
benjamin barthe
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benjamin barthe
@benjbarthe
Le Monde deputy foreign editor. Lived in and reported from the Middle East during almost two decades. Author of Ramallah Dream (ed. La Decouverte).


When war spreads across the Middle East, the first casualty is often the truth. The conflict between Israel, the United States and Iran is already reshaping the region – and raising urgent questions about power, strategy and democracy. Independent journalism is not a luxury in wartime. It is a necessity. Subscribe to support independent reporting. promotion.haaretz.com/offers







✅ Victoire. La justice a parlé – et je l’en remercie. Elle a reconnu que des propos diffamatoires avaient été tenus à mon encontre par @GWGoldnadel . Non par erreur, mais par intention délibérée. Affirmer publiquement que j’étais poursuivie par la justice française, à plusieurs reprises, sans preuve – car il n’en existait aucune – relevait d’une stratégie, pas d’une maladresse. Ce genre de mensonge n’est jamais isolé. Il s’inscrit dans un système plus vaste : disqualifier la parole avant même qu’elle n’émerge. Transformer une Palestinienne en menace. Faire du droit un soupçon, de l’identité un prétexte. Aujourd’hui, cette tentative a échoué. Mais ce procès disait plus que mon seul nom. Il parlait d’un climat, d’une histoire, d’une guerre silencieuse menée contre les voix palestiniennes : parfois par les armes, parfois par les mots. Ce que j’ai affronté ici, en France, résonne avec ce qui se joue là-bas, en Palestine. Il existe une continuité entre l’effacement des villages et l’effacement des récits. Entre les tanks et les tribunes. Entre les drones et les procès d’intention. Fille d’un père expulsé de Haïfa, d’une mère arrachée à Saint-Jean-d’Acre, j’ai grandi dans l’exil. Pas comme une abstraction, mais comme une langue étrangère qu’il a fallu apprivoiser. Mes parents m’ont transmis plus que la mémoire de la perte : ils m’ont transmis une boussole morale – le goût de la justice, et une idée exigeante de la France. Mon père parlait du français comme de « la langue de De Gaulle ». Non pour l’homme seul, mais pour ce qu’il incarnait : la France du droit, de la résistance, du mot juste dans l’épreuve. Il voulait que ses enfants maîtrisent cette langue, non pour s’effacer, mais pour affirmer. Pour penser, débattre, se défendre. Il le fallait. Et c’est dans cette langue que j’ai refusé d’être réduite à une rumeur. À une femme en trop. À une Palestinienne de trop. Ce combat n’est pas le mien seulement. Il est aussi celui de Shireen Abu Akleh, journaliste, exécutée par l'armée du régime israélien, puis battue une seconde fois lorsque l’on tenta de faire tomber son cercueil. Il ne suffisait pas de faire taire sa voix, il fallait aussi effacer sa mémoire. Et pourtant, même cela ne suffit pas à les arrêter. Pas les morts. Pas les preuves. Pas la honte. Gaza en compte plus de 200, journalistes parmi les victimes. Et toujours, le même système qui nie et recommence. Ici, ce système prend parfois les traits policés d’un avocat de plateau. Il accuse avec assurance, mais la justice, cette fois, n’a pas cédé. Elle a affirmé que la vérité avait encore un poids. Que les faits comptent. Qu’un mensonge n’est pas une opinion, même bien habillé. Je veux saluer cela. Et je tiens à remercier Maître Laurent Pasquet-Marinacce, pour son professionnalisme, sa ténacité, et sa rigueur, sans lesquels cette victoire n’aurait pas été possible. Ce jugement est un rempart contre l’intimidation. Contre ce climat où l’on somme les réfugiés de se taire, ou de s’excuser d’exister. Où le mot « Palestine » devient une provocation. Je le redis : être Palestinienne n’est pas un crime. Nommer l’injustice n’est pas une menace. Et aimer la France, ce n’est pas se taire. C’est croire en sa capacité à se confronter à ses propres limites. À reconnaître ce qu’elle permet, et ce qu’elle empêche. Je continuerai de parler. Pour celles et ceux que l’on veut faire taire. Pour les voix sous les ruines. Et pour cette idée exigeante, humaniste et juste de la France – celle que mon père, même en exil, regardait avec une étincelle de respect dans les yeux.






En réponse à l’article du Figaro lemonde.fr/le-monde-et-vo…




Cette charge @Le_Figaro contre @lemondefr pour dénigrer le travail de ses spécialistes du Proche-Orient, dont l'excellent @benjbarthe, me rappelle d'autres attaques qui n'avaient d'autre but que de sa normalisation. Soutien aux résistances de sa rédaction. lefigaro.fr/vox/medias/les…


Cette charge @Le_Figaro contre @lemondefr pour dénigrer le travail de ses spécialistes du Proche-Orient, dont l'excellent @benjbarthe, me rappelle d'autres attaques qui n'avaient d'autre but que de sa normalisation. Soutien aux résistances de sa rédaction. lefigaro.fr/vox/medias/les…

