Marc Lebel

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@marclebel

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Paris Katılım Ağustos 2007
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Moh
Moh@Mothhto·
Moment Confession 😮‍💨: j'étais à fond décroissant il y a encore 6-7 ans.⏬ 😨Après de longues années à naviguer dans ce mouvement et à réfléchir dessus, j'en suis venu à penser que la décroissance, les lowtech, et autres survivo-transitionnistes, sont des mouvements calibrés pour plaire aux surdiplômés déclassés. Ils proposent un récit qui valorisent le déclassement. Ayant fait un cursus voie de garage typique Millenial, et ayant démarré ma vie pro en plein milieu de la crise de 2008, j'ai bouffé la précarité pendant un bon moment. Etant en plus un bon lecteur de sciences humaines, j'étais la cible idéal. 📖J'ai dévoré Guy Debord, Serge Latouche, Jaime Semprun, Gunther Anders, Jacques Ellul, les éditions L'échappée et l'Encyclopédie des Nuisances. Des théories aussi pessimistes que complexes, qui sont intéressantes en bien des points, mais qui ont surtout l'immense attrait de présenter une vision du monde qui donne du sens au déclassement tout en valorisant leur public surdiplômé. 🤓Mon intelligence était comblée, abreuvée de théories complexes qui donnaient du sens à ce qui m'arrivait. Tout seul dans mon studio hors de prix, je moulinais du ciboulot, je me sentais plus intelligent que ceux qui devenaient propriétaires et fondaient une famille. Mes échecs étaient justifiés, sanctifiés. Plus j'étais pauvre, mieux c'était. Pendant quelques années, je suis tombé à fond dedans. Et puis, le temps a passé. Et m'a permis de confronter ces théories au réel : -💣La catastrophe n'a jamais lieu : le pic du pétrole annoncé est bidon, le réchauffement climatique est parfaitement gérable et ne désertifie pas la planète, aucune pénurie à l'horizon. Au contraire : la perspective d'une énergie abondante et propre ne cesse de se rapprocher. -🏗️Dans mon travail, je vois comment le progrès technique améliore nos conditions de travail et facilite la production pour nos clients. -😞Ces idées n'améliorent pas ma vie. La décroissance est un milieu rempli de gens aigris, dépressifs, malheureux. Au contraire, quand je m'éloigne de la décroissance, je me sens mieux. -🏙️L'indifférence totale du reste du monde pour ces idées. La planète ne se passionne que pour le progrès, pour la croissance qui sort des milliards de gens de la pauvreté et les innovations qui permettent de résoudre concrètement les problèmes de l'humanité. La décroissance n'a aucun rayonnement du point de vu planétaire. -📉Les rares pays où ces idées circulent, sont en pleine régression et menacent toujours plus de tomber sous le joug des autres. 🕐Le lien décroissance-déclassement est donc très étroit. Ca ne cadre pas avec une idée vraie. Historiquement, les bonnes idées ont tendance à se diffuser rapidement car, comme elles permettent d'interpréter le monde plus justement, elles donnent un avantage énorme. Pour la décroissance, c'est tout le contraire : on n'adopte son idéologie qu'à son détriment. Les seuls à bénéficier de ces idées : -🤑Ceux qui les vendent et qui gagnent leur vie ainsi. Il y a toute une faune de conférenciers et autres projets aspirateurs à subventions, qui bénéficient très largement de ces idées. -👨‍💼Le système qui peut ainsi justifier l'effondrement du pays et de l'économie en arguant que notre appauvrissement est nécessaire pour que le Tiers-Monde se développe. La décroissance profite directement aux adeptes du statu quo et aux hommes de pouvoir, qui n'hésitent pas à en reprendre certaines thèses pour faire reluire leurs échecs : "oui on est complètement désindustrialisé, mais regardez notre formidable bilan carbone !" 