𝑳𝒖𝒏𝒂𝒓𝒊𝒔@_LunarisUMBRA
On utilise souvent contre nous, féministes critiques du genre, cette accusation fallacieuse qui est de faire de "l'essentialisme". J'ai écrit ceci pour y mettre un terme.
Commençons tout d'abord par définir les bases :
Le fait d'essentialiser, c'est attribuer des caractéristiques supposées (positives, négatives ou généralisantes) à un groupe entier, de façon fixe, sur base d'un échantillon, et ce en ignorant les variations individuelles. Et plus précisément encore : c'est déduire de cette "essence" des comportements, des rôles, des traits de caractère que les membres du groupe devraient avoir.
Dire que les français sont des râleurs, c'est transformer une tendance culturelle en trait essentiel. (Négatif)
Dire que les femmes sont plus empathiques, même si ce n'est pas péjoratif, essentialise, car ce n'est pas une réalité pour toutes. Et cela suggère implicitement qu'elles devraient l'être.
Dire que les personnes défavorisées sont toutes des délinquantes, c'est aussi de l'essentialisme, qui est même profondément négatif et discriminant.
...Et dire qu'on est soit homme, soit femme, sur base de faits biologiques, facilement observables et utiles à bien des égards, est-ce vraiment un essentialisme ? La réponse est non.
Reconnaître le sexe comme réalité chromosomique et physique, c'est du réalisme biologique. L'essentialisme commence là où on en déduit ce que les femmes doivent ressentir, aimer, faire ou être. Or nous ne faisons rien de tel. Nous ne lions pas les rôles, les comportements et les stéréotypes au sexe biologique. Nous disons simplement que ce sexe existe et qu'il a des effets concrets dans la réalité matérielle.
Oui, le sexe est inné et immuable. Oui, il a et continuera d'avoir des effets concrets dans notre réalité, positifs ET négatifs.
C'est au contraire nier cette réalité qui est dangereux. Car cela reviendrait à gommer le fait qu'une femme apprend à regarder derrière elle lorsqu'elle marche dehors, qu'elle ne peut pas s'exprimer de la même façon à un inconnu qu'à une inconnue, qu'elle ne peut pas se permettre de se changer dans un vestiaire où un individu né mâle (avec vaginoplastie ou non) est présent, et que cet individu, physiquement plus fort, peut représenter un danger réel pour sa sécurité.
Idem pour un homme : il ne se sentirait pas à l'aise de se changer devant une femme biologique, même lorsqu'il s'agit d'un "il", pas par méfiance, mais par pudeur.
La liste est très longue, en fait...
En réalité, c'est la théorie transactiviste qui est essentialiste.
En effet : pour elle, le "genre" est un ressenti, une essence. On se sent femme ou homme, et dire "être devenu" est transphobe, car c'est quelque chose d'inné (ex : enfants trans). Donc on adopte alors les stéréotypes de notre "genre".
Est une fillette celle qui veut être princesse, est une femme celle qui aime le maquillage et les séances d'épilations, est un homme celui qui va à la salle et affiche moins d'émotivité.
Ce système de pensée déduit donc des comportements et des rôles d'une essence ressentie, reproduisant exactement les stéréotypes que la société patriarcale attend de nous, normalement sur base du sexe biologique. Sauf qu'ici, le sexe DOIT s'effacer de nos esprits, de nos manuels, de nos administrations, pour donner l'illusion d'une autodétermination.
C'est une doctrine profondément confuse.
Elle accuse le réalisme biologique d'essentialisme, tout en construisant sa propre essence, le genre inné, sur des stéréotypes de rôles et de comportements. C'est précisément ce que nous refusons, et ce pourquoi nous traiter d'essentialistes est une attaque fallacieuse.
Nous reconnaissons simplement que le réel existe, c'est tout. En arriver à défendre cela est absurde.
Jusqu'à preuve du contraire, aucune "TERF" ne milite pour que le maquillage ou la parentalité soient des affaires de femmes. Ce sont précisément ces assignations-là qui relèvent de l'essentialisme, celui qu'eux acceptent et valident sous le concept du "genre inné".