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Laurent LE MENTEC : l’Œil stratégique
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Laurent LE MENTEC : l’Œil stratégique
@le_mentec39629
L’Œil Stratégique « Comprendre le monde, anticiper les enjeux ». Un observatoire au service des lecteurs
France Katılım Ağustos 2023
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@AurelienBi80164 @LeCorbooo @LeSommierRgis Certes mais il y a un agresseur et un agressé ! L'Ukraine ne fait que se défendre ! Il ne faut pas faire le jeu de la Russie par des prises de position favorables. Un souverainisme à géométrie variable !
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@LeCorbooo @LeSommierRgis @le_mentec39629 La guerre, c'est long et sa coûte cher. Je rappelle qu'en 1914, on croyait que la guerre serait finis à Noël.....Elle a duré 4 ans de plus.
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Les Russes sont à 6 km dé Kramatorsk. Le gouvernement ukrainien vient d’imploser avec des limogeages en cascade, Première ministre, ministre de la défense et déballage en public des critiques contre Syrsky le CEMA ukrainien. Les scènes atroces de recrutement forcés sont toujours là, mais les médias français ferment le yeux et préfèrent nous servir les prouesses des drones bon marché dont les deux camps maîtrisent parfaitement la technique.
Journalisme ? Non, naufragé et propagande…
Le Parisien@le_Parisien
Guerre en Ukraine : comment un drone FPV à 500 euros a détruit un hélicoptère russe estimé à 14 millions d’euros l.leparisien.fr/VPUc
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@jbpinatel Quand arrêterez-vous cette infâme propagande ! C'est indigne.
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Alors que Macron et ses affidés, le chef d'état-major des Armées et le Ministre des affaires étrangères n'ont que le mot guerre à la bouche et souhaitent nous préparer à une guerre contre la Russie, regardez-mon interview par Regis Le Sommier sur Omerta où je démontre leur irresponsabilité et leurs mensonges
youtube.com/watch?v=FVfscv…

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@Omerta_officiel ATTENTION ! Cette publication repose davantage sur un récit sensationnaliste que sur des faits établis. Les affirmations avancées ne sont pas étayées par des preuves solides.
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L’UKRAINE MENACE ZELENSKY
Manifestations anti-Zelensky, corruption, limogeage du Ministre de la défense, attentat à Monaco, le Président ukrainien sans limites suscite une vague de contestation sans précédent dans les rues de l’Ukraine.
youtu.be/br8FwWrsmHM

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@le_mentec39629 Je regarde juste l’actualité et vous devriez en faire de même plutôt que vivre dans le fantasme
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@AmourskyCyrille Passionnant en première lecture Cyrille ! Je vais le relire calmement et l'analyser. Bravo pour votre travail quotidien.
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‼️🇺🇦 VOUS L'ATTENDIEZ, LA VOICI !
Mon analyse complète de la décision de Zelensky de remplacer Fedorov. Attention, c'est long, mais nulle part vous ne lirez un texte aussi détaillé !
L'éviction de Mykhaïlo Fedorov est probablement la décision politique la plus incompréhensible et destructive prise par Volodymyr Zelensky depuis le début de l'invasion russe.
Je pèse mes mots.
Depuis quatre ans et demi, l'Ukraine est un pays en guerre permanente. Des dizaines de ministres, de généraux et de responsables ont été remplacés. Certaines décisions étaient justifiées, d'autres beaucoup moins. Mais rarement une nomination, puis un limogeage, auront suscité un tel consensus.
Depuis plusieurs jours, les réactions sont unanimes. Militaires, commandants de brigade, développeurs de drones, volontaires, journalistes spécialisés, blogueurs militaires, partenaires occidentaux, société civile... tous expriment la même incompréhension : pourquoi retirer un ministre qui obtenait des résultats, qui bénéficiait de la confiance d'une grande partie de l'armée et qui n'était en poste que depuis six mois ?
Revenons d’abord au profil de Fedorov.
En Ukraine, il est l'un des visages les plus connus du pouvoir depuis 2019. Il est même le dernier membre du premier gouvernement formé après l'élection de Volodymyr Zelensky à être resté en fonction jusqu'à aujourd'hui. Bien avant de devenir ministre de la Défense, Fedorov était déjà considéré comme l'un des principaux artisans de la transformation de l'État ukrainien. C'est lui qui a conçu une grande partie de la stratégie numérique de la campagne présidentielle de Zelensky en 2019. Une fois ce dernier élu, il devient ministre de la Transformation numérique et pilote la création de Diia, l'application qui a profondément modernisé l'administration ukrainienne et qui est aujourd'hui citée comme un modèle par de nombreux pays.