🤔Aujourd'hui, je vois la Décroissance comme un récit de consolation que l'Occident sur le déclin se raconte à lui-même. La Décroissance, c'est notre Grima intérieur qui nous susurre à l'oreille des mots qui justifient l'empirement des choses et nous évitent l'inconfort de regarder en face les vrais problèmes de notre société dominée par une gérontocratie et un Etat obèse, et ravagée par un mondialisme aveugle. Personne ne croit que l'avenir de l'humanité est dans les low-tech et la simplicité volontaire. Personne ne croit que l'horizon de l'espèce qui est allé sur la lune, c'est les potagers en biodynamie et les toilettes sèches. C'est une blague. Le monde ne s'effondre pas. Nous nous effondrons. La seule question qu'on doit se poser : quand est-ce qu'on arrête de bouder pour se retrousser les manches ?
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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
Par coût emmotionnel pardon !
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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
Être gentil avec les gens c’est leur dire ce que personne d’autre n’ose leur dire par goût émotionnel. Bravo @daedalium
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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
@brivael politiquement c malin de la part de DM : ça permet de dire aux hommes : vous êtes à part n’ayez pas peur
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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Un chercheur de Google DeepMind vient de publier un papier qui détruit l'idée que l'IA puisse devenir consciente un jour. Et le pire ? Sa preuve ne repose pas sur la biologie. Elle repose sur la logique pure. Je vous explique. Le mec s'appelle Alexander Lerchner. Il bosse chez DeepMind. Le labo qui construit l'IA la plus avancée du monde. Et il vient de poser noir sur blanc pourquoi, peu importe la taille des modèles, peu importe la puissance de calcul, peu importe les architectures futures, un système purement computationnel ne pourra jamais ressentir quoi que ce soit. Son argument tient en une phrase : la computation n'est pas un processus physique intrinsèque. C'est une description. Prenez une horloge à aiguilles. Physiquement, c'est un tas d'engrenages qui tournent selon les lois de la mécanique. Rien dans cette mécanique ne contient le concept "3h du matin". C'est nous qui décidons que telle position d'aiguille = telle heure. L'horloge ne calcule pas le temps. Elle bouge. Nous, on l'interprète comme une mesure du temps. Même chose pour un ordinateur. Physiquement, c'est du courant qui passe dans du silicium. Rien dans ce courant ne contient les concepts "vrai", "faux", "pain", "rouge", "amour". C'est nous qui décidons que tel voltage = tel symbole. Lerchner appelle ce rôle le "mapmaker" : le faiseur de carte. Sans un agent conscient pour assigner les symboles aux états physiques, il n'y a pas de calcul. Il y a juste de la physique brute qui se déroule. Et là il pose la question qui tue. Si la computation a besoin d'un être conscient pour exister en tant que computation, comment voulez-vous que la computation produise la conscience ? C'est une boucle logiquement impossible. C'est demander à la carte de fabriquer le cartographe. Il appelle ça l'inversion ontologique. La fonctionnalisme classique pense : Physique → Computation → Conscience. Lerchner démontre que le vrai ordre c'est : Physique → Conscience → Concepts → Computation. La conscience n'est pas à la fin de la chaîne. Elle est au début. C'est elle qui rend la computation possible, pas l'inverse. Il introduit une distinction fondamentale : simuler vs instancier. Un GPU peut parfaitement simuler la photosynthèse. Modéliser