Arnaud Gallais 🔆🙈🙉🙊🗣@arnaud_gallais
Merci 🙏🙏🏼🙏🏽 @FrugierSuzanne d’avoir si brillamment collé à chaque fois représentée @MouvEnfants
Merci 🙏🙏🏼🙏🏽 @MaudPetit_AN94 et @ChrisBapt pour cette une séance de commission
Voici mon discours :
« Mesdames, Messieurs,
Si je ne suis pas présent aujourd’hui, ce n’est pas par confort.
Ce n’est pas par distance.
Ce n’est pas par désintérêt.
Si je suis absent, c’est parce qu’entre le 7 et le 22 février, j’ai fait deux tentatives de suicide.
Et si ces mots sont lus aujourd’hui, ce n’est pas pour susciter la pitié.
C’est pour dire une vérité que notre société refuse encore d’entendre :
Les violences sexuelles sur les enfants tuent.
Parfois lentement.
Parfois silencieusement.
Parfois des années après.
Une victime sur deux fera une tentative de suicide au cours de sa vie.
Voilà le prix réel de l’inceste.
Voilà le prix du silence.
Voilà le prix de l’inaction.
J’ai été victime d’un double inceste.
Deux cousins.
J’ai aussi été victime d’un grand-oncle.
Mais dans le droit français, cela ne compte pas vraiment.
Cela ne rentre pas proprement dans les cases.
Cela dérange les catégories juridiques.
Alors on relativise.
Alors on contourne.
Alors on classe.
Mais pour un enfant, il n’y a pas de catégorie.
Il y a la violence.
Il y a la trahison.
Il y a la destruction.
L’inceste n’est pas un concept.
C’est une bombe dans une vie.
On nous parle souvent de justice.
Mais regardons les chiffres.
3 % des agresseurs condamnés.
Moins de 1 % en cas d’inceste.
Ce n’est pas un dysfonctionnement.
C’est un système.
Un système qui protège plus qu’il ne juge.
Un système qui doute plus des victimes que des agresseurs.
Un système qui épuise jusqu’à l’effondrement.
33 000 personnes ont témoigné auprès de la CIVIISE.
33 000 personnes ont fait un acte de confiance envers la République, envers le Président de la République en qui elles et ils avaient confiance.
Et aujourd’hui, que leur répond-on ?
Des querelles internes.
Des départs symboliques.
Des silences gênés.
Une dilution politique.
Le départ de Face à l’Inceste n’est pas un détail.
C’est un signal d’alarme.
Cela dit quelque chose du mépris latent pour la parole des victimes.
Moi, je veux parler du réel.
Je veux parler de ce que c’est, concrètement, de chercher justice.
Huit ans de procédure.
Huit ans de doutes.
Huit ans d’attente.
Huit ans d’espoir et d’effondrement.
Dans mon dossier :
Les faits sont signalés.
Une enquête est ouverte.
Un des auteurs reconnaît partiellement.
Un juge est saisi.
Une commission rogatoire est ordonnée.
Un des protagonistes ne vient pas.
Sans conséquence.
Puis on parle de faux souvenirs.
On classe.
On prononce un non-lieu.
On balaie l’amnésie traumatique.
On minimise.
On relativise.
Et pendant ce temps-là, moi, je tombe.
On m’a posé des questions indignes.
« Avez-vous eu une érection ? »
« Avez-vous été attiré ? »
« Êtes-vous sûr ? »
Comme si mon corps devait prouver ma souffrance.
Comme si j’étais suspect par principe.
Voilà ce que vivent les victimes.
Une double violence.
La première dans l’enfance.
La seconde dans les institutions.
Puis, huit ans après, revirement.
À la veille d’une audience, on demande enfin une mise en examen.
Huit ans.
Huit ans perdus.
Huit ans que personne ne me rendra.
Et après, on s’étonne des addictions.
On s’étonne des dépressions.
On s’étonne des suicides.
40 % des victimes ont des addictions.
40 % des femmes ont des troubles gynécologiques.
Des milliers de vies fracturées.
Ce n’est pas un problème individuel.
C’est un scandale sanitaire.
C’est un scandale politique.
C’est un échec collectif.
Et que dire des enfants en situation de handicap qui sont 4 à 5 fois plus exposés.
écurité intérieure (SSMSI) montrent que le nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées pour 1 000 habitants est plus élevé en Guyane (2,5 pour 1 000) qu’en métropole, et également notable à Mayotte (1,8 pour 1 000) — contre 1,7‰ en moyenne nationale
Je remercie Christian Jean-Baptiste et Maud Petit pour leur engagement.⤵️