M. TOURE | Spécialiste Sécurité des Applications
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M. TOURE | Spécialiste Sécurité des Applications
@_makh0u



Les gens doivent savoir que l’utilisation de l’IA a beaucoup d’impact. Dans certains secteurs, déployer l’IA sans cadre c’est jouer avec la sécurité, la législation et la propriété intellectuelle. La productivité, oui. Mais la conformité d’abord.


















Je réfléchis à haute voix, et peut-être que ça peut etre utile a certains ici ! Quand j’ai rejoint OpenFn, j’étais à un tournant de ma carrière. Je commençais à m’épanouir en tant que Data Scientist et Machine Learning Engineer, reconnu pour mes compétences techniques. Mais, en dépit des réussites professionnelles, je ressentais un profond vide. Mon travail ne semblait pas avoir d’impact tangible sur la vie des gens qui m’entourent. Quand ma mère ou ma femme allait à l’hôpital, c’était toujours cher, lent, stressant. Quand mes oncles au village se préparaient pour l’hivernage, les coûts étaient toujours trop élevés, les délais trop longs. Autour de moi, on me voyait comme un « petit génie » : le gars de GalsenAI, l’enseignant, celui qui faisait des choses impressionnantes pour Air Sénégal, Baamtu, Sourced, et d’autres. Mais au fond de moi, je n’étais pas heureux. Je n’arrivais pas à voir l’utilité réelle de mon travail. GalsenAI était une exception. C’était une immense fierté, un projet qui inspirait les autres et me permettait de bâtir quelque chose de significatif. Mais c’était un hobby de week-end. Du lundi au vendredi, je passais mes journées à écrire du code pour résoudre des problèmes qui ne concernaient ni ma famille ni mes amis. Quand Lakhassane (@lakhassane) m’a parlé d’OpenFn et que Taylor m’a proposé un contrat, je me suis dit : « Peut-être que je ne ferai pas de grandes choses en IA ici, mais ça n’a pas d’importance. Je veux travailler sur des choses qui ont de l'impact et qui pourrait aider des gens comme moi. » J’ai passé deux ans chez OpenFn à développer des interfaces web, des compilateurs, des automates… et beaucoup de gens ne comprenaient pas. « Pourquoi tu es là ? Je croyais que l’IA, c’était ton truc. » Ce que les autres ne voyaient pas, c’est que mon code, bien qu’ordinaire en apparence, faisait une différence extraordinaire. J'ai écrit du code qui permet au gouvernement du Ghana de distribuer des moustiquaires imprégnées plus efficacement. J'ai écrit du code qui aide le Cambodge à mieux suivre la situation des enfants maltraités. J'ai écrit du code qui a donné au Mali les outils pour surveiller les femmes enceintes et les enfants vulnérables face au paludisme et à la fièvre jaune. J'ai écrit du code qui offre à la Sierra Leone une vue d’ensemble sur leurs infrastructures hospitalières. J'ai écrit du code qui a permis à MyAgro d’aider les paysans sénégalais à accéder à des crédits et des comptes d’épargne saisonniers. Et ça, ça valait tout. Oui, je n’écrivais plus de CNNs, de RNNs, ou de Transformers. Mais j’avais trouvé quelque chose de bien plus précieux : le sens. Aujourd’hui, il m'arrive parfois de faire de l'IA, parfois non. Et honnêtement, je m'en fous ! Chez OpenFn, nous avons créé un assistant utilisant le Generative AI pour aider les gouvernements et organisations à automatiser leurs processus et à être plus efficaces. Nous sommes en train d'améliorer notre moteur de gestion des mappings avec de l'IA. Au Sénégal, avec Haskè Health+, je construis une plateforme qui dote les infirmières et médecins d’outils de triage rapides et d’une meilleure gestion des files d’attente, réduisant drastiquement les charges de travail et les temps d’attente dans les hôpitaux. Un peu partout en Afrique, de Nairobi à Kigali, de Dakar à Cape Town, je forme des jeunes et des professionnels sur l’utilisation responsable de l’IA pour résoudre des problèmes sociétaux comme la santé. Mais dans tous ces projets ce n'est pas l'IA qui m'interesse, c'est l'impact que ca peut avoir dans la vie des gens. La différence entre moi aujourd’hui et moi il y a quelques années ? Je ne suis plus passionné par la technologie en tant que telle. Ce qui m’anime, c’est la résolution de problèmes. Et il se trouve que la technologie est l’un des moyens les plus efficaces pour changer les choses. Alors, aux jeunes, voilà mon conseil : ne vous laissez pas hypnotiser par les buzzwords ou les technologies à la mode. Ne faites pas de l'IA juste parce que c'est l'IA et c'est a la mode. Ce qui compte, c’est l’impact que vous pouvez avoir en faisant de l'IA ou autre chose. Posez-vous les bonnes questions : Votre travail aide-t-il réellement les autres ? Résout-il des problèmes importants ? Transforme-t-il des vies, même à petite échelle ? Si oui, continuez. Si non, réfléchissez à ce que vous pouvez changer. Les outils, les algorithmes, les plateformes passeront de mode. Mais l’impact, lui, restera. Concentrez-vous sur ce qui compte vraiment. Courrez après l’impact que vous pouvez avoir, pas après la technologie ou le buzz.