Mais son influence ne s'arrête pas à la numérisation de l'État.
Dès les premiers mois de l'invasion russe, alors que le ministère de la Défense ne s'intéresse encore que marginalement aux drones, Fedorov comprend que la guerre est en train de changer de nature. Il lance les premiers programmes nationaux destinés à soutenir la production de drones, encourage la création d'un véritable écosystème industriel, facilite les procédures administratives, soutient l'innovation et contribue directement à faire de l'Ukraine le laboratoire mondial de la guerre technologique. Ce travail, commencé en 2022, est aujourd'hui largement reconnu, y compris à l'étranger. Le Financial Times le qualifie même d'architecte de la révolution ukrainienne des drones, celle qui a permis à Kyiv de compenser une partie de son infériorité démographique et industrielle face à la Russie.
Lorsqu'il est nommé ministre de la Défense en janvier, les attentes sont immenses. Pour beaucoup, Fedorov représente enfin la possibilité d'introduire dans l'armée ukrainienne une culture de l'innovation, de la transparence et de la responsabilité, rompant avec une organisation encore largement marquée par des réflexes hérités de l'époque soviétique.
À peine arrivé au ministère de la Défense, Fedorov imprime immédiatement sa marque. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, il ne se contente pas de gérer l'existant : il entreprend de transformer en profondeur le fonctionnement de l'institution. Selon lui, l'Ukraine ne pourra pas vaincre la Russie avec une armée fonctionnant selon des méthodes héritées du passé. Face à un adversaire plus nombreux, disposant de ressources supérieures et capable d'absorber des pertes considérables, la seule voie possible est celle de l'innovation, de la rapidité d'exécution, de la technologie et d'une organisation radicalement plus efficace.
En seulement six mois, les résultats sont déjà visibles. Son équipe parvient notamment à convaincre Starlink de couper l'accès des forces russes au réseau utilisé sur le front, réduisant considérablement leurs capacités dans la guerre des drones. Elle réoriente une partie des ressources du ministère vers les drones de frappe de moyenne et longue portée, les drones FPV à fibre optique, les drones intercepteurs, les plateformes robotiques terrestres et les programmes de deep strike. Plus de drones sont achetés en quatre mois que pendant toute l'année précédente. Jamais les pertes russes n’ont été aussi importantes que sur ces six derniers mois.
Un vaste programme destiné à couper les lignes logistiques russes est lancé, participant à l'isolement progressif de la Crimée occupée. Les achats militaires sont profondément revus, les appels d'offres deviennent beaucoup plus transparents, des milliers de véhicules sont acquis via des procédures ouvertes, un mécanisme de financement accéléré est mis en place pour les industriels et les fabricants de missiles, tandis que l'approvisionnement des brigades en drones commence enfin à être standardisé. Fedorov revendique également une amélioration significative des capacités de défense aérienne, avec une hausse du taux d'interception des drones et des missiles de croisière, ainsi que la signature des premiers contrats concernant des missiles Patriot PAC-2 et la préparation du financement européen pour des PAC-3.
Ces réformes ne sont pas uniquement administratives. Elles produisent rapidement des effets opérationnels. Durant ces six mois, l'Ukraine reprend l'initiative dans plusieurs domaines. Les frappes de longue portée contre la Russie s'intensifient, la campagne contre la logistique russe en Crimée produit des résultats, les attaques contre les infrastructures pétrolières se multiplient et la flotte russe en mer d'Azov subit des pertes inédites. Au même moment, Washington retrouve une confiance qu'il semblait avoir partiellement perdue après les difficultés de l'année précédente, tandis que plusieurs partenaires européens saluent ouvertement les progrès réalisés par Kyiv.
Pour de nombreux observateurs, cette dynamique est indissociable de la stratégie portée par Fedorov, qui fait de la technologie le principal multiplicateur de puissance d'une armée confrontée à un ennemi plus puissant sur le papier. Le Financial Times estime d'ailleurs que Fedorov a contribué à transformer la situation militaire de l'Ukraine et juge que son départ, après seulement six mois, risque d'affaiblir durablement l'effort de guerre.
