilateral relationship of strategic stability, a move observers say could help enhance China-U.S. cooperation, manage differences between the world's two largest economies, and inject much-needed certainty into global development. The vision, raised during Trump's three-day state visit to China this week, is expected to provide strategic guidance for bilateral ties over the next three years and beyond while sending a positive message to the world xhtxs.cn/bckL

Français
0
0
0
32
VANDEWALLE Yves retweetledi
Agence France-Presse
🎞️ #Cannes2026: le président de Canal+, Maxime Saada, a annoncé qu'il ne souhaitait plus que le groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les professionnels du secteur qui ont signé une pétition contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré ⬇️
Agence France-Presse tweet media
Français
1.1K
1.1K
4.3K
807.3K
VANDEWALLE Yves retweetledi
Pete Hegseth
Pete Hegseth@PeteHegseth·
Last night U.S. forces, in coordination with the Armed Forces of Nigeria, killed Abu-Bilal al-Minuki and other ISIS leaders. Back in November 2025, President Trump declared to the world that we will help protect Christians in Nigeria and instructed the Department of War to prepare for action. So, for months, we hunted this top ISIS leader in Nigeria who was killing Christians, and we killed him—and his entire posse. In conjunction with Nigeria’s President, and at the direction of President Trump, U.S. Africa Command oversaw a precise operation to remove this terrorist. Abu-Bilal al-Minuki was the senior ISIS General Directorate of Provinces Emir — the number two for ISIS globally — responsible for overseeing the planning of attacks, directing hostage-taking and managing financial operations. The removal of him and other ISIS personnel makes Americans safer by further degrading ISIS’s ability to plan and carry out attacks that threaten the U.S. homeland, American citizens, and innocent civilians. Operations like last night’s demonstrate the exceptional lethality, patience and skill of U.S. forces, amplified alongside willing and capable partners, to address shared threats. This should serve as a reminder that we will hunt down those who wish to harm Americans or innocent Christians, wherever they are.
English
4K
16.2K
82.9K
1.4M
VANDEWALLE Yves retweetledi
Pete Hegseth
Pete Hegseth@PeteHegseth·
Yes sir. The killing of innocent Christians in Nigeria — and anywhere — must end immediately. The Department of War is preparing for action. Either the Nigerian Government protects Christians, or we will kill the Islamic Terrorists who are committing these horrible atrocities.
Pete Hegseth tweet media
English
23.8K
55.5K
247.7K
16.6M
VANDEWALLE Yves retweetledi
Ericds
Ericds@EricDeSilvestr1·
Qui imposera aux Philippines, à la Malaysie, et à l'Inde, d'arrêter de déverser ensemble plus de 550 000 tonnes de plastique par an dans nos océans, ce qui représente l'essentiel de la pollution mondiale des mers par le plastique? Silence radio de nos écologistes européens qui, totalement à côté de la plaque, croient lutter contre ce fléau en remplacant les pailles en plastique par des pailles en papier.
Français
392
6K
10.9K
128.7K
VANDEWALLE  Yves
VANDEWALLE Yves@VANDEWALLEYves·
Les Français connaissent mal la Suisse et c’est bien dommage !
Jacinthe-Eve Arel 🇨🇦🇺🇸🇫🇷@JacintheEveArel

🇨🇭« La Suisse a construit la société la plus prospère au monde en faisant exactement ce que tous les experts gouvernementaux lui déconseillaient : rester neutre, maintenir des impôts bas et laisser les marchés fonctionner. Alors que l’UE étouffe ses membres sous 170 000 pages de réglementations, la Suisse entretient des accords commerciaux bilatéraux qui préservent sa souveraineté. Le PIB par habitant suisse atteint 94 000 $ contre 51 000 $ en Allemagne et 45 000 $ en France. Le franc suisse reste l’une des monnaies les plus fortes au monde parce que la Banque nationale suisse ne peut pas imprimer de l’argent pour financer les bureaucrates de Bruxelles. Pendant ce temps, les nations de l’UE abandonnent leur politique monétaire à des technocrates non élus qui érodent les épargnes par l’inflation pour financer des États-providence. Le contraste réglementaire est stupéfiant. La Suisse se classe 4e mondiale en matière de liberté économique tandis que les poids lourds de l’UE comme l’Allemagne (16e) et la France (64e) chutent sous l’appareil de commandement et de contrôle de Bruxelles. Le chômage suisse est de 2,1 % contre 6,4 % dans la zone euro. Les marchés du travail suisses restent flexibles alors que les lois européennes sur l’emploi font de l’embauche de travailleurs une corvée comparable à l’adoption d’adolescents pour l’éternité. Bruxelles promet la prospérité par l’harmonisation, mais livre la stagnation par la standardisation. Chaque directive européenne supprime un autre signal de prix du marché, remplaçant l’échange volontaire par une allocation politique. La neutralité suisse ne se limite pas à éviter les guerres (bien que ce dividende de paix de 200 ans y contribue). La neutralité économique signifie se tenir à l’écart des schémas de planification centrale supranationale qui transforment des économies dynamiques en déclin géré. La réponse de l’UE au succès de la Suisse ? Des mesures punitives et des menaces de couper l’accès aux marchés à moins que les Suisses ne se soumettent à la règle de Bruxelles. Rien n’expose la nature coercitive du projet européen aussi clairement que de voir des bureaucrates exiger que des peuples libres abandonnent les politiques qui les ont rendus riches. »

Français
1
0
2
50
VANDEWALLE Yves retweetledi
Poland news War in Ukraine
Dziś rano 65-letni mężczyzna obudził się nad ranem i usłyszał złodziei w swoim garażu. Zadzwonił na policję. Niestety, funkcjonariusz powiedział mu, że obecnie nie mają wolnych policjantów. Mężczyzna się rozłączył, po czym zadzwonił ponownie po chwili i powiedział funkcjonariuszowi: - Chodzi o tych złodziei w moim garażu. Nie zawracaj sobie głowy przychodzeniem, zastrzeliłem ich. Po dosłownie 2 minutach przyjechały 4 radiowozy, uzbrojona jednostka, antyterroryści, karetki pogotowia... Złodzieje zostali oczywiście złapani. Policjanci rozmawiali z tym panem. Funkcjonariusz mówi: „Mówiłeś, że ich zastrzeliłeś!”. Panowie: „A mówiłeś, że nie masz wolnego radiowozu”
Poland news War in Ukraine tweet media
Polski
722
16.7K
73.3K
1.7M
VANDEWALLE Yves retweetledi
Kevin Bossuet
Kevin Bossuet@kevinbossuet·
« Si un adolescent de 14 ans est assez âgé pour vendre de la #drogue et défier la police, il est assez âgé pour aller en prison. Quant à ses parents qui le laissent faire, ils ne doivent plus bénéficier des aides sociales. Face au #narcotrafic, il faut rétablir l'autorité !»
Français
130
1.8K
7.3K
63.6K
VANDEWALLE Yves retweetledi
Elon Musk
Elon Musk@elonmusk·
La Vérité
Brivael Le Pogam@brivael

Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme). Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident. Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité. Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison. Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme. Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable. Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion. C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part. Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes. Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre. Alors pardon. Et au travail.

Français
3.6K
14.1K
97.6K
46.8M