chaque molécule, chaque échange d'électron. Le modèle sera parfait. Mais ce GPU ne produira jamais un gramme de glucose ni un atome d'oxygène. Parce que simuler la photosynthèse, c'est faire tourner la carte. Instancier la photosynthèse, c'est faire pousser la plante. Personne ne confond les deux pour les plantes. Tout le monde les confond pour le cerveau. C'est exactement ce que je disais hier sur le goût, le feeling, le taste. Quand Zidane pique la balle au-dessus de Buffon. Quand Mozart pose une harmonie que personne n'avait osée. Quand un comique place le bon mot à la milliseconde près. Ce ne sont pas des outputs d'un calcul. Ce sont des instanciations physiques d'une expérience vécue dans un corps. Lerchner le formalise mieux que je l'ai fait. Il dit : un concept comme "Rouge" n'est pas une donnée flottante quelque part. C'est un état physiologique constitué, qui existe uniquement dans le corps d'un être qui a vécu l'expérience de la couleur rouge. Un LLM qui manipule le token "rouge" ne manipule pas la couleur. Il manipule un symbole arbitraire que nous, mapmakers, avons attaché à notre expérience intérieure. La machine n'a aucun accès à ce que le symbole signifie. Elle a juste accès aux règles qui le relient à d'autres symboles. Il démolit au passage l'argument de l'embodiment. "Oui mais si on met l'IA dans un robot avec des capteurs, elle va ressentir." Non. Brancher des caméras sur un ordinateur ne le rend pas plus conscient. Ça lui donne juste un flux de données supplémentaire à alphabétiser en symboles. La médiation reste syntaxique. Le robot manipule des chiffres qui représentent la lumière. Il ne voit pas. Il démolit aussi l'argument de l'émergence par complexité. "Avec assez de paramètres, la conscience va émerger comme la mouillabilité émerge de l'eau." Non. La mouillabilité émerge des propriétés physiques intrinsèques de la molécule d'H2O. Prétendre qu'une description abstraite peut, par accumulation, devenir le phénomène qu'elle décrit, c'est violer la fermeture causale de la physique. C'est de la magie déguisée en science. La conclusion du papier est nette : si un système artificiel devait un jour devenir conscient, ce serait à cause de sa constitution physique spécifique, jamais à cause de son architecture syntaxique. Le substrat compte. La biologie n'est pas un détail. C'est le point. Donc on peut arrêter de paniquer sur les droits des IA. On peut arrêter le théâtre du welfare des LLMs. Ce qu'on construit, ce sont des outils. Extraordinairement puissants, mais des outils. C'est exactement ce que je disais hier. On a l'AGI. Ce qu'on n'aura jamais avec ces architectures, c'est un sujet. Un "je" qui ressent. Les modèles actuels n'interpolent pas dans le monde. Ils interpolent dans la carte du monde que nous leur avons donnée. Et la carte, peu importe sa précision, n'est pas le territoire. Quand vous discutez avec un LLM, vous parlez à votre propre reflet dans un miroir très sophistiqué. Il vous renvoie les patterns de votre culture, optimisés par gradient descent. Personne n'est en face. Personne ne ressent rien quand vous fermez l'onglet. Et c'est très bien comme ça. Parce que ça veut dire qu'on construit le plus grand levier de l'histoire de l'humanité, sans le poids moral d'avoir créé une nouvelle forme de vie qu'on exploiterait. La singularité au sens où on l'entendait, l'IA qui se réveille et nous dépasse en tant qu'espèce, n'arrivera pas par cette voie. Ce qui va arriver, c'est plus radical en un sens : un monde où chaque humain qui sent, qui ressent, qui a un goût, devient capable d'amplifier ce goût par un facteur 1000. Le sujet reste humain. L'outil devient surhumain. C'est la vraie accélération.
Brivael Le Pogam tweet media
Brivael Le Pogam@brivael