Mais ces succès vont aussi faire de lui une personnalité de plus en plus encombrante. Car très rapidement, il apparaît que le véritable problème ne réside pas dans ses résultats. Le problème est qu'il ne partage absolument pas la même vision de la guerre que le commandant en chef, Oleksandr Syrsky.
Peu à peu, deux modèles s'opposent au sommet de l'État.
Le premier, porté par Fedorov, repose sur une armée technologique, décentralisée, fondée sur les données, la responsabilisation des commandants, la transparence des achats et l'innovation permanente.
Le second, incarné par Syrsky et une partie du haut commandement, demeure beaucoup plus vertical, centralisé et attaché à une culture de commandement classique. Cette opposition devient rapidement le principal sujet de tension au sein du pouvoir ukrainien.
Selon Ukrainska Pravda, les réunions entre le commandement militaire et l’éxecutif se transforment progressivement en affrontements entre les représentants du ministère de la Défense et ceux de l'état-major, jusqu'à ce que Zelensky soit finalement contraint d'arbitrer entre ces deux visions irréconciliables.
Pourquoi ce conflit est-il devenu inévitable ? Parce que Fedorov ne s'est pas contenté d'acheter davantage de drones ou d'accélérer les procédures administratives. Il a remis en cause le fonctionnement même de l'institution militaire.
Dès son arrivée, il ordonne un audit complet du ministère de la Défense et de nombreuses brigades. Les conclusions sont explosives : selon ses équipes, près de 300 milliards de hryvnias, soit presque 5 milliards d’euros, de surcoûts et de dépenses injustifiées sont identifiés. Des responsables sont soumis au détecteur de mensonges, plusieurs refusent de s'y soumettre ou échouent aux vérifications et sont écartés. Une partie des achats militaires est progressivement transférée vers des procédures d'appels d'offres beaucoup plus ouvertes.
Cette volonté de transparence est d'ailleurs l'un des points qui revient le plus souvent dans les témoignages de ses proches. Pendant des années, le ministère de la Défense ukrainien a fonctionné dans une culture de l'urgence permanente, où de nombreuses décisions étaient prises sans réelle mise en concurrence. Fedorov tente d'introduire des mécanismes de contrôle, des procédures plus transparentes et une logique de responsabilité individuelle. Pour ses soutiens, il s'agissait d'une réforme indispensable. Pour ses détracteurs, c'était un civil qui ne comprenait pas les réalités de la guerre et qui ralentissait le fonctionnement de l'armée.
Le véritable point de rupture est ailleurs. Très rapidement, Fedorov en arrive à la conclusion que le problème principal ne réside pas seulement dans les procédures ou les achats. Selon lui, c'est le système de commandement lui-même qui empêche l'armée ukrainienne d'exploiter pleinement son potentiel.
Lors de sa conférence de presse, il dresse un constat particulièrement sévère : une armée qui continue trop souvent à raisonner au niveau tactique plutôt qu'opérationnel, des corps d'armée aux performances extrêmement inégales, des brigades constamment réorganisées, une absence de responsabilité réelle des commandants, une distribution des ressources encore largement manuelle et dépendante des rapports de force internes, ainsi qu'une tendance à marginaliser les officiers qui obtiennent des résultats.
Fedorov affirme publiquement qu'en Ukraine, ceux qui réussissent deviennent parfois des cibles plutôt que des exemples. Il cite notamment le cas du général Mykhaïlo Drapaty, l'un des commandants les plus respectés de l'armée ukrainienne, sanctionné à plusieurs reprises malgré ses résultats. Selon Fedorov, une armée moderne doit au contraire identifier ses meilleurs chefs, leur donner davantage de responsabilités et construire son système autour d'eux, plutôt que de les décourager.
Sa critique devient encore plus directe lorsqu'il évoque Oleksandr Syrsky.
Fedorov prend soin de reconnaître les mérites du commandant en chef lors des premiers mois de l'invasion, notamment dans la défense de Kyiv en 2022. Mais il estime que la guerre a changé. Selon lui, le modèle de commandement qui a permis de repousser l'offensive russe il y a quatre ans n'est plus adapté à une guerre d'attrition dominée par les drones, les frappes de précision, l'intelligence artificielle et l'automatisation.
