Léa | Bourse & Stratégies@LeaBourseFR
Peu de personnes osent le dire mais la France pourrait perdre sa place au conseil de sécurité de l'ONU.
Depuis 1945, la France était la première puissance militaire conventionnelle d'Europe occidentale.
C'est en train de changer.
L'Allemagne dépensera 108,2 milliards d'euros pour sa défense en 2026.
La France : 57,1 milliards.
Soit presque 2x moins.
Le ministre allemand de la Défense a publié en avril une revue stratégique dont l'ambition est de faire de la Bundeswehr "l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe".
→ 80 ans après la capitulation allemande, l'Allemagne est en train de redevenir la première puissance militaire d'Europe occidentale.
Jusqu'ici la France a toujours justifié son budget de défense plus modeste par sa capacité nucléaire (une dissuasion qui coûte cher mais qui, dit-on, compense en puissance ce que le budget conventionnel ne finance pas).
Sauf que... même le chef d'état-major des armées l'a dit devant le Sénat : "Si l'Allemagne continue à ce rythme, dans cinq ans, l'argument selon lequel nous bénéficions d'une expérience opérationnelle et d'une certaine culture ne tiendra plus."
Si l'Allemagne devient la première puissance militaire conventionnelle d'Europe, une question devient inévitable : pourquoi la France a-t-elle un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et pas l'Allemagne ?
Le siège permanent français date de 1945, quand la France était une grande puissance victorieuse et l'Allemagne un pays vaincu et désarmé.
80 ans plus tard, l'Allemagne dépense 2x plus que la France pour sa défense, est la première économie d'Europe, et contribue massivement aux opérations de l'OTAN.
La question d'une réforme du Conseil de sécurité pour y intégrer l'Allemagne n'est pas nouvelle (elle est posée depuis les années 90).
Elle devient plus pressante à mesure que l'écart de puissance conventionnelle s'inverse.
La France a toujours bloqué cette réforme (pour d'évidentes raisons) mais un pays qui dépense 2x moins que son voisin pour sa défense peut difficilement justifier indéfiniment sa place de "grande puissance" au Conseil de sécurité.