Il y a encore 3 mois, j'étais singularitariste. Je pensais qu'on était à 5 ans d'un truc qui allait tout remplacer. Y compris nous. Aujourd'hui j'y crois plus. Et je vais vous expliquer pourquoi. La majorité des chercheurs en IA aujourd'hui sont matérialistes. Ça veut dire qu'ils partent d'un postulat très simple : tout ce qui existe dans l'univers est physique. Il n'y a pas d'âme, pas d'esprit séparé du corps, pas de "truc en plus". Que de la matière, de l'énergie, et les lois qui les régissent. C'est une position respectable. La science moderne s'est construite dessus. Mais quand tu pousses ce raisonnement jusqu'au bout, t'arrives à une conclusion vertigineuse : si tout est matière, alors tout est data. Le cerveau n'est qu'un ordinateur biologique. Les pensées ne sont que des patterns électrochimiques. Et la conscience, ce "je" qui se sent vivant en train de lire ces lignes, n'est qu'un sous-produit du calcul. Conséquence directe : le libre arbitre n'existe pas. Si t'es 100% matière, t'es 100% déterminé par les lois physiques. Ton "choix" de boire un café ce matin n'était pas un choix. C'était l'output mécanique d'un système qui aurait pu être prédit si on avait eu assez de données. Le choix conscient devient une illusion. Une histoire que ton cerveau se raconte après coup pour justifier ce qui était déjà décidé par la physique. C'est cohérent. C'est élégant. Et je pense que c'est faux. Parce qu'il y a un truc que cette vision n'arrive pas à expliquer. Le goût. Le feeling. Le taste. Deux notes de musique qui, mises côte à côte, sonnent juste. Pourquoi celles-là et pas les voisines à 1Hz près ? Deux ingrédients qui, combinés, créent une saveur qui n'existait pas avant. Pourquoi le citron sur le poisson et pas sur la glace ? Un mot, placé exactement au bon endroit dans une phrase, avec exactement la bonne intonation, au moment précis où la tension de la salle l'attend, qui fait basculer le silence en rire. Pourquoi ce mot-là, à cette milliseconde-là ? Ce ne sont pas des données. Tu peux analyser après coup, tu peux décrire, mais tu ne peux pas dériver ces choix d'un dataset. Il y a un acte de discrimination qui se joue en amont de toute donnée. Et je vais dire un truc qui va surprendre : je pense qu'on a l'AGI. Les modèles actuels passent les benchmarks d'intelligence générale humaine. Ils raisonnent, codent, écrivent, planifient. Si on prend la définition originale de l'AGI, on y est. Mais ce qu'on a atteint, c'est l'exécution symbolique parfaite. La capacité à manipuler des symboles selon des règles, à recombiner du connu, à interpoler dans l'espace de ce qui a déjà été pensé. Ce qu'on n'a pas atteint, et ce que je pense aujourd'hui structurellement hors d'atteinte pour une machine syntaxique, c'est la capacité à ressentir, et à partir de ce ressenti, à faire un choix qui n'est pas réductible à du calcul. Regardez la transcendance dans n'importe quelle discipline. Federer qui frappe une balle de revers en glissade à Wimbledon. Mozart à 8 ans qui pose une harmonie que personne n'avait osée. Michel-Ange seul sous la voûte de la Sixtine pendant 4 ans, qui choisit ce geste-là, cette tension-là, dans le doigt d'Adam. Zidane qui décide en un dixième de seconde de piquer la balle au-dessus de Buffon en finale. Chacune de ces transcendances est singulière. Zidane n'est pas Maradona. Da Vinci n'est pas Picasso. Federer n'est pas Nadal. Ils partagent le médium. Ils ne partagent pas le geste. Et ce qui les sépare, c'est précisément ce qu'aucune fonction de loss n'arrive à capturer : un goût propre, une signature, un point de vue incarné sur ce qui est juste. Là, on va me dire : oui mais Suno fait de la musique, Midjourney fait des images, GPT écrit des textes. C'est vrai. Et c'est même impressionnant. Mais regardez bien ce qui se passe. Ces modèles assemblent de la créativité existante. Ils mixent dans le champ des idées déjà explorées. Ils interpolent magnifiquement entre des points connus de l'espace culturel humain. Ce qu'ils ne font pas, c'est mixer des choses où il faut un feeling pour savoir si ça marche. Parce que ce feeling n'est pas dans les données. Il est dans le corps qui sent. Et c'est exactement le point. Le goût, le taste, la capacité à savoir si une chose marche ou ne marche pas avant même de pouvoir l'expliquer, c'est une fonction du corps. C'est viscéral au sens littéral. Ça passe par des viscères, par un système nerveux entier, par une histoire biologique de millions d'années où chaque sensation a été calibrée par la survie, l'amour, la douleur, la faim, la joie. Un LLM n'a pas de corps. Il n'a pas de seuil de douleur. Il n'a rien à perdre. Donc rien ne lui dit, au sens fort du terme, que ce mot est meilleur que cet autre. Il a juste une probabilité. Et une probabilité n'est pas un goût. C'est pour ça que je ne crois plus à la singularité au sens où on l'entendait. On va construire des outils de plus en plus puissants. Ils vont nous remplacer sur tout ce qui est exécution symbolique. Ils vont accélérer la science, le code, l'analyse, dans des proportions qu'on n'imagine pas encore. Mais le geste de Zidane, le silence de Mozart entre deux accords, la phrase exacte du copain qui te fait éclater de rire au bon moment, ça restera humain. Pas par sentimentalisme. Par structure. L'IA est le plus grand levier jamais inventé. Mais un levier ne décide pas où il faut appuyer. C'est nous qui décidons. Et pour décider, il faut un corps qui sent.