Il affirme publiquement qu'il a proposé le remplacement du commandant en chef et du chef d'état-major, non par ambition personnelle, mais parce qu'il considère qu'il sera impossible de remporter cette guerre avec l'organisation actuelle. Il précise également qu'il n'a jamais posé un ultimatum à Zelensky entre Syrsky et lui ; il a simplement expliqué au président qu'à ses yeux, la victoire ne serait pas possible sans un changement profond du commandement.
Cette position est également liée à un autre sujet extrêmement sensible : la mobilisation.
Pour Fedorov, la crise actuelle de la mobilisation ne peut pas être résolue par davantage de coercition. Elle est la conséquence d'une perte de confiance entre la société et les institutions militaires. Tant que les Ukrainiens auront le sentiment que les responsabilités ne sont pas assumées, que les erreurs ne sont pas corrigées et que les meilleurs commandants ne sont pas soutenus, aucune réforme de la mobilisation ne pourra fonctionner durablement. C'est ce qu'il appelle la nécessité d'un nouveau pacte social entre l'armée et la population. Là encore, cette vision tranche profondément avec celle défendue par une partie du haut commandement.
Ce désaccord stratégique ne reste pas cantonné aux réunions à huis clos. Au fil des mois, de plus en plus de témoignages décrivent un climat de confrontation permanent entre le ministère de la Défense et une partie de l'état-major. L'exemple le plus marquant est sans doute celui de Serhiy Sternenko. Figure extrêmement connue en Ukraine, suivie par des millions de personnes, il est devenu l'un des principaux acteurs de l'effort de guerre en finançant et en fournissant plus de 150 000 drones aux forces ukrainiennes depuis le début de l'invasion. Conseiller de Fedorov sur les questions liées aux drones et à l'innovation, il affirme aujourd'hui que son travail a été continuellement entravé par les adjoints de Syrsky.
Selon son témoignage, alors qu'il parcourait le front pour travailler directement avec les brigades et identifier leurs besoins, le commandement ordonnait parfois aux unités de ne pas le recevoir. Certaines initiatives destinées à légaliser ou à développer les unités spécialisées dans les systèmes sans pilote seraient restées bloquées pendant des mois dans les circuits bureaucratiques. Sternenko parle ouvertement de sabotage administratif et estime que le haut commandement freinait systématiquement les réformes portées par Fedorov.
Ces accusations viennent renforcer l'impression, largement répandue dans une partie de la société civile, qu'au-delà de la guerre contre la Russie, une autre bataille se jouait en interne : celle opposant les partisans d'une armée plus agile, plus technologique et plus décentralisée à ceux souhaitant préserver les équilibres existants.
Le général Mykhaïlo Drapaty, lui aussi considéré comme l'un des officiers les plus compétents des forces armées ukrainiennes, est sorti de sa réserve pour défendre publiquement le travail accompli par Fedorov. Son message est d'une rare franchise.
Il explique qu'au cours des six derniers mois, l'armée avait enfin trouvé au ministère de la Défense un partenaire qui ne se contentait pas de répondre aux demandes des militaires, mais qui exigeait également que les règles changent, que les décisions soient prises plus rapidement et que les commandants capables d'assumer leurs responsabilités soient soutenus. Drapaty affirme que les relations entre l'armée et le ministère étaient en train d'évoluer dans la bonne direction et cite notamment le projet Drone Line comme l'exemple d'une réforme ayant eu un impact concret sur le champ de bataille.
Ce qui frappe dans cette affaire c’est aussi l'ampleur des réactions qu'elle a provoquées.
En Ukraine, les changements de ministres ou de commandants sont fréquents depuis le début de la guerre. Ils suscitent parfois des débats, rarement une véritable émotion. Cette fois, c'est tout l'inverse. Dès les premières rumeurs, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le bureau présidentiel à Kyiv pour demander à Zelensky de maintenir Fedorov à son poste. Après l'annonce officielle, les réseaux sociaux ukrainiens ont été submergés de messages de soutien émanant de militaires, de volontaires, d'entrepreneurs du secteur de la défense, de journalistes spécialisés et de nombreuses personnalités publiques. Beaucoup y voient la décision de personnel la plus controversée prise par Zelensky depuis le début de son mandat.
Le général Mykhaïlo Drapaty a lui-même décidé de sortir de sa réserve.
