
Audy Jean-Pierre
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Audy Jean-Pierre
@audyjp
Mbre suppl. Ass politique Parti populaire européen (PPE), ancien député européen UMP (2005-2014) ancien pdt délégation FR PPE au Parlt européen (2010-2014)




Cet après-midi, j’ai voté contre la proposition de loi autorisant l’euthanasie. Je veux d’abord dire que ce débat est légitime. Il touche à l’intime, à la dignité, à la souffrance, à la peur de la fin de vie. Les Français souhaitent qu’il ait lieu et il est normal que la représentation nationale s’en saisisse. La loi Claeys-Leonetti ne règle pas toutes les situations, et personne ne peut nier qu’il existe des cas humains bouleversants. Mais précisément parce qu’il s’agit d’un sujet aussi grave, nous ne pouvons pas franchir à la légère des seuils irréversibles. La première urgence reste l’accès effectif aux soins palliatifs et à une prise en charge de la douleur digne partout sur le territoire. Aujourd’hui encore, cet accès demeure inégal selon les régions, les structures et les moyens humains disponibles. Tant que chacun ne peut pas être accompagné correctement, parler d’un « choix libre » est une illusion. C’est pourquoi j’ai voté pour la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement. Le Comité consultatif national d’éthique rappelle que, même en soins palliatifs, le désir de mourir ne disparaît pas totalement mais il devient minoritaire. Sur près de 2 000 dossiers de patients suivis, environ 9 % expriment un souhait de mourir et environ 3 % une demande d’euthanasie. Cela montre que la réponse première doit rester le soin, la présence et le soulagement. Or le texte adopté aujourd’hui demeure, trop permissif. L’objectif de recherche d’équilibre pourtant affiché dès le départ a laissé place aux impatiences sur fond d’un calendrier parlementaire hâtif et confus, le tout au cœur d’une Assemblée nationale, disons-le, trop polarisée pour parvenir à travailler correctement. Les seconds votes sur certaines dispositions témoignent de travaux particulièrement délicats à faire aboutir et donc d’une prudence particulière à sécuriser ce texte. Ces derniers jours, plusieurs garde-fous ont été fragilisés ou supprimés au cours des débats parlementaires, en particulier : - la mise en place d'un délit d’entrave au « droit à l’aide à mourir » a été créé, avec des sanctions pénales, faisant peser une pression nouvelle sur les proches, les professionnels et les patients ; - le processus n’est pas réellement collégial sur le plan médical quoi qu’on cherche à nous expliquer car il ne systématise pas la présence de plusieurs médecins dans la procédure. En tant que cardiologue, je déplore que la pose d’une valve cardiaque embarque trois médecins et que le texte acte là, la décision ultime d’un seul … - les majeurs protégés ne sont pas exclus par principe du dispositif, ce qui interroge sur la protection des plus vulnérables ; Comme l’ont alerté de nombreux parlementaires de sensibilités différentes, le dispositif ne reste quand même plus limité aux situations exceptionnelles de toute fin de vie mais repose encore sur des critères larges et en partie subjectifs. C’est une porte ouverte à des situations profondément préoccupantes. Dans une société où beaucoup de personnes âgées, malades ou handicapées se sentent déjà comme un poids, la légalisation d’un geste létal peut renforcer ce sentiment d’inutilité sociale. Le « choix » risque alors de devenir une pression silencieuse. Les expériences étrangères montrent d’ailleurs que les demandes d’aide à mourir sont plus fréquentes chez les personnes isolées, précaires ou souffrant d’un moindre accès aux soins. La situation sociale ne peut jamais devenir un vecteur de mort. Notre responsabilité est de poursuivre l’égalité des chances, pas d’instaurer une forme d’inégalité devant la mort. La Convention citoyenne sur la fin de vie avait posé une condition claire : développer réellement les soins palliatifs sur tout le territoire et en évaluer les effets avant d’ouvrir la voie à une aide active à mourir. Nous n’y sommes pas. Enfin, sur un sujet aussi grave, une courte majorité ne devrait pas imposer seule une transformation aussi profonde de notre droit et de notre rapport au soin. Comme nous l’écrivions dans une tribune transpartisane avec plusieurs collègues, il faut rechercher un chemin commun plutôt que passer en force. Je continuerai à me battre pour que chaque Français puisse être soulagé, accompagné et entouré jusqu’au bout de sa vie. C’est ici la voix d’un médecin, d’un député mais aussi d’un homme qui assume ses convictions profondes.

🔴 EN DIRECT Le ministre des Affaires étrangères italien déclare que la mort de Quentin Deranque est "un fait grave qui nous concerne tous" l.bfmtv.com/MtwK

@fxbellamy @PNerval @OFII_France C’est tout-à-fait inouï cette jurisprudence. À mon avis, il faut modifier la loi française pour éviter que ce soient les juges qui décident. @lesRepublicains








Vous avez été élu sur une liste @lesRepublicains, pour siéger auprès de @fxbellamy, pas auprès du RN. Si vous aviez un tantinet de courage politique et d’honnêteté intellectuelle, vous auriez déjà dû démissionner. Vos accords d’arrière boutique trahissent le suffrage universel.


Victoire décisive au Parlement européen : notre proposition de saisir la Cour de justice sur l’accord #Mercosur a été adoptée. Nous menons ce combat depuis des années, avec les agriculteurs et au nom de tous les Français qui veulent protéger la sécurité alimentaire de notre continent.