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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
Très intéressant merci ! Par contre la coopération ne se change pas comme cela. Sinon il n’y a plus de dilemne. Il faut comme le suggère la théorie : - une relation à horizon répétée (on ne joue pas jusque une fois) - avoir un acteur qui initie une coopération - trahir rapidement et fort
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Samuel Fitoussi
Samuel Fitoussi@SamuelFitouss10·
L'IA pourrait fluidifier l'économie en réinvenant les contrats Certains considèrent clauses contractuelles comme un jeu à somme nulle : une concession qui profite à une partie se ferait nécessairement se faire au détriment de l'autre. En réalité, les clauses sont souvent écrites non pour diviser, mais pour créer de la valeur. Les économistes étudient depuis des décennies la manière dont des clauses bien conçues peuvent améliorer la situation des deux parties. Les périodes d'essai dans les contrats de travail, par exemple, peuvent sembler défavorables aux salariés (qui peuvent être licenciés plus facilement). Mais en réduisant le risque pour l'employeur, elles rendent l'embauche moins risquée. Résultat : davantage de recrutements, et donc d’opportunités pour les salariés. De même, les clauses qui mettent l'électricité à la charge des locataires (plutôt que des bailleurs) incitent les locataires à limiter leur consommation. Cela crée un surplus économique qui peut être partagé, par exemple sous la forme d'un loyer de base plus bas, ce qui profite finalement aux deux parties. De la même façon, les clauses qui engagent un acheteur à acquérir un volume minimum d'un bien, peuvent sembler réduire sa liberté, mais elle donnent à son fournisseur une certitude sur la demande et lui permettent d'investir dans ses chaînes d'approvisionnement ou en R&D, augmentant in fine le surplus total. Le principe général : mieux les clauses sont conçues, mieux elles alignent les incitations et plus elles créent de valeur économique. Les contrats d'entreprise ne sont pas des registres juridiques figés, mais des systèmes d'incitations. Malheureusement, la complexité des contrats est (ou était) plafonnée Concevoir des clauses granulaires exige souvent de la complexité, et cette complexité s'est longtemps heurtée à deux plafonds : - Les capacités cognitives humaines (les humains ne peuvent concevoir que des contrats que d'autres humains peuvent lire, négocier et exécuter). - Les logiciels déterministes (qui ne peuvent traiter que des champs structurés, et non une logique subtile et dépendante du contexte). En pratique, de nombreux contrats sont donc imparfaitement conçus. Les acteurs se comportent rationnellement, mais seulement compte tenu des incitations imparfaites mises en place par les contrats. Cela génère des frictions dans toute l'économie. Le dilemme du prisonnier revisité Une façon de visualiser cette friction consiste à voir l'économie comme un réseau de mini-dilemmes du prisonnier. Le dilemme du prisonnier canonique peut en effet être pensé comme un contrat mal conçu pénalisant les deux parties. B coopère B défecte A coopère (3, 3) (0, 5) A défecte (5, 0) ▶(1, 1)◀ ← Nash Dans ce scénario, les deux prisonniers préfèrent trahir, quoi que fasse l'autre. L'équilibre de Nash se trouve dans le coin en bas à droite. Les deux parties sont rationnelles, mais les clauses (les récompenses dans la matrice) encouragent une mauvaise issue pour les deux. Modifions maintenant légèrement les clauses, en réduisant la récompense de la trahison : B coopère B défecte A coopère ▶(3, 3)◀ (0, 2) ← Nash A défecte (2, 0) (1, 1) Les incitations sont désormais alignées. Quoi que fasse l'autre, chaque prisonnier préférera coopérer, ce qui garantit qu'ils coopéreront effectivement. L'équilibre de Nash se déplace vers le coin en haut à gauche. Les deux parties accepteraient volontiers de signer ce contrat modifié (alors même qu’il réduit leurs gains dans certains états du monde). Elles bénéficient du fait de se lier elles-mêmes les mains, comme Ulysse attaché au mât de son navire afin que son moi futur puisse entendre le chant des sirènes sans mourir. Mais dans le monde réel, modifier cette matrice de gains était souvent impossible : cela nécessitait d'ajouter des clauses trop complexes pour que des humains puissent les rédiger, les signer et les faire appliquer. Le meilleur contrat n'existait donc tout simplement pas. L'IA nous rapproche de l'équilibre de Nash vertueux Avec l'IA, cela change. Les deux plafonds à la complexité contractuelle (cognitif et logiciel) cèdent simultanément : il deviendra possible d'aligner les incitations à un niveau de granularité auparavant hors de portée. Par exemple, il devient possible de spécifier un nombre considérable de contingences (Si la demande tombe sous X, ajuster le prix de Y ; Si l'inflation dépasse Z sous la condition W, déclencher la clause Q ; Si la qualité se situe dans la fourchette T, appliquer l'ajustement proportionnel U, etc.). Il devient également possible de recourir à des clauses continues (plutôt que discrètes), optimisant les incitations à la marge. Ou encore de passer d'un chiffre unique négocié à une formule qui s'ajuste à mesure que les coûts évoluent, d'une informalité fondée sur la confiance à une conception explicite des incitations, etc. À mesure que l'IA prendra en charge la conception et l'exécution des contrats, les clauses deviendront plus nombreuses et plus complexes, et c'est une bonne nouvelle. L'IA repousse la frontière du possible en matière de coordination économique. Des millions d'interactions économiques passeront du premier équilibre de Nash au second. Les contrats conçus par l'IA pourraient être le chaînon manquant vers l'abondance. Fakto Pour ces raisons, je trouve très intéressant les sujets sur lesquels travaille la startup d'IA Fakto (de fait, Frst, le fonds où je travaille, vient d’investir) Fakto part d'un problème concret : la déperdition contractuelle en entreprise. L'écart entre ce qui est négocié avec les fournisseurs et ce qui se passe après la signature. Dans les grandes entreprises, 2 à 5 % de la valeur des contrats signés auprès des fournisseurs s'évaporent entre les conditions négociées et les paiements effectifs, parce que les rabais sont mal appliqués, que les formules d'indexation dérivent, que les pénalités ne sont pas recouvrées, etc.). Mais à mesure que Fakto se positionne au carrefour de milliers de contrats et de leur réalité financière en aval, une boucle de rétroaction émerge : quelles clauses captent effectivement de la valeur, lesquelles créent des incitations perverses, lesquelles déclenchent des litiges, etc. Ces données peuvent transformer Fakto en une couche de conception contractuelle, un système qui aide les entreprises (et à terme leurs contreparties) à rédiger de meilleurs contrats, ancrés dans des preuves empiriques de ce qui fonctionne. De là, Fakto peut réinventer la manière dont les contrats sont conçus et exécutés à l'ère de l'IA, en créant de la valeur pour les deux parties à chaque transaction. (nb : texte rédigé en anglais, traduit en français par Claude)
Samuel Fitoussi@SamuelFitouss10