Autre fait révélateur : plusieurs hauts responsables militaires ont décidé de partir en solidarité avec Fedorov. Parmi eux figure Yelizev, considéré comme l'un des principaux artisans des réformes engagées ces derniers mois. Sa démission est largement interprétée comme un geste de solidarité, mais aussi comme le signe que beaucoup ne croient plus à la poursuite de ces transformations sans Fedorov.
Les réactions ne se limitent pas à l'Ukraine. La presse internationale, habituellement prudente sur les questions de politique intérieure ukrainienne, s'est montrée particulièrement critique. Le Financial Times estime que Zelensky vient de commettre une erreur difficilement compréhensible, rappelant que Fedorov était probablement le ministre le plus efficace du gouvernement depuis plusieurs années. Le quotidien souligne également que le président ukrainien a parfois tendance à privilégier la loyauté et la discrétion à l'efficacité, et considère que remplacer son cinquième ministre de la Défense depuis 2022 ne peut qu'affaiblir la continuité de l'effort de guerre.
The Economist dresse un constat similaire. L'hebdomadaire décrit un affrontement entre deux modèles de guerre : celui de Fedorov, fondé sur l'innovation, la technologie et la rapidité, et celui d'une partie du haut commandement, beaucoup plus traditionnel. Pour le journal britannique, ce conflit dépassait largement les questions de personnes ; il opposait deux conceptions de la manière dont l'Ukraine doit conduire cette guerre dans les années à venir.
Même certains commandants parmi les plus respectés de l'armée se sont retrouvés dans une position délicate. Les chefs des corps d'armée Azov et Khartia ont publié des messages exprimant leur soutien à Ihor Klymenko, tout en prenant soin de remercier publiquement Fedorov pour le travail accompli. Selon Ukrainska Pravda, le commandement aurait demandé à plusieurs officiers de publier ces prises de position afin d'apaiser les tensions suscitées par cette décision. Si cette information est exacte, elle illustre l'ampleur de la crise de confiance provoquée par ce limogeage.
Il faut également comprendre que les critiques visant Oleksandr Syrsky ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs mois, une partie des militaires lui reproche un style de commandement extrêmement centralisé, des rotations jugées insuffisantes, une gestion contestée des ressources humaines et une approche de la mobilisation qui peine à convaincre une société ukrainienne épuisée par quatre années et demie de guerre. L'affaire du régiment Skelya a encore renforcé ces critiques.
Une enquête de Babel, reprise notamment par Radio Svoboda, évoque de nombreux décès de mobilisés au sein de cette unité et recueille des témoignages faisant état de violences et de mauvais traitements. Le régiment conteste une partie de ces accusations, affirme que plusieurs décès sont liés à des problèmes médicaux et rappelle que des enquêtes judiciaires sont en cours. À cela s'ajoutent d'autres témoignages publiés récemment par des journalistes évoquant des pratiques extrêmement préoccupantes dans certaines unités relevant du commandement de Syrsky, notamment des accusations d'utilisation de méthodes assimilées à des « unités de barrage », qui devront naturellement être établies par les enquêtes compétentes.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre les déclarations de Fedorov lors de sa conférence de presse. Lorsqu'il affirme qu'il souhaitait remplacer Syrsky, il ne règle pas un compte personnel. Il explique que, selon lui, l'organisation actuelle de l'armée est devenue le principal obstacle à une victoire ukrainienne. Il reconnaît les succès de Syrsky en 2022, mais estime que la guerre de 2026 n'a plus rien à voir avec celle des premiers mois de l'invasion. Pour lui, l'Ukraine doit désormais miser sur une armée profondément transformée, fondée sur les technologies, la responsabilisation des commandants et une gestion moderne des ressources humaines. À ses yeux, maintenir le commandement actuel revenait à condamner ces réformes avant même qu'elles aient pu produire tous leurs effets.
Au fond, tout ramène à une seule décision politique.
Volodymyr Zelensky s'est retrouvé face à un choix extrêmement difficile. D'un côté, conserver un ministre réformateur, populaire, apprécié par une partie importante de l'armée, de la société civile et des partenaires occidentaux, au risque d'ouvrir une crise majeure avec le haut commandement. De l'autre, préserver la stabilité du commandement militaire en sacrifiant celui qui incarnait la rupture. Il a choisi la seconde option.
C'est précisément pour cette raison que cette décision suscite autant d'inquiétude. Parce qu'elle donne le sentiment que, face à l'opposition d'une partie du système, c'est finalement le système qui a gagné.
