
david doukhan
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david doukhan
@daviddoukhan
Présentateur de Cartes sur table avec Doukhan sur LCI, de 10h à midi du lundi au vendredi. Ex-chef du service politique du Parisien/Aujourd’hui en France.










Ce dessin a été fait en octobre 2018 par la fille d’amis très proches. À l’époque, elle avait 5 ans et était en grande section de maternelle dans l’école publique Paul Dubois, située dans le 3e arrondissement de Paris. Cet homme sur le dessin est un animateur de l’école. Elle dira à sa maman : « Il faisait semblant de faire pipi, mais ce n’était pas du pipi qui sortait de son zizi ». De nombreux enfants de cette école maternelle (tous âgés de 5 ans ou moins) ont décrit des faits d’agressions sexuelles, voire de viol. Au total, 15 d’entre eux auraient été victimes du même animateur. Ces enfants ont été auditionnés par la police. Les faits se seraient produits pendant les activités du mercredi ou au moment de la sieste. Cet animateur a été suspendu mais n’a toujours pas été jugé, près de 8 ans après. Les familles des victimes craignent un non-lieu et se battent pour que leurs enfants obtiennent justice. Malheureusement, la parole des enfants, même quand ils sont très nombreux et qu’ils décrivent la même chose, n’est souvent pas prise au sérieux. Voici ce que me dit mon amie : « L‘instruction est terminée. La suite dépend de la décision du juge d’instruction : classer sans suite ou aller au procès. 3% de ces personnes sont condamnées. Ces années de procédure sont destructrices pour les familles, j’ai choisi de sortir du collectif, et de soigner ma fille. C’était la priorité. L’animateur a été suspendu, mais pas tout de suite. Lors des signalements, la parole de l'enfant a été minimisée, disqualifiée par l'école, je crois que c'est ça le plus douloureux. Je n’avais encore jamais montré ce dessin. » Cette situation est révoltante. L’impunité d’une grande partie des pédocriminels est insupportable. L’animateur en question nie les faits et reste présumé innocent. La mairie de Paris m’a informé qu’il faisait toujours partie des effectifs de la Ville, dans l’attente d’une décision de justice. Cet agent est aujourd’hui « sans affectation » et n’est donc pas au contact d’enfants. La Ville m’indique qu’il continue à percevoir « une part de sa rémunération, conformément aux dispositions légales ». La mairie de Paris me dit également : « L'agent mis en cause a été suspendu par la Ville, sans délai, en date du 14 février 2019, au lendemain de l'information transmise par le directeur de l'école à l'Inspection de l'Education nationale ainsi qu'à la Circonscription des affaires scolaires (CASPE). » Les services de la Ville m’indiquent aussi qu’une cellule d’accompagnement psychologique a été mise en place à l’époque pour les familles des victimes, et que des formations et des outils de sensibilisation ont depuis été mis en place dans les écoles parisiennes. Ce post est évidemment publié avec l’accord de mes amis, qui souhaitent rester anonymes pour protéger leur fille. Je vous invite à lire cet autre témoignage, d’une autre maman de la même école : ledauphine.com/faits-divers-j… Et cet article de Mediapart à ce sujet : mediapart.fr/journal/france…