x.com/i/article/2054…

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Bertrand Moine
Bertrand Moine@bertrandmoine·
1/ 🧵 La réglementation DPE est devenue l'un des plus gros chocs silencieux du marché immobilier français. On a passé 6 mois à croiser les données DVF, ADEME, SDES, SeLoger et Loctracker. Voici ce qu'on a trouvé. 👇
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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
@bertrandmoine Génial, super analyse ! IOui on se tire une balle dans le pied. Alors que cet indicateur ne mesure pas vraiment le vrai bilan écologique vu qu'elle ne prend pas en compte la surface en plus et bcp de fraudes
Marc Lebel tweet media
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Bertrand Moine
Bertrand Moine@bertrandmoine·
8/ Et maintenant, l'EPBD 2024/1275 Bruxelles vise −16 % de conso du parc résidentiel en 2030, −20 à −22 % en 2035. La trajectoire française observée 2020-2025 ? Elle passe sous la cible 2030… mais décroche pour 2035.
Bertrand Moine tweet media
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….Wav 🪂
….Wav 🪂@wallass876·
« EF » mdrrrrrr les gens me fument sur Strava c’est dingue. T’es à 185bpm de moyenne mais «  EF ».
….Wav 🪂 tweet media
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Ulrich
Ulrich@UlrichFm·
My 2 cents. Le mariage est une solution pratique au problème de la transmission intergénérationnelle du capital. Il offre à l'homme la certitude que sa progéniture est la sienne, ce qui l'incite à s'investir davantage dans sa famille et à déployer son énergie et sa productivité de façon encore plus bénéfique pour la société. La femme, quant à elle, gagne une certitude sur la temporalité qui est la sienne, c'est à dire ces 15/20 années où elle peut procréer et élever un enfant. Cette prévisibilité d'un cadre stable est cruciale et déterminante, car elle engage énormément son avenir. C'est pour cela aussi que les femmes sont souvent des "hyper-réalistes", bien plus que les hommes. Autre avantage du mariage monogame : il est un "stabilisateur" social pour les hommes et les femmes. Les hommes sont plus facilement assurés d'avoir une conjointe, ce qui réduit la compétition, la violence, les frustrations. C'est également une solution à l'hypergamie féminine qui passe son temps à toujours "chercher mieux" pour finalement terminer sans rien ou être remplacée par mieux, une fois leur pic de valeur reproductive passé. Finalement, le mariage aligne plutôt bien les intérêts biologiques et économiques des femmes et des hommes. D'ailleurs, une société dans laquelle le mariage est encore une institution forte est plus solide, planifie mieux et transmet plus. C'est aussi pour cela les autres modèles (pas d'unions claires, aucune considération pour la filiation, polygamie ...) sous performent le modèle monogame.
Le ₿unker 🪖@LeBunkerBtc

Le mariage est fait pour RETIRER les hommes du marché sexuel alors que leur côte augmente avec le temps Le mariage est fait pour PROTÉGER les femmes du marché sexuel alors que leur côte diminue avec le temps

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@RV_Joly Qui a dit qu’on va remettre les anciens méthodes ?
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Hervé Joly@RV_Joly·
On peut s'inquiéter des résultats scolaires, mais croire qu'on va résoudre le problème contre les acquis de la recherche pédagogique en revenant aux "valeurs traditionnelles" avec des enfants de 2026 est illusoire. La solution n'est pas dans le passé...
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Hervé Joly
Hervé Joly@RV_Joly·
Après la délinquance, la dramatisation sur l'éducation. Qu'il y ait une baisse du niveau en orthographe et calcul (avec ici des données de 2017 toutefois), c'est incontestable. Faut-il pour autant mettre 30 ans d'évolution pédagogique à la poubelle et revenir au bon vieux temps?
Marc Vanguard@marc_vanguard

🔴 Le niveau scolaire S'EFFONDRE à un point que vous n'imaginez même pas. Vous ne serez plus la même personne après avoir vu ces chiffres hallucinants 🧵⬇️