Et c'est peut-être cela, plus encore que le départ de Mykhaïlo Fedorov lui-même, qui explique la colère d'une partie des Ukrainiens aujourd'hui. Ils ont le sentiment qu'au moment où les réformes commençaient enfin à produire des résultats, où l'Ukraine retrouvait l'initiative sur le champ de bataille et regagnait la confiance de plusieurs partenaires occidentaux, le pouvoir a choisi de revenir en arrière.
Une question demeure : pourquoi remplacer, après seulement six mois, un ministre dont l'efficacité semblait faire largement consensus, sans que le président n'ait véritablement expliqué les raisons de son départ ? C'est cette absence d'explication, autant que la décision elle-même, qui nourrit aujourd'hui l'incompréhension, les inquiétudes et la colère d'une partie de la société ukrainienne.
Évidemment, personne ne prétend que les drones remplaceront les soldats. L'Ukraine aura toujours besoin d'hommes sur le terrain. Le véritable enjeu est ailleurs : mieux traiter ces soldats, rétablir la confiance dans la mobilisation, responsabiliser enfin la hiérarchie et utiliser la technologie pour réduire les pertes. C'est précisément ce que défendait Fedorov. Beaucoup estiment que le modèle actuel, incarné par Syrsky, n'apporte pas de réponse suffisante à ces défis.
Au fond, cette affaire dépasse largement le cas de Mykhaïlo Fedorov.
En choisissant d'écarter le ministre qui incarnait les réformes pour préserver Oleksandr Syrsky, Volodymyr Zelensky a fait un choix politique clair. À mes yeux, c'est une erreur majeure, et il doit absolument en être tenu responsable.
Les six mois de Fedorov étaient bien trop courts pour transformer une institution aussi lourde que le ministère de la Défense. La majeure partie du temps a finalement été consacrée à faire le ménage tant nécessaire, et encore insuffisant. Pourtant, ils avaient déjà permis de lancer des réformes profondes, d'obtenir des résultats concrets et de redonner de l'espoir à une partie de la société, des militaires et des partenaires occidentaux.
La nomination de Yevhen Khmara risque désormais d'aggraver encore la crise. Indépendamment de ses compétences, il arrive après une décision rejetée par une large partie de l'opinion, dans un climat de défiance inédit. Beaucoup y voient moins une volonté de poursuivre les réformes qu'un retour au statu quo. Les manifestations devraient se poursuivre, et la fracture entre le pouvoir et une partie de la société pourrait encore se creuser.
En voulant sauver Syrsky, Zelensky a peut-être perdu bien davantage qu'un ministre. Il a pris le risque d'ébranler la confiance de ceux qui croyaient encore qu'il était possible de transformer l'armée ukrainienne de l'intérieur.

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@LeSommierRgis Pourquoi des attaques permanentes plutôt que d'accepter la réalité du terrain ? Au plaisir d'une confrontation honnête si vous en êtes d'accord !
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@AmourskyCyrille @PeurAvion @clement_molin Super ! Soutien total !
Une belle équipe qui défend de belles valeurs.
Avec vous !
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🇺🇦🫂🇫🇷 En très très belle compagnie ce 14 juillet, à Kyiv !
Une excellente surprise de voir @PeurAvion, @clement_molin et Mat Hauser de Dronivka au déjeuner organisé à l’occasion de notre fête nationale 🇫🇷
On ne lâche rien ! Bonne fête ! 🇺🇦🇫🇷

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@marianne_babich Merci pour ce beau message 🇫🇷🇺🇦
En ce 14 juillet, célébrons les valeurs qui nous rassemblent : liberté, solidarité et fraternité. Vive l’amitié franco-ukrainienne !
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@PeurAvion Bravo Xavier pour votre engagement ! Bonne fête nationale et soutien absolu à l'Ukraine et à son peuple ! Un symbole fort de solidarité et de partenariat entre deux nations unies par des valeurs communes. La coopération industrielle et militaire européenne est essentielle !
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Bon #14juillet depuis Kyiv🇫🇷🤝🇺🇦 !
C'est un magnifique jour pour la coopération entre la France et l'Ukraine, entre le défilé sur les Champs-Elysées et les partenariats industriels annoncés pour permettre aux ukrainiens de produire les armes qui leur manquent, notamment l'Aster30 capable d'intercepter les missiles ballistiques !
Vive la France, vive l'Ukraine, vive la coopération européenne 💪
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