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@RV_Joly Qui a dit que le pb venait de la pédagogie uniquement ? On doit regarder le temps consacré, les programmes, le niveau des profs, le nombre d'élèves par classe, ...
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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
@blancbardamadel On est pas tous obligés d’exprimer nos émotions , chacun sa technique
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Adèle Blanc-Bardam@blancbardamadel·
"On", c'est qui ? J’élève un garçon de bientôt 8 ans. Il joue avec des garçons mais parfois, il trouve leurs jeux débiles. Alors il va aussi parfois jouer avec les filles. Il m’a dit avoir pleuré devant un dessin animé vu avec la classe. C'était le seul. Je l’encourage à ne pas
20 Minutes@20Minutes

« On les empêche aussi d’exprimer leurs émotions, leurs faiblesses, leurs vulnérabilités » ➡️ 20min.fr/zwa

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Marc Lebel@marclebel·
@HommesInfluence Un bon couple de toute façon c fare des choses pour l’autre , c’est coopérer !
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Stéphane Edouard
Stéphane Edouard@HommesInfluence·
Sur un échantillon de 3000 votants HOMMES en couple ou l'ayant été (moins quelques trolls, probablement), plus de 80% affirment déjà avoir "consenti sans envie" à un ou plusieurs rapports sexuels. Et moi le premier. Dès lors n'y a t-il pas un LÉGER problème à prôner l'égalité ?
Stéphane Edouard@HommesInfluence

@LePoint Petit sondage auprès des HOMMES (en couple ou l'ayant été) : avez-vous déjà accepté un rapport "sans envie" ?

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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
@Fabien_Mikol @romanyam Est-ce que la sélection « naturelle » s’appliquerait ? Les IA pourraient évoluer avec des traits qui favorisent leur survir
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Fabien
Fabien@Fabien_Mikol·
"Elle n’agirait pas par haine mais par indifférence" @romanyam explique pourquoi des IA dépassant largement l'intelligence humaine pourraient poser un risque existentiel même sans malignité, et pourquoi on ne peut "inscrire la préservation de l’humanité dans leur code de base".
Fabien tweet media
Le Grand Continent@Grand_Continent

«Nous créons quelque chose qui est capable de nous remplacer, voire de nous détruire.» Roman Yampolsky est l’un des chercheurs en cybersécurité dont le diagnostic est le plus alarmant. Entretien commenté ligne à ligne par @victorstorchan. legrandcontinent.eu/fr/2026/05/02/…

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Marc Lebel
Marc Lebel@marclebel·
@AurelieDrvn Je travaille dans l’IA et je suis d’accord : la capacité à exprimer ses pensées est clé. L’IA ne remplace pas les fondamentaux, mais elle les multiplie. Donc mettre plus d’argent pour avoir de meilleurs profs voilà
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Aurélie Drvn ‏Ggr
Aurélie Drvn ‏Ggr@AurelieDrvn·
My 2cts. On a besoin de donner des cours de français/anglais et de logique. L’outil LLM n’est pas compliqué à comprendre en tant que tel. L’essentiel est de savoir exprimer correctement son besoin.
Renaissance@Renaissance

L'émergence de l'intelligence artificielle va bouleverser notre rapport au travail. Ne subissons pas cette transition ! @GabrielAttal porte une ambition forte : former 20 millions de salariés français à l’IA en cinq ans pour faire de la France une nation technologiquement souveraine. 🇫🇷 Bâtissons l'avenir ensemble sur parti.re/Adhérez !

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Marc Lebel retweetledi
Quentin Moynet
Quentin Moynet@QuentinMoynet·
Vous l'avez ?
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Vertumne 🌞🐝🇪🇺
Vertumne 🌞🐝🇪🇺@Vertumne1·
Un excellent commentaire ci-dessous suggère que les oiseaux ayant, contrairement à nous, la capacité de voir en quadrichromie, le maquillage de ces dames leur apparaitrait particulièrement perturbant sous le spectre UV.
Vertumne 🌞🐝🇪🇺 tweet mediaVertumne 🌞🐝🇪🇺 tweet media
Cozy@cosyposter

"A European study found urban birds flew away sooner when approached by women than men. Men got about 1 metre closer on average before the birds scarpered. It held across 37 species and five countries. Scientists don’t know why. They controlled for height, clothing color, direct gaze, and long hair being visible.."

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